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Coût de la vie : La valse des prix sous la loupe de Sunergia

by Perspectives Med
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Coût de la vie : La valse des prix sous la loupe de Sunergia

Le premier constat qui ressort de l’analyse de l’enquête menée par Sunergia est sans appel : le sentiment de cherté de la vie est désormais quasi unanime. Pas moins de 94% des sondés affirment avoir ressenti une hausse des prix au cours de l’année écoulée. Plus, aux yeux de 81%, cette augmentation est jugée forte, un ressenti qui s’avère particulièrement aigu chez les femmes ainsi que chez les actifs âgés de 35 à 44 ans.

Seule une infime minorité évoque une hausse modérée ou une quelconque stabilité, confirmant que l’inflation n’est plus une simple donnée statistique, mais une réalité quotidienne solidement ancrée dans les esprits.

Pour faire face à cette érosion du pouvoir d’achat, les consommateurs ont été contraints de réinventer leurs habitudes en adoptant des stratégies de crise basées sur la rationalisation.

La première variable d’ajustement a été le renoncement au superflu, près des deux tiers ( 62%) déclarent avoir réduit les achats non essentiels. Parallèlement, la baisse des volumes s’impose comme une nécessité pour plus de quatre Marocains sur dix (42%), qui achètent désormais leurs produits en plus petites quantités.

D’autres se tournent vers la comparaison systématique des prix, la traque des promotions, l’utilisation de leur épargne ou le changement de marque. Ainsi, 18% déclarent avoir réduit les sorties et loisirs, 12% comparent davantage les prix avant d’acheter, 7% profitent davantage des promotions, 5% utilisent leur épargne et 4% changent de marques ou achètent des marques moins chères.

À l’opposé, seule une frange minoritaire (14%) de la population, principalement masculine et issue des classes sociales les plus aisées, déclare avoir pu maintenir ses habitudes de consommation sans aucun changement.

Cette réorganisation des budgets a naturellement poussé les ménages à faire des choix drastiques sur les postes de dépenses à sacrifier. Les loisirs et les sorties arrivent en première ligne de ces renoncements, touchant principalement les jeunes citadins et les classes moyennes.

Toutefois, le signe le plus alarmant de cette crise reste la réduction des dépenses alimentaires, qui concerne plus de 62% des sondés. Cette privation sur la nourriture affecte de manière disproportionnée les seniors et les classes populaires, les plus vulnérables face à la hausse des produits de première nécessité. L’habillement et le transport subissent également des coupes significatives.

Dans le détail, 62% des Marocains ayant remarqué une augmentation des prix déclarent avoir surtout réduit les dépenses de loisirs et sorties, 61% déclarent avoir réduit les dépenses alimentaires, 33% indiquent avoir réduit les dépenses d’habillement (davantage chez les les femmes et les 25-34 ans), 27% déclarent avoir réduit les dépenses de transport/carburant, 16% affirment avoir réduit les dépenses d’énergie et 16% les produits d’hygiène/entretien.

Au milieu de ces arbitrages financiers, seuls deux secteurs demeurent totalement sanctuarisés : santé et éducation. Les familles marocaines refusent de transiger sur l’avenir et le bien-être de leurs proches, ces deux budgets essentiels restant presque inchangés. Les dépenses de santé et d’éducation sont ainsi peu réduites, soit 3% pour chacune. Une obligation plus qu’un choix que l’enquête Synergie ne confirme pas.

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