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Dossier saharien : Des réunions capitales à New-York

by Perspectives Med
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Dossier saharien : Des réunions capitales à New-York

Les membres du Conseil de sécurité entendront, lors de consultations, un exposé sur le rapport annuel du secrétaire général de l’ONU consacré à la situation au Sahara occidental. Cette présentation devrait être assurée les 7 et 8 octobre par Alexander Ivanko, représentant spécial du secrétaire général pour le Sahara occidental et chef de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), ainsi que par Staffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général pour le Sahara occidental.

Le Conseil devrait également se prononcer sur une résolution pour le renouvèlement du mandat de la MINURSO, qui arrive à échéance le 31 octobre. La résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025, qui a prorogé d’un an le mandat de la MINURSO, a réaffirmé le soutien du Conseil de sécurité aux efforts du secrétaire général et de son envoyé personnel pour faciliter les négociations, en s’appuyant sur la proposition marocaine d’autonomie comme base de discussions en vue de parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable au différend. La résolution a également appelé les parties à engager des discussions sans conditions préalables sur la base de la proposition marocaine.

En février dernier, les États-Unis ont invité à Madrid des délégations de niveau ministériel venues d’Algérie, de Mauritanie, du Maroc et du Front Polisario, en présence de Mike Waltz, représentant permanent américain auprès des Nations unies, de Massad Boulos, conseiller principal américain pour les affaires arabes et africaines, ainsi que de S. de Mistura. La réunion de Madrid a constitué la première rencontre en présentiel dans ce format depuis 2019 réunissant des représentants des quatre parties concernées. Elle a été suivie d’un nouveau cycle de discussions accueilli par les États-Unis à Washington, les 23 et 24 février.

En dépit de ces rencontres, aucun progrès n’a été enregistré dans le rapprochement des positions. Rabat continue d’affirmer que tout règlement doit reposer sur une autonomie sous souveraineté marocaine, tandis que le Front Polisario soutient que toute solution doit garantir le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

L’équation MINURSO

La résolution 2797 avait demandé au secrétaire général de présenter un examen stratégique de l’avenir du mandat de la MINURSO, en tenant compte de l’issue des négociations entre les parties sur une période de six mois. Lors de consultations à huis clos tenues le 23 avril par les membres du Conseil au sujet de la MINURSO, Asif Khan, directeur de la Division des politiques et de la médiation au Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix de l’ONU, a informé les membres de l’état d’avancement de cet examen stratégique. Selon les informations disponibles, il a présenté une mise à jour d’un processus qui n’était pas encore achevé.

Les membres du Conseil attendent toujours l’examen stratégique complet demandé par la résolution 2797, alors qu’il reste incertain qu’il soit finalisé avant le renouvellement du mandat de la mission, tout comme demeure floue la manière dont le processus se poursuivra. Parmi les options envisagées figure le renouvellement, sans modification, du mandat actuel de la MINURSO pour une année supplémentaire, afin de laisser davantage de temps au processus politique avant de réexaminer les tâches et la configuration de la mission.

Le Conseil pourrait aussi choisir de renouveler le mandat pour une période plus courte, par exemple six mois, ce qui offrirait une occasion plus rapprochée d’évaluer les progrès des négociations et de déterminer si leurs résultats peuvent éclairer l’examen stratégique ainsi que d’éventuels ajustements du mandat de la mission.

Les soutiens du Maroc

Plusieurs membres du Conseil de sécurité soutiennent la position du Maroc dans ce différend. Les États-Unis, en tant que porte-plume sur le dossier du Sahara occidental, ont reconnu la souveraineté marocaine sur le territoire en décembre 2020, lors du premier mandat du président Donald Trump, et ont maintenu cette position.

La France soutient la souveraineté du Maroc sur le Sahara, tandis que le Royaume-Uni qualifie la proposition d’autonomie de « base la plus crédible, viable et pragmatique » pour parvenir à un règlement durable du différend. Le Danemark considère le plan d’autonomie marocain comme « une bonne base pour une solution acceptée par toutes les parties », tandis que la Grèce y voit une approche « sérieuse et crédible ».

Parmi les autres membres élus, Bahreïn, la République démocratique du Congo et le Liberia soutiennent la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental et ont ouvert des consulats dans le territoire.

Dans une déclaration publiée le 6 décembre 2025, la Somalie a réaffirmé son engagement à renforcer sa coopération avec le Maroc et à respecter mutuellement l’unité nationale et la souveraineté de chaque pays. La Lettonie conserve, pour sa part, une position neutre sur le différend.

En novembre 2024, le Panama a suspendu ses relations diplomatiques avec la « fantomatique république sahraouie », avant de qualifier la proposition marocaine d’autonomie de « base la plus sérieuse, crédible et réaliste » pour parvenir à une solution durable. Le Pakistan, de son côté, a souligné l’importance de l’autodétermination et s’est abstenu lors du vote sur la résolution 2797. Islamabad redoute qu’un soutien à une quelconque formule d’autonomie ne puisse être utilisé par l’Inde pour affaiblir les revendications d’autodétermination au Jammu-et-Cachemire.

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