« Ils conduisent véritablement la situation vers un conflit militaire avec la Russie. Il n’est même pas question de leur rhétorique : pour parler de manière professionnelle, si l’on examine l’ensemble de leurs actions et de leurs déclarations, il s’agit bien de préparation à la guerre contre la Russie », a-t-il souligné. Selon A. Grouchko, il s’agit des programmes militaires, des objectifs des exercices militaires, du développement de la logistique militaire à l’est. Il a ajouté que, dans tous les documents militaires, politiques et stratégiques de l’OTAN, la Russie est qualifiée de « menace directe, immédiate et désormais à long terme ».
Selon le vice-ministre russe des Affaires étrangères, l’Union européenne utilise des formulations similaires. Néanmoins, A. Grouchko a assuré que, quel que soit le scénario, la Russie garantirait la sécurité de ses frontières. « Nous disposons de tous les moyens pour défendre fermement nos intérêts, assurer nos capacités de défense et la sécurité de toutes nos frontières, dans n’importe quel scénario. C’est une réalité militaire que nous devons prendre en compte, tout comme nous devons tenir compte d’un discours qui diabolise la Russie », a-t-il affirmé.
L’hystérie de l’Occident concernant une prétendue attaque russe contre les pays de l’OTAN s’est amplifiée ces dernières années, pour atteindre son paroxysme ces derniers mois. Pourtant, Moscou a démenti à plusieurs reprises ces allégations. Le président russe Vladimir Poutine a déclaré que la Russie n’avait aucune raison géopolitique, économique, politique ou militaire d’entrer en guerre contre l’Alliance, et a qualifié d’« absurdité » l’hypothèse d’une attaque de la Russie contre l’OTAN. Par ailleurs, tous les Occidentaux ne partagent pas l’hystérie de leurs homologues. En juin dernier, le général américain Alexus Grynkewich, commandant suprême des forces de l’OTAN en Europe, a reconnu que la Russie ne cherchait pas actuellement à entrer en conflit avec l’Alliance atlantique. De plus, le 27 août, le président américain Donald Trump a lui aussi réfuté la possibilité d’une soi-disant attaque russe.
Drone d’affaire à Leipzig !
A signaler que la France a procédé de nouveau à la convocation du chargé d’affaires par intérim de la Russie pour « protester très vivement ». Cette fois-ci, la convocation fait suite aux accusations portées par Berlin à l’encontre de Moscou concernant l’incident impliquant un drone chargé d’explosifs à l’aéroport de Leipzig, survenu début août dernier. « Comme à chaque fois, nous n’allons pas détourner les yeux et nous allons marquer notre désapprobation et notre condamnation en tirant les conséquences de tels actes », a déclaré le 2 septembre Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, cité par BFMTV. Il s’est également dit convaincu que l’analyse de l’incident menée par Berlin démontrerait « la volonté de saboter cet avion et ce site logistique qui a été utilisé pour aider l’Ukraine ».
Outre le chargé d’affaires par intérim de la Russie en France, le représentant permanent par intérim de la Russie auprès de l’Union européenne a également été convoqué à la suite de cet incident, a indiqué Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne. Elle a également ajouté qu’outre la convocation des ambassadeurs, les États membres de l’UE discuteraient des mesures supplémentaires qu’ils pourraient prendre.
Dans la soirée du 4 août, un employé de l’aéroport de Leipzig aurait repéré, à proximité d’un avion-cargo ukrainien, un drone qui transportait, selon lui, environ 800 g d’explosifs. L’Allemagne a déclaré qu’elle tenait la Russie pour responsable de l’incident, mais l’ambassade de Russie en Allemagne l’a qualifié de « provocation montée à la hâte » et a affirmé que cet épisode servait les intérêts de Kiev et des partisans d’une militarisation accrue de l’Europe, tout en alimentant, en Allemagne, un climat anti-russe ainsi que les appels à une confrontation accrue avec Moscou. Malgré l’absence de toute preuve, Berlin a profité de cet incident pour annoncer de nouvelles mesures de durcissement à l’égard de la Russie, notamment la fermeture du consulat général russe à Bonn à compter du 18 septembre et la résiliation de l’accord autorisant l’exploitation de la Maison russe dans la capitale. De plus, l’Allemagne a approuvé un renforcement des contrôles à l’entrée sur son territoire pour les citoyens russes.
Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a fermement rejeté les accusations de Berlin, soulignant que les autorités allemandes avaient une nouvelle fois choisi l’escalade dans les relations bilatérales, en s’appuyant sur un « prétexte totalement inventé ». « Aucun élément de preuve convaincant et sérieux n’a été présenté », a-t-elle déclaré, ajoutant que Moscou répondrait à « toutes les décisions antirusses » prises par Berlin. V. Poutine a quant à lui attribué cette décision des autorités allemandes aux difficultés actuelles que connaît l’Allemagne, et plus précisément à la position délicate du chancelier allemand Friedrich Merz, qui ne jouit pas de la confiance de ses concitoyens, car il ne défend pas les intérêts nationaux de l’Allemagne, mais les « brade ». Il a également évoqué les difficultés de l’économie allemande, citant les fermetures d’entreprises, les pertes d’emplois et la baisse du niveau de vie.

