Selon le journal américain, cette proposition intervient à la lumière de sondages d’opinion indiquant l’incapacité probable des deux camps menés par Benjamin Netanyahu et Gadi Eisenkot à obtenir 61 sièges au Knesset, le nombre requis pour former un gouvernement de majorité, ce qui ouvre la voie à des scénarios politiques alternatifs, dont la formation d’un gouvernement d’unité nationale.
D’après trois sources informées citées par le journal, des proches de Donald Trump ont discuté secrètement avec des responsables israéliens de la possibilité de former un gouvernement conjoint, malgré l’avance réalisée par G. Eisenkot sur B. Netanyahu dans les sondages d’opinion au cours des dernières semaines et les divisions au sein de l’administration américaine concernant cette option. Le journal a ajouté que le protégé de D. Trump s’est engagé, lors de discussions avec des responsables américains et européens, à renoncer éventuellement à ses partenaires de l’extrême droite, avec à leur tête Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich, et à œuvrer pour former une coalition plus modérée s’il rejoignait un gouvernement codirigé avec G. Eisenkot. B. Netanyahu a également informé des responsables américains, selon les mêmes sources, qu’il est le partenaire israélien le plus approprié pour aider à reprendre la guerre américano-israélienne contre l’Iran, tandis que ses partisans estiment que la formation d’un gouvernement stable et fiable en Israël constitue une priorité pour l’administration Trump.
Mais ce scénario se heurte à de grands obstacles, G. Eisenkot, qui s’est engagé à écarter B. Netanyahu du pouvoir, refusant de lui offrir une nouvelle chance de se maintenir au gouvernement. Le journal a cité un responsable du parti du Likoud affirmant que D. Trump souhaite un gouvernement israélien stable pouvant être formé rapidement après les élections. Le journal a souligné l’existence de divisions au sein de l’administration américaine au sujet de B. Netanyahu : certains estimant qu’il pourrait adopter une approche plus modérée en l’absence de l’influence de ses alliés extrémistes, tandis que d’autres ne font pas confiance à ses promesses, évoquant ce qu’ils qualifient d’historique à abandonner ses alliés pour préserver son pouvoir.
En cas de refus de G. Eisenkot de s’associer à B. Netanyahu, ce dernier pourrait chercher à exploiter l’impasse politique pour rester à son poste en tant que Premier ministre d’un gouvernement intérimaire, dans l’espoir de pousser ultérieurement vers de nouvelles élections. G. Eisenkot avait déjà rejeté, la semaine dernière, la possibilité de former un gouvernement d’unité, affirmant qu’il ne travaillerait pas sous la direction de B. Netanyahu, même dans le cadre d’un accord de rotation de la présidence du gouvernement, et menaçant de démissionner si un tel accord était conclu.
En revanche, les sondages d’opinion indiquent, selon le rapport, que G. Eisenkot pourrait être en mesure de former un gouvernement avec le soutien des partis arabes qui représentent largement les citoyens palestiniens en Israël, lesquels constituent environ un cinquième de la population.
Les bureaux de vote dans les territoires occupés ont ouvert leurs portes à sept heures du matin et doivent fermer à dix heures du soir, tandis que les bureaux situés dans les petites localités, les hôpitaux, les prisons et les maisons de retraite fermeront à huit heures du soir. Quelque 7 331 981 électeurs inscrits se rendent dans 12 018 bureaux de vote pour choisir leurs représentants parmi les listes en compétition lors des élections pour la 26e Knesset. 38 listes s’étaient enregistrées pour concourir, avant le retrait de la liste Bleu et Blanc conduite par l’ancien chef d’état-major Benny Gantz, ramenant le nombre à 37 listes, tandis que les informations relatives au processus électoral font état d’une compétition entre 36 listes.
Conformément à la loi israélienne, la majorité des personnes résidant à l’étranger n’ont pas le droit de voter, à l’exception des diplomates et de leurs familles, ainsi que des employés de l’Agence juive, de l’Organisation sioniste mondiale et du Fonds national juif. Tout Israélien âgé de 18 ans et plus a le droit de participer au vote, à condition d’être inscrit sur le registre électoral, tandis que l’âge de 21 ans est requis pour se présenter au Knesset.
Les sondages d’opinion indiquent qu’il est probable que 13 listes réussissent à entrer au Knesset, dont deux représentant les Palestiniens en Israël. Les soldats peuvent voter dans des bureaux de vote situés au sein de leurs bases militaires ou dans leurs bureaux habituels, tandis que les membres de la police ont le droit de voter dans n’importe quel bureau de vote du pays, sous réserve de présenter leur carte d’identité policière. 250 bureaux de vote ont également été aménagés dans les hôpitaux comptant au moins 50 lits, ainsi que dans les maisons de retraite hébergeant plus de 50 résidents, avec la mise à disposition de bureaux adaptées aux personnes handicapées et à mobilité réduite.
Dès la fermeture du dernier bureau de vote, la Commission électorale centrale entamera une vaste opération logistique pour collecter et dépouiller les bulletins et proclamer les résultats, dans le cadre des préparatifs finaux qui précèdent le lancement de ce processus. Le dépouillement des voix doit commencer à la fermeture des bureaux à dix heures du soir. Dans chaque bureau, les membres du comité de vote procèderont au dépouillement et dresseront un procès-verbal réglementaire des résultats, avant de transmettre les procès-verbaux et le matériel aux commissions électorales régionales. Après les vérifications nécessaires, les données seront saisies dans les systèmes de la Commission électorale centrale.
La publication des résultats partiels est attendue dans la nuit et sera mise à jour progressivement au fur et à mesure de l’avancement du dépouillement. La Commission électorale prévoit d’achever le dépouillement d’ici jeudi midi, la loi fixant au 4 novembre 2026 la date limite pour la publication des résultats officiels. Sept jours après les élections, le président de l’entité sioniste entamera ses consultations avec les partis gagnants pour désigner le membre qu’il chargera de former le gouvernement.
L’opposition contre Netanyahu
Dans ce cadre, des dirigeants de l’opposition israélienne ont appelé les électeurs à voter pour mettre fin à l’ère Netanyahu. Avigdor Lieberman, chef du parti d’opposition Yisrael Beyteinu et ancien ministre de la Défense, a déclaré sur la plateforme X : « Votez, mettons fin à l’ère Netanyahu et au règne des Haredim », en référence aux juifs ultra-orthodoxes. De son côté, G. Eisenkot, chef du parti d’opposition Yashar, a écrit sur la même plateforme : « Il n’y a qu’une seule voie pour accomplir le changement et remplacer Netanyahu, c’est la voie de Yashar », ajoutant que « ce parti doit devenir le plus grand en Israël ».
Selon la télévision israélienne, le Likoud prévoit de proclamer sa victoire aux élections et de réclamer le mandat de former le gouvernement si les partis du bloc d’Eisenkot n’obtiennent pas plus de 61 sièges. Cette annonce pourrait inclure une affirmation selon laquelle la victoire repose sur les « données du parti » et non sur les données officielles. Entre-temps, la campagne du parti au pouvoir a préparé à l’avance des messages intitulés « Allégations de fraude dans les bureaux de vote », en vue de les soumettre à la Commission électorale dès le lendemain. Le parti prévoit d’allouer des ressources considérables pour déposer des plaintes concernant des craintes d’infractions dans les bureaux de vote, en particulier dans le secteur arabe, alors qu’un grand nombre de réclamations est attendu. Dans certains cas, ces plaintes pourraient ne pas être tranchées avant une longue période après les élections.
D’autre part, des proches de B. Netanyahu débattent pour savoir s’il convient d’agiter la menace d’une « affluence d’Arabes vers les urnes », à l’instar des campagnes électorales précédentes, afin de mobiliser l’électorat de droite, tout en craignant qu’une telle campagne ne conduise en réalité à accroître la participation au vote au sein de la communauté arabe.
En revanche, la coalition pour le changement s’efforce de faire voter une série de lois au Knesset afin de modifier la situation avant une nouvelle échéance électorale, en accordant au président de l’État le pouvoir de délivrer le mandat de former le gouvernement.
L’obtention de ce mandat permettrait de désigner le président de la commission d’organisation qui fixe l’ordre du jour du parlement, ainsi que d’attribuer la présidence des commissions, même en l’absence de formation effective d’un gouvernement. Au cours des trois premiers mois d’exercice du pouvoir, la coalition pourra, selon le rapport, promulguer ce qu’on appelle la « loi sur les inculpés », qui empêcherait Netanyahu de se représenter à nouveau, à condition qu’elle ne soit pas annulée par la Cour suprême.
Rush des électeurs arabes
Les médias israéliens font état d’une mobilisation et d’un afflux sans précédent des électeurs dans les villes arabes dans les élections législatives israéliennes. Selon Channel 14, les villes arabes ont enregistré les meilleurs pourcentages de participation électorale, dépassant les colonies de Cisjordanie, les villes ultra-orthodoxes, Ramat HaSharon et Tel Aviv, avec un pourcentage de participation électorale atteignant 64,1 % à Atawna, 47,9 % à Qasr al-Sir et 47,8 % à Qubay’a. Faisant état d’une forte affluence, les médias israéliens ont rapporté à 18 heures un taux de participation global à l’échelle nationale s’élevant à 66,7 %. A la même heure, les villes arabes ont affiché les taux suivants : 62% à Oum al-Fahm, 60% à Nazareth, 64% à Chafa Amro, 60% à Baqa Gharbiya, 63% à Taybeh et 64% à Tayreh. Le responsable de la Liste unifiée Youssef Tatour a dit s’attendre à ce que la participation arabe dépasse les 70%.
Le rapport de Channel 14 indique que l’afflux d’électeurs arabes pourrait non seulement ajouter cinq sièges supplémentaires à la Liste arabe unie (Raam) ou à la Liste commune, mais aussi relever le seuil électoral au-delà des 3,25% nécessaires pour tous les blocs et mouvements et changer complètement les règles du jeu. Compte tenu du calcul électoral, l’augmentation du nombre total d’électeurs augmente automatiquement le nombre de voix nécessaires pour obtenir chaque siège à la Knesset. Ce qui signifie qu’un parti qui avait auparavant besoin de 145.000 voix pour franchir le seuil aura besoin de 165.000 à 170.000 pour se qualifier et entrer au Parlement. La chaîne a ajouté qu’avec un taux de participation attendu de 75 % ou plus d’ici la fin de la journée, il est devenu difficile pour tout petit parti de garantir le franchissement du seuil électoral.
C’est une mauvaise nouvelle pour tous les petits partis dont les résultats oscillent autour de quatre sièges dans les camps de droite et de gauche. B. Netanyahu a multiplié les attaques contre les partis arabes, affirmant que certains de leurs membres tentaient de « voler » l’élection suite à l’arrestation de de trois hommes en possession d’enveloppes remplies d’argent liquide. Un « cas isolé », selon les autorités électorales. Dans une allocution vidéo, Mansour Abbas, dirigeant de Raam, a accusé B. Netanyahu de « mentir et de tenir des propos incendiaires » contre son parti afin de « faire peur pour mobiliser les électeurs de droite et les pousser à se rendre aux urnes ».
Selon l’AFP, B. Netanyahu ne cesse depuis l’ouverture des bureaux de vote mardi matin de dénoncer la passivité des électeurs de droite, les exhortant à aller voter au lieu d’aller « à la mer » ou de faire des « barbecues ». Le parti du principal rival de B. Netanyahu a pour sa part accusé le Premier ministre de « préparer le terrain » à une contestation des résultats en cas de défaite. Il s’est efforcé de jouer sur les sentiments nationalistes et religieux en appelant à voter pour « sauver l’Etat juif » face « à la gauche et aux partis arabes ».
Plusieurs partis d’opposition ont également dénoncé des dégradations et des disparitions de bulletins de vote dès le début du scrutin. L’organisation israélienne de défense des droits humains Adalah a fait état de signalements selon lesquels des commissions des bureaux ralentissaient le vote des électeurs arabes, notamment en leur posant des « questions hors de propos », voire en « fermant les portes » des locaux. Elle a aussi dénoncé l’absence de bulletins de vote en arabe dans plusieurs bureaux et des incitations à la haine visant cette minorité de la part de « hauts responsables » du gouvernement, dont le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, qui a qualifié de « folle » la participation des électeurs arabes, selon l’ONG. « Rien n’indique à ce stade que des bulletins de vote font l’objet de manipulations systématiques », a affirmé la Commission électorale centrale, citée par le Times of Israel, précisant que tout signalement d’irrégularités était immédiatement examiné.
A la demande de B. Netanyahu, la Commission électorale centrale, a déclaré que les bureaux de vote qui doivent fermer à 20H00 resteraient ouverts après 22 heures si des personnes attendaient encore dans la file d’attente pour voter.
Le jour même des élections, une frappe aérienne israélienne a ciblé la périphérie de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, rapporte le correspondant d’Al-Manar. Par ailleurs, des raids israéliens ont tué six Palestiniens et blessant 32 autres au cours des dernières 24 heures.

