Le rapport a expliqué que la pénurie de missiles intercepteurs a contraint les commandants militaires américains à prendre des décisions de terrain drastiques, notamment en laissant tomber certains missiles iraniens afin de préserver le stock limité d’intercepteurs et de missiles défensifs. Dans ce contexte, Asia Times a indiqué que les récents contrats conclus par le département de la guerre américain (Pentagone) reflètent l’ampleur du défi et l’hémorragie aiguë au sein de l’arsenal.
Le Pentagone a en effet annoncé, au cours des derniers jours, un contrat de 24,4 milliards de dollars avec la société Raytheon pour accélérer la production de missiles Standard-6 (SM-6), faisant suite à un autre contrat de 20,7 milliards de dollars pour des missiles AMRAAM, en plus d’un accord colossal de 58,6 milliards de dollars pour des missiles Patriot avec la société Lockheed Martin. Le site a souligné que ces contrats colossaux visent globalement à tenter de reconstituer les stocks épuisés par la guerre, tout en affirmant que la signature des contrats ne signifie aucunement le retour immédiat des missiles consommés dans l’arsenal militaire, en raison des délais requis par les processus de fabrication et de livraison.
Il a en outre insisté sur le fait que ce recul stratégique et cet épuisement croissant des stocks de défense antiaérienne placent le commandement américain face à une véritable impasse et affectent directement les engagements militaires de Washington envers ses alliés dans la région et à travers le monde.
Aides de Moscou et Pékin
Le président américain a déclaré tard lundi qu’il ne pensait pas que la Chine et la Russie aidaient l’Iran « du tout », ajoutant que Moscou et Pékin avaient « beaucoup à perdre » si elles venaient à fournir un soutien à Téhéran. Donald Trump a indiqué dans un message publié sur la plateforme « Truth Social » qu’il avait pris connaissance de commentaires de ses critiques et adversaires affirmant que la Chine et la Russie apportaient une aide à l’Iran. Il a écrit : « Si elles le font, c’est à un niveau très limité, mais je ne pense pas qu’elles le fassent du tout. Elles ont beaucoup à perdre, et nous le saurions, et nous le saurions très rapidement. »
Le locataire de la Maison Blanche avait déclaré en juillet qu’il était confiant quant au fait que la Chine et la Russie n’aideraient pas Téhéran dans la guerre, tout en avertissant que si elles intervenaient dans le conflit, cela serait « très mauvais pour elles ».
Les États-Unis sont engagés dans une guerre contre l’Iran depuis le 28 février, date à laquelle Washington et ‘Israël’ ont lancé des attaques contre la République islamique, tandis que Téhéran a répliqué en menant des frappes contre ‘Israël’ et des bases américaines implantés dans les pays du Golfe. Auparavant, D. Trump avait qualifié les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine de « neutres » dans la guerre d’Iran.
Moscou et Pékin entretiennent des relations étroites avec Téhéran. La Russie affirme que la guerre en Iran pourrait conduire à une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient, tandis que Pékin a dénoncé les attaques de Washington contre Téhéran, les qualifiant de violation flagrante de la souveraineté iranienne.
Selon des informations rapportées par le Financial Times, Axios et CNN, Moscou et Pékin auraient fourni du renseignement, des biens à double usage, un soutien économique et une couverture diplomatique à la République islamique.
La Chine est également le principal acheteur de pétrole iranien, offrant un soutien économique crucial au pays, notamment face aux strictes sanctions américaines pesant sur ses exportations pétrolières.
Le mois dernier, D. Trump avait mis en garde Xi. J. contre tout soutien apporté à l’Iran lors de la visite du président chinois à Washington, et l’ambassadeur américain à Pékin avait déclaré à l’époque que Trump avait reçu des assurances selon lesquelles la Chine ne le ferait pas. Cette mise en garde intervenait dans un contexte de rapports indiquant que la Chine avait fourni à l’Iran des lance-roquettes de défense antiaérienne portables et que Téhéran avait trouvé des moyens de contourner les sanctions imposées sur ses ventes pétrolières avec l’aide chinoise. En septembre, D. Trump avait minimisé un rapport indiquant que l’Iran avait obtenu de sources chinoises des images satellite d’une base en Jordanie avant une attaque survenue en juillet qui a coûté la vie à trois militaires US.

