Dans une intervention diarrhéique de 44 minutes, onze minutes ont été réservés à la question du Sahara occidental, affaire hissée comme d’habitude au rang de « question de décolonisation » devant profiter aux Sahraouis et non pas aux Marocains qui ont récupéré des territoires passés sous le joug espagnol, alors que la cause palestinienne, celle-là même qui défraye la chronique internationale avec la poursuite de la guerre génocidaire, n’a bénéficié que de moins de deux minutes. Fidèle à la ligne officielle de son pays, A. Attaf a réitéré que le dossier du Sahara occidental est « une question de décolonisation ». Il a martelé que « le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique », tout en soulignant « le droit imprescriptible et inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination ». Alger avait refusé de participer, le 31 octobre 2025, au vote du Conseil de sécurité sur la résolution 2797, devenue une référence centrale dans les discussions sur le Sahara occidental.
A. Attaf a admis explicitement la participation de son pays aux trois rounds de discussions concernant le Sahara occidental. Pourtant, Alger qui offre le gite et le couvert aux séparatistes du Polisario, est restée discrète sur sa présence dans ce cycle de négociations initié sous l’impulsion de l’administration US. Le responsable algérien a justifié cette implication en l’inscrivant dans le cadre des principes directeurs de la politique étrangère du pays, particulièrement la « défense du droit des peuples opprimés à l’autodétermination, conformément à la Charte des Nations unies ». Auparavant, lors du round tenu les 8 et 9 février à l’ambassade américaine de Madrid, les autorités algériennes s’étaient limitées à faire valoir que le déplacement d’A. Attaf dans la capitale espagnole pour une rencontre avec José Manuel Albares, son homologue ibérique. Cet atterrissage forcé de la diplomatie algérienne trouve son explication au niveau des révélations faites par António Guterres, secrétaire général des Nations unies sortant, sur la tenue de trois rounds de discussions aux États-Unis et en Espagne, rassemblant le Maroc, l’Algérie, le Front Polisario, et la Mauritanie. Point de place aux faux-fuyants en la matière !
La saillie du chef de la diplomatie algérienne intervient dans le sillage des déclarations d’Abdelmadjid Tebboune, président algérien, qui ont mis en émoi les caciques du Polisario. Reprenant les propos de représentants de l’administration américaine, Massad Boulos et Mike Waltz en tête, outre celles de J-M. Albares, ministre espagnol, le chef de l’État a déclaré qu’« après 50 ans, le peuple sahraoui a besoin de nouveaux horizons », ajoutant que « le jeune né en 1975 sur nos terres ou dans les territoires libérés a aujourd’hui 50 ans. Il ne peut pas continuer à vivre et à mourir sous une tente.»
En se réinstallant dans la traditionnelle approche anti-marocaine du voisin de l’Est, A. Attaf aura cherché à rassurer les voix les plus radicales à Tindouf. Autant dire que l’Algérie persiste dans sa traditionnelle démarche à l’égard du Maroc en soufflant le chaud et le froid. CQFD !

