Le service des relations publiques de la force navale a indiqué que « suite aux avertissements préalables adressés aux compagnies maritimes qui, induites en erreur par l’armée américaine, ont emprunté des routes illégales, les forces navales des Gardiens de la révolution ont traqué et poursuivi quatre navires en infraction. » Le communiqué précise que « ces quatre navires, qui avaient déjà emprunté des voies illicites dans le nord du golfe Persique, ont été interceptés alors qu’ils effectuaient des transferts de cargaisons pétrolières de navire à navire. Ils ont été frappés simultanément et sont actuellement en proie aux flammes. »
« En outre, trois autres navires en infraction ont heurté des mines mercredi soir à l’ouest du détroit d’Ormuz, ce qui a provoqué des avaries, des incendies et leur immobilisation », ajoute le communiqué. Tout en soulignant que les marins des Gardiens de la révolution continuent d’assurer la gestion et le contrôle du détroit d’Ormuz, le communiqué note que « l’obstination du régime hégémonique américain à inciter les navires à emprunter des voies illégales et minées ne fait qu’accroître les incidents maritimes. » Et de conclure sur une mise en garde : « L’armée américaine agresseuse doit comprendre que si cette approche se poursuit, le champ d’affrontement s’étendra aux bases des agresseurs dans la région. Il s’agit d’un avertissement sérieux. »
Par ailleurs, le commandant en chef de l’armée iranienne, le général de division Amir Hatami, a déclaré que les forces armées iraniennes sont parfaitement préparées à une guerre asymétrique. « Nous avons évalué l’ennemi et nous sommes conscients de ses capacités ; toutefois, en tenant compte de tous ces facteurs, nous nous sommes préparés à une guerre asymétrique et avons acquis les équipements nécessaires à cette fin », a-t-il relevé lors d’une visite dans une usine de fabrication de drones d’attaque et de drones suicides de l’armée iranienne. « Nous savons comment l’ennemi compte opérer et nous nous sommes préparés à riposter », a-t-il fait remarquer.
Le général a par ailleurs mis en avant le rôle croissant des systèmes sans pilote dans la guerre moderne, précisant que les drones, les navires de surface sans équipage et les micro-aéronefs sont employés pour une gamme de missions de plus en plus variée. « Ces systèmes occupent une place privilégiée dans la stratégie de défense iranienne », a-t-il noté. « Ces forces ont atteint un niveau de maturité significatif dans le développement de drones et d’autres systèmes sans pilote », a-t-il aussi dit. Pendant sa visite à l’usine, le haut gradé a dévoilé pour la première fois le drone Arash-3 prêt pour la production. En comparaison avec l’Arash-2, l’Arash-3 a reçu des améliorations significatives, telles que l’ogive passant de 50 à 100 kg. Un expert en drones dans la vidéo diffusée par les médias iraniens a déclaré que « des améliorations ont été apportées au nombre et à la diversité des systèmes de navigation indépendants du GPS, ainsi qu’aux matériaux incendiaires et à haute explosivité utilisés dans l’ogive. Ces améliorations lui permettent d’infliger environ 2,3 fois plus de dégâts, ce qui signifie que la puissance destructrice et explosive de l’ogive a plus que doublé. »
Le drone Arash-2 a été massivement utilisé par l’armée iranienne lors d’attaques contre des bases américaines au Koweït, à Bahreïn, aux Émirats arabes unis, au Qatar, etc.
De son côté, le général Mohsen Rezaï, secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a fait savoir que « tout le monde doit savoir que toute action contre l’Iran a un prix », précisant que « si la diplomatie parvient à ancrer cette réalité, nous privilégions la diplomatie ; mais si la guerre se poursuit, l’Iran dispose des instruments nécessaires pour maintenir la riposte. »
« Lors des phases précédentes, nous n’avons pas engagé l’ensemble de nos capacités », a-t-il poursuivi. « Nous avons introduit des ressources supplémentaires dans les opérations en fonction de l’intensité des combats, et nous sommes également prêts pour la phase suivante. » Il a par ailleurs souligné que « la prolongation de la situation actuelle aura des répercussions stratégiques, notamment le fait que les marchés de l’énergie ne retrouveront pas le calme au cours des trois prochaines années. »
La poursuite du conflit « a modifié la dynamique des relations en faveur de l’Iran, les pays du Golfe s’employant rapidement à redéfinir leurs liens avec Téhéran », a-t-il affirmé, ajoutant que ces États « ont acquis la conviction que l’armée américaine est incapable de défendre ses propres bases, alors même que ces pays s’attendaient à ce que les États-Unis assurent leur défense. »
Surenchère de D. Trump
Du côté américain, le président Donald Trump a assuré jeudi : « Nous ne négocions pas avec les Iraniens », prétendant que « quelque chose va se produire d’une façon ou d’une autre sous peu », selon ses termes. « La plupart des gens pensent que nous ferons quelque chose après les élections en Iran, nous verrons bien ce qui se passera. » Il a par ailleurs prétendu que « si l’Iran possédait une arme nucléaire, il l’utiliserait dans un délai d’un jour, voire d’une heure », alors même que plusieurs responsables iraniens confirment depuis des années l’engagement de leur pays en faveur du caractère pacifique de son programme nucléaire et sa coopération continue avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). « J’ai mis fin à l’accord nucléaire iranien conclu par Obama parce qu’il ouvrait la voie à l’obtention par l’Iran d’une arme nucléaire », a ajouté le locataire de la Maison Blanche. « Nous avons détruit les capacités d’enrichissement nucléaire de l’Iran grâce aux opérations Marteau de minuit (Midnight Hammer) et Fureur épique (Epic Fury) », a-t-il affirmé. « Nous pourrions nous retirer maintenant, mais nous voulons garantir la pérennité des résultats que nous avons obtenus », déclarant que « ce qu’a accompli notre armée est incroyable, et nous maintenons le blocus sur le détroit d’Ormuz », selon ses propos.
Provocation israélienne
Axios a rapporté que des dizaines d’avions de chasse israéliens ont effectué lundi dernier une sortie militaire qui a atteint les frontières de l’Iran. Le vol a eu lieu à plus de 1 300 kilomètres d’Israël, une semaine avant les élections israéliennes, et le jour même où Pete Hegseth, secrétaire américain à la Défense, rencontrait le Premier ministre israélien sur la base aérienne d’Ovda. Des responsables israéliens et américains ont déclaré au site web américain que cette sortie n’avait rien d’exceptionnel et visait à dissuader l’Iran. Ils ont toutefois indiqué qu’elle pourrait mener à une erreur d’appréciation, provoquant une riposte iranienne et une reprise du conflit.
D’après des sources citées par Axios, des dizaines d’avions de chasse et de ravitailleurs ont participé à l’exercice, suivant un itinéraire aérien compatible avec une éventuelle frappe contre l’Iran, survolant l’espace aérien syrien et irakien. À l’approche de la frontière iranienne, les appareils ont fait demi-tour.
Des responsables américains ont indiqué que la partie israélienne savait que les systèmes de défense aérienne iraniens détecteraient le vol. Selon ces sources, Israël a informé les États-Unis de l’opération à l’avance, la décrivant comme un exercice d’entraînement destiné à « démontrer sa force » et à dissuader l’Iran de lancer des attaques contre Israël avant les élections. En revanche, certains responsables américains ont déclaré avoir l’impression qu’Israël espérait que les Iraniens abattraient les avions, ce qui lui donnerait un prétexte pour lancer des frappes contre l’Iran.
La semaine dernière, Axios a rapporté que Benjamin Netanyahu et D. Trump avaient discuté, début octobre, de la possibilité de lancer une nouvelle opération militaire de grande envergure contre l’Iran avant les élections israéliennes et américaines. Selon ce rapport, B. Netanyahu aurait fait part à son protecteur de ses inquiétudes concernant les renseignements israéliens indiquant que l’Iran prenait des mesures inquiétantes pour reconstruire son programme nucléaire.
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré à l’époque au chef d’état-major interarmées américain, le général Dan Keane, que la reprise de la guerre pendant cette période pourrait entraîner le report des élections israéliennes, étant donné que l’Iran riposterait très probablement, selon certaines sources. Le rapport cite un responsable israélien affirmant que le lieutenant-général Eyal Zamir n’autoriserait aucune activité militaire injustifiée susceptible de nuire aux élections prévues le 27 octobre. D. Trump semblait d’abord enclin à reprendre ses attaques, mais il a ensuite hésité, avant de finalement décider de rejeter la proposition de son protégé israélien.

