Le bureau du gouverneur de la province du Khouzistan a annoncé que quatre citoyens iraniens ont été tués et cinq autres blessés lors d’une nouvelle attaque de missiles américaine visant des zones périphériques de la ville d’Ahvaz, tôt vendredi. Lors de la treizième nuit d’agressions contre l’Iran, l’armée américaine a mené de nouvelles frappes -à partir des pays arabes voisins- contre 5 provinces iraniennes, ce qui a entraîné le martyre de 4 personnes et blessé 7 autres.
Les médias iraniens et des responsables locaux ont rapporté que des frappes américaines ont visé, au cours de la nuit dernière, des sites situés dans 16 villes iraniennes réparties sur plusieurs provinces, marquant une vaste escalade militaire qui a touché le sud, l’ouest et le centre du pays.
Le ministère iranien de la Santé a rapporté que les agressions aériennes américaines contre l’Iran, sur la période allant du 27 juin jusqu’à hier matin, jeudi 23 juillet, ont fait 629 blessés et 55 martyrs.
En réaction, l’armée iranienne a annoncé avoir ciblé d’importants centres de l’armée américaine en Jordanie et à Bahreïn lors d’attaques de drones, dans le cadre de la 24ᵉ phase de l’opération « Al-Sa’iqa » (L’Éclair). De même, des bases américaines au Koweït ont été visées dans le cadre de la 25ᵉ phase. Dans le détail, des drones « Arash » ont ciblé ce vendredi matin des réservoirs de carburant, des dépôts, d’importants magasins d’équipements ainsi que des logements appartenant aux forces de l’armée américaine sur la base « Cheikh Issa » à Bahreïn, en riposte aux crimes américains. Les drones ont également visé des hangars d’avions, des ateliers de maintenance aéronautique et des logements appartenant à des mercenaires de l’armée américaine sur la base « Al-Azraq » en Jordanie.
Le service des relations publiques de l’armée iranienne a en outre annoncé que des drones ont ciblé des bases américaines au Koweït dans le cadre de la 25ᵉ phase de l’opération « Al-Sa’iqa ». L’armée a précisé que les drones « Arash » ont visé des dépôts de l’armée américaine au camp d’Udairi, des casernes à Doha et un autre site au camp de Arifjan au Koweït. Ceci intervient en réponse à la nouvelle agression américaine contre l’Iran, qui entraîne la mort et la blessure de citoyens, dont des femmes et des enfants, ainsi que des attaques contre des installations et des infrastructures civiles.
Par ailleurs, les relations publiques du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) ont annoncé que leurs combattants ont détruit, lors de la 26e vague de l’opération « Nasr 2 », l’unité de guerre électronique spéciale américaine dans la base d’Al-Adeiri au Koweït au moyen d’attaques combinées. Ils ont également attaqué un centre médical qui lui est rattaché, faisant plusieurs morts et blessés parmi ses membres, en plus de toucher la tour de contrôle du trafic aérien de la base, lui causant des dégâts. Le communiqué a précisé que cette opération s’inscrit dans la continuité de la riposte face aux crimes de l’armée américaine. Celle-ci avait pris pour cible, jeudi à l’aube, la route empruntée par les fidèles vers le mausolée de l’Imam Hussein ; un raid américain au poste-frontière de Shalamcheh avec l’Irak y avait coûté la vie à deux personnes et fait 11 blessés.
De son côté, Esmaeil Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a souligné la nécessité de tenir les pays du Conseil de coopération du Golfe pour responsables des affirmations américaines relatives à leur participation à l’agression militaire contre l’Iran, déclarant que « la légitime défense de l’Iran vise à restaurer la sécurité et la stabilité pour l’ensemble de la région ».
Le The Wall Street Journal a rapporté, citant des sources informées, que les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner estiment toujours qu’un accord avec les Iraniens reste possible. Le journal a indiqué que d’autres conseillers du président américain ont exprimé leur scepticisme quant à la possibilité de conclure un accord de paix, ajoutant que Trump est devenu de plus en plus douteux quant à la capacité des négociations avec l’Iran à instaurer une paix durable.
Le quotidien a cité un responsable américain affirmant que DonalTrump ne voit pas d’options favorables en dehors de la poursuite des frappes contre l’Iran.
Les Gardiens de la Révolution ont appelé vendredi les civils au Moyen-Orient à se tenir à 500 mètres de tout site abritant des forces américaines. « Nous exhortons la population des pays où sont stationnés des soldats américains à se tenir immédiatement à 500 mètres des endroits où ils se cachent, afin qu’elle soit en sécurité », a déclaré le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) dans un communiqué diffusé par la télévision d’Etat.
L’Iran avait auparavant affirmé avoir frappé au moyen de drones des installations utilisées par l’armée américaine au Bahreïn, en Jordanie ainsi qu’au Koweït, en riposte à des bombardements contre son sol pour la 13e nuit consécutive. « Ce matin, des drones kamikazes Arash ont pris pour cible les réservoirs de carburant, les grands entrepôts de matériel, les silos et les casernes des forces de l’armée terroriste américaine sur la base aérienne Isa à Bahreïn », a déclaré l’armée dans un communiqué diffusé par la télévision d’Etat. Un journaliste de l’AFP à Bahreïn a rapporté vendredi matin une explosion et le déclenchement de sirènes d’alerte dans l’émirat, mais il n’est pas clair dans l’immédiat si les deux événements sont liés. Le CGRI a pour sa part affirmé avoir « pris pour cible et détruit le bâtiment du centre de données de la société américaine Amazon à Bahreïn, qui joue un rôle majeur dans la collecte d’informations pour l’armée américaine ». Ni le groupe Amazon, géant du e-commerce, ni les autorités de Bahreïn n’ont à ce stade commenté. Le CGRI a assuré avoir causé « d’importants dégâts » à une tour de surveillance de la Cinquième flotte de la marine américaine dans ce royaume.
L’armée iranienne a par ailleurs revendiqué des attaques de drones contre la Jordanie où « des hangars pour aéronefs, hangars de maintenance aéronautique et des casernes » à la base d’Al-Azraq ont été visés. Le CGRI a fait état « d’une nouvelle attaque dévastatrice contre la base américaine d’Azraq, en Jordanie, infligeant de sérieux dégâts à plusieurs avions de combat et détruisant une résidence abritant des militaires américains, ce qui a entraîné des morts et des blessés parmi eux ».
Amman n’a pour l’heure rapporté aucune frappe ces dernières heures, selon l’AFP.
Au Koweït, l’Iran a affirmé avoir détruit des « dépôts de matériel de l’armée » américaine à Camp Udairi ainsi que des installations militaires à Camp Arifjan, qui accueille le quartier général avancé de la composante armée de terre du Commandement central américain au Moyen-Orient (Centcom). Le communiqué du CGRI indique aussi avoir visé un site de stationnement de militaires américains dans le camp de Doha. La base aérienne Ali al-Salem a aussi été ciblée, selon les Gardiens de la Révolution qui ont indiqué y avoir « visé un énorme entrepôt de munitions à l’aide de drones suicide sophistiques et de poids lourd ».
Dans la nuit, le Koweït a dit avoir fait face à des attaques de missiles et de drones iraniens, après que les sirènes d’alerte ont retenti dans le pays du Golfe. « Les défenses aériennes affrontent actuellement des attaques de missiles et de drones ennemis, à la suite de l’agression criminelle de l’Iran », a indiqué l’armée dans un communiqué sur X, en ajoutant que les bruits d’explosions entendus étaient le résultat des interceptions. Le royaume a été visé par de nombreuses frappes iraniennes depuis le début de la guerre, au point d’évacuer brièvement les quartiers proches du siège de la base navale au début des hostilités, selon l’AFP.
En Irak, le CGRI a assuré avoir détruit un système de défense aérienne et un ballon d’espionnage à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien. Selon l’AFP, la coalition dirigée par les Etats-Unis a dit avoir abattu cinq drones au-dessus d’Erbil, qui accueille des forces américaines, plusieurs fois ciblée depuis la reprise des hostilités au Moyen-Orient, ont indiqué les forces kurdes. Un journaliste de l’AFP avait auparavant signalé avoir vu des drones survoler Erbil, où les défenses antiaériennes ont été activées, déclenchant des explosions près de l’aéroport, qui abrite les troupes de la coalition. La ville accueille aussi un important complexe consulaire américain.
Jeudi, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a dit avoir lancé une nouvelle série de frappes contre des cibles militaires en Iran, pour la 13e nuit consécutive.
Lors de la 13è nuit d’agressions contre l’Iran, l’armée américaine a mené de nouvelles frappes -à partir des pays arabes voisins- contre 5 provinces iraniennes, ce qui a entraîné le martyre de 4 personnes et blessé 7 autres. Des médias d’Etat iraniens ont rapporté jeudi soir que la ville d’Ahvaz, dans le sud de l’Iran, avait été frappée et que des explosions avaient été entendues dans la ville portuaire de Bandar Abbas, ainsi que sur l’île de Qeshm, près du détroit d’Ormuz.
Sur un autre plan, le New York Times rapporte que Téhéran a rejeté, jeudi, une proposition de cessez-le-feu présentée par D. Trump et transmise à Téhéran par le Premier ministre irakien. Le journal qui cite des responsables iraniens et irakiens souligne que l’échec de cette médiation survient au moment où l’hôte de la Maison Blanche menaçait d’une escalade due conflit et de frappes visant les infrastructures vitales de l’Iran. Bien que les détails de la proposition n’aient pas été divulgués dans l’immédiat, des responsables iraniens ont indiqué qu’il s’agissait de la seule offre sur la table, ajoutant que leur gouvernement n’était pas intéressé par un accord temporaire qui laisserait en suspens la question du contrôle du détroit d’Ormuz.
Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, a rejeté les spéculations selon lesquelles Ali al-Zaidi, Premier ministre irakien, aurait transmis un message des États-Unis à la République islamique d’Iran lors de sa visite à Téhéran. Le chef de la diplomatie iranienne a affirmé que l’Iran ne manquait pas de canaux de communication pour échanger des messages avec Washington, estimant que le véritable obstacle réside dans l’« approche irrationnelle, excessive et hégémonique » des États-Unis.
A. Araghchi a fait ces déclarations jeudi, en marge de la cérémonie d’accueil du Premier ministre irakien à Téhéran. La visite d’A. al-Zaidi, intervenue peu après son déplacement à Washington, a alimenté des spéculations dans certains médias selon lesquelles il serait porteur d’un message des Américains à Téhéran. A. al-Zaïdi s’est rendu à Téhéran à la tête d’une importante délégation de hauts responsables irakiens. Il s’y est entretenu avec le président Massoud Pezechkian, le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères A.Araghchi, d’après les médias locaux.
Selon deux responsables iraniens cités par le quotidien, les forces armées iraniennes s’attendent à une extension du conflit et s’y préparent au cas où le président américain mettrait à exécution ses menaces de frapper la capitale, Téhéran, ainsi que les infrastructures vitales. Ces mêmes responsables ont affirmé que si de telles frappes avaient lieu, « l’Iran élargirait le périmètre des combats à l’échelle régionale, notamment en frappant Tel-Aviv et en demandant à ses alliés de fermer le détroit de Bab el-Mandeb ».
A. Araghchi a déclaré que « la saisie des avoirs d’un autre État pour régler des réclamations futures sans rapport constitue un précédent dangereux et attise le conflit ». Il a ajouté que « dès lors que les gouvernements considèrent la confiscation des fonds comme une chose normale, les avoirs de personne ne seront en sécurité, et le chaos ne sera pas pacifique ».
D. Trump avait annoncé sur sa plateforme Truth Social que « la valeur de tout dommage causé aux navires, aux cargaisons ou à tout ce qui s’y rapporte sera remboursée en utilisant les fonds iraniens situés aux États-Unis ». Il a ajouté que « bien que les dommages causés aux navires puissent être très importants, leur compensation à partir des fonds iraniens constitue la mesure la plus équitable ».
A. Araghchi a en outre déclaré que l’ingérence américaine dans les arrangements sécuritaires et maritimes dans le détroit d’Ormuz, ainsi que la réimposition du blocus maritime, mettent en danger la sécurité du détroit. Il a souligné que la sécurité des eaux territoriales et du détroit d’Ormuz ne peut être garantie par la présence ou l’intervention de forces étrangères, précisant que la sécurité sera assurée par la coopération des pays de la région. Plus, il a vivement condamné la poursuite des « agressions israéliennes contre le Liban et la violation de la souveraineté du Liban et de son intégrité territoriale », faisant remarquer que la poursuite de ces pratiques expose la sécurité et la stabilité de la région de l’Asie de l’Ouest à de graves dangers.
Par ailleurs, A. Araghchi a défendu les revendications de son pays d’obtenir des droits de passage pour le le détroit d’Ormuz dont il est le riverain avec le sultanat d’Oman. « L’Égypte perçoit entre 200 000 et 700 000 dollars pour chaque passage du canal de Suez ; ce montant peut dépasser le million de dollars pour les grands porte-conteneurs ou les pétroliers », a-t-il écrit sur sa page X. Il a aussi indiqué que la Turquie impose des droits de passage pour le détroit du Bosphore et le Canada et les Etats-Unis perçoivent des droits d’utilisation pour la voie maritime du Saint-Laurent. « Le Panama perçoit entre 100 000 et 450 000 dollars pour chaque passage ; le coût du passage du canal de Panama par les grands navires NeoPanamax peut atteindre 500 000 dollars », a-t-il aussi fait remarquer. « Pourtant, depuis des décennies, l’Iran refuse d’imposer des droits de passage pour le détroit d’Ormuz, rendant le passage gratuit ! Il a maintenu cette position malgré toutes les campagnes de diffamation, les sanctions et l’isolement auxquels il a été confronté. Face à tout cela, pensez-vous que je vais croire que l’Iran est le « méchant » dans cette histoire ? », a-t-il conclu.
L’agence de presse officielle iranienne IRNA a rapporté vendredi qu’une délégation diplomatique omanaise était arrivée dans la capitale pour discuter des mécanismes de gestion de la navigation dans le détroit d’Ormuz.

