Présentant l’avis publiés sous le titre « Pour une politique publique efficace visant l’éradication du travail des enfants au Maroc », Abdelkader Amara, président du CESE, a souligné que le Maroc avait enregistré des avancées importantes dans le domaine de la protection de l’enfance. Le nombre d’enfants de 7 à 17 ans exerçant une activité économique est passé de 517 000 en 1999 à environ 101 000 en 2024 (-80%). Cependant, certaines formes de travail persistent encore, notamment les travaux dangereux, le travail domestique, la mendicité organisée et des formes d’exploitation.
La persistance du phénomène est liée notamment à la pauvreté, à la précarité des ménages, au décrochage scolaire, à l’expansion de l’économie informelle et aux disparités territoriales, particulièrement en milieu rural.
Ces constats sont confortés par les résultats de la consultation citoyenne menée par le Conseil via sa plateforme numérique Ouchariko, ayant recueilli 1 540 réponses, qui soulignent l’urgence d’un soutien ciblé aux familles économiquement précaires pour contrer efficacement ce fléau.
Dans ce contexte, A. Amara a mis en exergue la signature, le 30 mars dernier, d’une convention-cadre de partenariat entre le CESE et l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE), visant à établir un mécanisme de coordination permanent pour consolider la protection de l’enfance.
Présentant les principales conclusions de l’avis, Karima Mkika, rapporteure du sujet et membre du CESE, a indiqué que 87% des enfants concernés par le travail sont déscolarisés, tandis que 70% exercent une activité dans le secteur agricole en milieu rural. En 2025, 102 affaires de traite des êtres humains ont été enregistrées au niveau national, impliquant l’identification de 93 mineurs victimes.
Dans ce sillage, l’institution propose cinq axes majeurs portant sur le renforcement des dispositifs de gouvernance et de suivi territorial, l’application effective des lois et l’élargissement de leur champ d’application, le soutien social aux familles vulnérables, l’organisation de passerelles entre éducation, formation et insertion professionnelle des jeunes, ainsi que la mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés dans une logique de co-responsabilité. Le Conseil recommande le relèvement à 16 ans de l’âge minimum légal d’accès à l’emploi, la modernisation de l’inspection du travail, le conditionnement d’une partie des aides sociales à la poursuite de la scolarité, ainsi que la mise en place d’un statut spécifique pour les apprentis âgés de 16 à 18 ans.

