« En définitive, il n’existe pas de véritable solution pour Gaza sans cette migration » de sa population, a déclaré Israël Katz lors d’une conférence organisée par le site d’information israélien Ynet.
L’an dernier, le président américain Donald Trump avait proposé de « faire le ménage » en transférant les quelque deux millions d’habitants de Gaza vers des pays comme l’Egypte et la Jordanie, avant de rétropédaler face au tollé. Selon I. Katz, le locataire de la Maison Blanche « n’a pas renoncé à son idée, il l’a seulement suspendue » face à la pression de pays arabes. « Mais le plan n’est pas remisé, il fait l’objet de discussions en permanence, même en ce moment », a assuré le ministre israélien.
Sans dire d’où il tenait ce chiffre, Katz a aussi assuré que « 80% (des Gazaouis) veulent partir », mais que le Hamas « les en empêche ».
Le gouvernement israélien est « organisé, et prêt à les faire sortir par la mer, par les airs, par toutes les voies possibles », a-t-il ajouté. « Mais pour que cela se produise, nous avons besoin des Etats-Unis. Quand donneront-ils leur accord ? Lorsqu’il deviendra clair que le Hamas ne remplit pas ses obligations » dans le cadre des négociations autour du plan de paix défendu par les Etats-Unis », a-t-il poursuivi.
Katz défend depuis plusieurs mois une telle mesure présentée comme une émigration volontaire des habitants de la bande de Gaza. Son collègue Bezalel Smotrich, ministre des Finances issu d’un parti d’extrême droite, a même proposé en février d’élargir cette mesure aux Palestiniens de Cisjordanie.
Le déplacement forcé d’une population civile est un crime de guerre, au regard du droit international.
Pour sa part, Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, a affirmé mercredi, qu’il n’avait pas l’intention de se retirer de la bande de Gaza. « Nous contrôlons la zone. Nous ne nous retirerons pas. Nous restons sur cette ligne. Nous contrôlons 60% de la bande de Gaza et nous ne nous arrêterons pas, car nous éliminons, jour après jour, les terroristes qui nous menacent », a-t-il dit, après avoir rencontré des soldats près de la « ligne jaune ».
Loin de là, JD Vance, vice-président américain, a cherché à rassurer les membres de la Republican Jewish Coalition (RJC), réunis à Las Vegas le 31 août, sur la solidité du soutien de l’administration US à Israël. Lors d’un discours à huis clos dont Politico a obtenu l’enregistrement, il a reconnu l’existence d’une « méfiance croissante », notamment chez les moins de 40 ans, vis-à-vis de la relation entre les États-Unis et Israël. Cette évolution inquiète une partie de la droite républicaine. Les critiques portent à la fois sur la guerre à Gaza, sur l’aide militaire américaine versée à Israël et sur l’influence du lobby pro-israélien à Washington. JD. Vance lui-même a contribué à ces débats en maintenant ses liens avec Tucker Carlson et en estimant récemment que certains responsables israéliens cherchaient à influencer l’opinion américaine pour prolonger la confrontation avec l’Iran.
Devant la RJC, il a néanmoins défendu l’alliance en expliquant qu’elle devait être présentée avant tout comme conforme aux intérêts américains. Le vice-président a également condamné l’antisémitisme et défendu sa participation à des émissions comme le podcast de Joe Rogan, affirmant vouloir porter ses arguments auprès d’audiences très diverses. Cette prise de parole survient après plusieurs tensions publiques avec le gouvernement israélien. En juin, le responsable américain avait vivement reproché à certains ministres israéliens leurs critiques contre l’accord négocié avec l’Iran, allant jusqu’à rappeler que Donald Trump restait, selon lui, « le seul allié puissant » d’Israël. Washington fournit par ailleurs environ 4 milliards de dollars d’aide militaire par an à l’État hébreu. Le discours de Las Vegas illustre donc la ligne délicate de JD. Vance : préserver le soutien des républicains pro-Israël tout en tenant compte d’une base conservatrice plus jeune, plus isolationniste et de plus en plus critique de l’engagement américain au Moyen-Orient.

