B’Tselem, l’organisation israélienne de défense des droits humains, mettait en garde, le week-end dernier, contre une « campagne de nettoyage ethnique », inscrite dans une politique plus large de déplacements forcés et de destructions en Cisjordanien occupée. Les habitants craignent que la situation ne s’éternise et que les conséquences humanitaires ne s’aggravent.
Sur place, l’armée assure aux habitants que les deux quartiers concernés resteront bouclés tant que les maisons des deux assaillants n’auront pas été détruites, nous a-t-on rapporté. Ces derniers ont été tués, il y a une semaine, après l’attaque, mais l’opération continue et les habitants, sur place, déplorent ce qu’ils appellent « une punition collective ».
Depuis une semaine, des centaines de familles sont dehors. Les habitants s’inquiètent de ne pas retrouver leur foyer, d’autres parlent d’intérieurs saccagés, ou de leur immeuble transformé en avant-poste d’observation.
Jeudi, deux Palestiniens ont été blessés et sept autres arrêtés par les forces israéliennes. L’ONU s’inquiète d’une fermeture des routes et des points de contrôle qui complique les déplacements des civils. L’association israélienne Médecins pour les droits humains-Israël alerte, elle, sur les ambulances qui peinent à circuler et les transferts de patients retardés.
L’Autorité palestinienne estime que les pertes économiques quotidiennes liées à l’opération atteignent entre 2,9 et 3,5 millions d’euros. Environ 262 000 élèves du gouvernorat d’Hébron auraient, eux, été affectés par des perturbations scolaires au cours de la semaine.
Ports paralysés
Une centaine de ports maritimes étaient en activité réduite vendredi dans pas moins de 22 pays conformément à l’appel à la grève lancé initialement par le Conseil européen des dockers, et au niveau international par d’autres fédérations de dockers, notamment en Turquie en Inde ou au Maroc. Un mouvement international qui vise à s’opposer à la guerre et à la militarisation grandissante des infrastructures portuaires et au transfert des armes à Israël qui persiste dans sa guerre génocidaire à Gaza et ailleurs.
Au Havre, dans le nord-ouest de la France, il n’y avait aucun camion devant les deux portes d’entrée du port vendredi 30 octobre, a constaté l’AFP. « Il n’y a ni chargement ni déchargement », a affirmé François Brisot, secrétaire général CGT des travailleurs portuaires du Havre. Haropa Port, qui gère Le Havre et Rouen, affirme pourtant que les impacts sur l’activité sont limités, avec une escale de navire de croisière annulée et huit escales retardées au Havre, premier port français pour le trafic de conteneurs.
À Dunkerque, le terminal à conteneurs n’est pas touché par la grève. En revanche, les terminaux pour le vrac, les liquides divers, les carburants ou d’autres marchandises non transportées en conteneurs, sont totalement bloqués. Au port de Nantes Saint-Nazaire, dans l’ouest, « neuf navires étaient à quai (…) et n’ont pas pu être traités », ont relevé les autorités portuaires, en notant que la grève a été annoncée « très en amont » et que le trafic maritime s’est « organisé en conséquence ».
À l’origine de la mobilisation des dockers, il y a ce projet de règlement européen qui prévoit de faciliter le transit de matériel de défense via les infrastructures civiles de transport. « L’Europe se penche dans le cadre du renforcement de sa défense et de sa protection, en lien avec l’Otan, sur toute la partie logistique qui permettrait en cas de problème de pouvoir beaucoup plus rapidement que ce n’est possible aujourd’hui d’acheminer des renforts sur le flan Est pour tenir nos camarades russes en respect », estime Vincent Groizeleau, rédacteur en chef du magazine Mer et Marine.
En France, le syndicat de la CGT dénonce une « militarisation des ports » qui s’organise selon eux sous l’impulsion de la Commission européenne. La CGT, dont la représentativité est de 95% parmi les dockers qui chargent et déchargent les marchandises, et de 87,5% parmi l’ensemble des salariés de la manutention portuaire au niveau national, refuse que le travail des dockers contribue matériellement à des opérations militaires ou à l’envoi de matériel dans des zones de conflit. Lors d’une déclaration signée le 19 mai à Istanbul, les représentants syndicaux de 35 ports européens avaient affirmé leur refus que les dockers « deviennent un lien dans la chaîne des guerres ». Ce mouvement international est aussi l’occasion de dénoncer « les conditions de travail » dans le secteur et réclamer des hausses de salaires.

