Lors d’une réunion de la commission des pétitions du Parlement européen sur la situation à Ceuta, une haute responsable de la direction générale des affaires intérieures de la Commission a souligné que la coopération avec le Maroc « est globalement bénéfique pour les deux parties » et qu’elle a produit des résultats concrets. « Ces dernières années, nous avons renforcé notre coopération en matière de migration et de lutte contre la traite des êtres humains, et ces efforts se poursuivront », a-t-elle ajouté, rapporte l’agence de presse espagnole EFE.
La responsable a précisé que les traversées irrégulières par les routes de la Méditerranée occidentale et de l’Atlantique avaient baissé de 42 % en 2025 par rapport à 2024, et de 34 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période de l’année précédente, avant l’afflux massif de migrants à Ceuta à la fin du mois de juillet. Elle a ajouté que la Commission soutenait une coopération étroite entre l’Espagne et le Maroc pour gérer la situation et « garantir le retour des personnes qui n’ont pas le droit de rester ».
Dans ce climat, Alberto Núñez Feijóo, chef du Parti populaire espagnol, a annoncé lundi la création d’une commission d’enquête au Sénat sur l’entrée massive de près de 80 000 migrants en situation irrégulière à Sebta les 30 et 31 juillet. Cette commission examinera le déroulement des événements, l’action des autorités et les stratégies pour éviter de telles situations à l’avenir.
Lors d’une réunion avec la direction de son parti, A. N. Feijóo a accusé le gouvernement de Pedro Sánchez d’avoir été informé à l’avance sans réagir, tout en dissimulant l’affaire. Il a affirmé que l’Espagne « a le droit de connaître la vérité », et a critiqué l’absence d’explications lors de la commission parlementaire chargée du contrôle des dépenses réservées et des secrets officiels.
Le leader du Parti populaire a demandé des éclaircissements sur d’éventuels accords secrets et une clarification de la coopération marocaine sur ce dossier. Il a également réitéré sa question à Sánchez sur une possible conversation avec le roi Mohammed VI, exigeant des explications sur l’absence ou le contenu de cette discussion. Il a déploré que Sebta, deux mois après la crise, reste dans un « abandon injustifiable », en attente de ressources adéquates et de soutien concret. En revanche, il a salué la gestion de la crise par Juan Vivas, président de la ville.
Par ailleurs, on signale que l’Espagne a demandé aux autorités marocaines « d’ajuster l’altitude de vol de leurs drones afin d’éviter toute interférence avec les vols commerciaux à destination et en provenance de Melilla », fait savoir la Radiotélévision espagnole (RTVE). La délégation du gouvernement espagnol à Melilla a indiqué que la demande adressée au Maroc « vise à empêcher que l’activité de ces engins ne perturbe le trafic aérien commercial dans un aéroport où la faible couverture nuageuse entraîne fréquemment des annulations et des retards », souligne la même source.
Cette demande fait suite à l’incident survenu mardi 22 septembre au soir, lorsqu’un drone marocain survolant l’espace aérien marocain a perturbé la manœuvre d’atterrissage d’un avion de ligne à l’aéroport de Melilla, ajoute la RTVE. Le 9 septembre, un autre drone marocain avait été également détecté près de Sebta, lors de la visite de Francisco Pardo et Mercedes González, directeurs respectifs de la Police nationale et de la Garde civile. Le drone était équipé d’un dispositif destiné à contourner les brouilleurs électroniques.

