Pas moins de 25 martyrs et 35 blessés ont été recensés dans le bilan encore provisoire des raids israéliens meurtriers perpétrés contre le sud du Liban depuis samedi matin. « Nous avons évacué 47 citoyens et 12 blessés, et transporté les corps de 16 martyrs suite aux attaques israéliennes sur Nabatiyeh », a-t-on indiqué alors que l’armée libanaise a fait état de la mort de l’un de ses soldats lors d’une frappe aérienne israélienne visant la ville de Kfar Remmane, dans le sud du Liban.
« Les attaques israéliennes brutales et continues contre le Liban ont entraîné des morts et des blessés et visent à entraver toute solution qui permettrait de rétablir la stabilité dans le pays », a déploré l’armée libanaise. Les correspondants d’al-Manar ont rendu compte de plus de 90 raids ennemis depuis le matin, contre près de trente localités et villages.
Les localités visées par les raids d’avions de combat :
Nabatiyeh Fawqa, Kfar Tebnite et son entourage, Jabal al-Rafi’, Kfar Remmane, Soujod, entre Toule et Kafra, Kfar Joz, Choukine, Habbouche, Nemeyriyeh, Aarabsalim, Zebdine et son entourage, al-Mahmoudiyah, al-Rayhane, Bourj Qalawiyah, la ville de Nabatiyeh, Bariche, Chohour, Qannarite, Jibchite… sont autant de localités visées par les raids de la chasse israélienne. Alors que des drones ont sévi aussi bien dans la ville de Nabatiyeh qu’à Deir al-Zahrani, Douweir, Deir Qanoune Ras al-Ain, Kawthariyet al-Riz,…L’artillerie israélienne n’est pas en reste puisque les localités de Majdal Zoune, Habbouche et Haroufe…
A Qannarite dans le district de Saïda, un raid a visé la maison d’un martyr qui a succombé vendredi, tuant son épouse, ses enfants et les membres d’une autre famille. Le ministère de la Santé a rendu compte de 7 martyrs et 13 blessés dont 5 enfants en 5 femmes. L’agence de presse nationale libanaise a annoncé dans la journée que cinq personnes avaient été tuées ce matin lors d’une frappe aérienne israélienne qui a ciblé des maisons dans la localité de Aarabsalim. Une jeune mariée enceinte figure parmi les martyrs. A Bariche, 4 martyrs d’une même famille ont été signalés.
En outre, deux palestiniens du camp des réfugiés d’al-Rachidiyeh à Tyr font partie des martyrs. A Sohmor, 3 martyrs ont été dénombrés dont deux femmes alors qu’un enfant est porté disparu.
Vendredi, plus de 65 martyrs ont été recensés et 15 disparus. Parmi eux figurait la militante de l’environnement Mona Khalil qui a succombé dans un raid sur sa demeure située sur la plage de la localité al-Mansouri, dans le secteur occidental. Connue sous l’appellation de la Maison orange, cette demeure, avait servi de refuge aux tortues maritimes menacées d’extinction et de centre de défense de l’environnement.
$oté israélien, un soldat a été tué et 11 autres blessés dans la nuit de vendredi à samedi, dans les combats au sud du Liban, ont révélé les médias samedi, indiquant que ceci a eu lieu dans la région de Ali al-Taher située au nord du fleuve Litani, où les combats font rage depuis plusieurs jours. Ils avaient fait état de 13 blessés pendant la journée de vendredi.
Les communiqués de la résistance libanaise ont signalé que les combats se poursuivent dans la région de Kfar Tebnite et la colline stratégique Ali al-Taher, avortant les tentatives de l’armée israélienne de la conquérir depuis plusieurs jours. Des observateurs constatent que l’armée israélienne a tenté cinq fois, en une semaine, a de la prendre ce qui lui a coûté jusqu’à présent 5 tués, dont 4 annoncés vendredi. Le porte-parole de l’armée d’occupation a en outre rendu compte de 50 tirs de roquettes sur les forces israéliennes dans plusieurs endroits, dans la nuit de vendredi à samedi.
Dans un communiqué publié samedi, Média de guerre rapporte que les combattants de la résistance islamique ont repoussé dans la nuit une énième tentative d’infiltration de soldats ennemis vers cette hauteur, sous une couverture de raids aériens intensifs à l’intérieur et à l’extérieur de la zone de combats. Il a assuré que « les fantassins infiltrés, appartenant à une brigade commando ennemie, sont tombés dans une embuscade tendue par des résistants, qui ont riposté avec des armes appropriées, leur infligeant des pertes confirmées ». Et d’assurer que la Résistance islamique a respecté « le cessez-le-feu proclamé vendredi soir 19 juin 2026, malgré les violations systématiquement commises par l’ennemi dès le début, mais elle est restée vigilante face à la trahison constante de ce dernier ».
Les hauteurs d’Ali al-Taher sont « restées imprenables malgré de nombreuses tentatives de la conquérir », affirme le texte. La résistance a accusé les Israéliens de prendre pour cible les civils et les zones résidentielles à défaut de pouvoir occuper cette région stratégique qui surplombe d’importantes régions de Nabatiyeh et tout le secteur oriental de la frontière.
Le journal libanais al-Akhbar indique que plusieurs tentatives d’avancée terrestre ont jusqu’à présent été sabordées : certaines d’entre elles depuis Wadi al-Hojeir, Wadi Sallouqi, Zawtar, Yohmor et al-Ghandouriyeh. « La topographie de la région a énormément restreint les mouvements des blindés les transformant en cibles faciles pour les roquettes et les engins piégées » de la résistance, selon lui. Le recours à un autre axe plus accessible, celui d’al-Khardali-Arnoune-Kfar Tebnite a subi le même sort. Selon al-Akhbar, l’importance de la colline tient à sa position dominante et à sa capacité à contrôler par la puissance de feu de vastes zones au nord du fleuve Litani.
L’armée israélienne a reconnu la mort du commandant du 52e bataillon, le lieutenant-colonel Dor Gadalia Ben Simhon, et de trois autres soldats, après qu’un char appartenant au bataillon a été pris pour cible lors d’une opération militaire au Sud-Liban. Plus, les médias d’occupation ont reconnu que l’armée israélienne n’était pas parvenue à s’emparer des hauteurs d’Ali al-Taher à Nabatieh, au sud du Liban.
Face aux pertes, des voix israéliennes continuent de mettre en garde contre le maintien des soldats israéliens au sud du Liban, rappelant l’expérience douloureuse du siècle dernier qui les avait poussés à se retirer du sud du Liban en l’an 2000. Ainsi, Ronen Cohen, colonel de réserve, considère que les soldats israéliens au Liban sont comme des « canards dans un champ de tir », tués inutilement. Selon lui, la présence de l’armée au Liban est « incorrecte ». Plus, « nous sommes là sans raison, car ce qui est nécessaire peut être fait autrement. » Il a admis que la « protection des colonies du nord » ne se fait pas de cette manière, affirmant que « c’est une illusion » et que « certains jettent de la poussière aux yeux des résidents du nord et à ceux de l’ensemble du public israélien ».
A ses yeux, « les missiles et les drones sont toujours capables d’atteindre n’importe quelle zone ». « Nous constatons des morts en permanence », reconnaissant que ces événements semblent difficiles et « douloureux à évoquer ».
L’officier israélien a souligné que « quiconque connaît l’expérience libanaise comprend que nous n’avons pas encore été témoins des événements véritablement difficiles, car le rapport coût-bénéfice n’en vaut pas la peine. » « Nous devons nous retirer, plutôt que d’attendre que la réalité nous oblige à battre en retraite », a-t-il conclu.
Selon Rafif Drucker, chroniqueur politique, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu fait l’objet de pressions de la base qui lui dit qu’il ne peut pas brusquement arrêter au sud du Liban. « Les violations ne sont pas commises par le Hezbollah car l’armée œuvre militairement au sud du Liban, par conséquent c’est nous qui violons le cessez-le-feu », a-t-il affirmé lors d’un débat pour la chaine de télévision israélienne Channel 13.

