La Résistance islamique a annoncé, vendredi à l’aube, avoir attiré une force de l’armée de l’ennemi israélien — composée d’un peloton de blindés et d’un peloton d’infanterie — qui tentait de s’infiltrer vers le versant nord de la colline d’Ali Al-Taher, dans le district de Nabatieh. « Une fois la force ennemie piégée dans la zone de guet-apens, les combattants l’ont frappée avec diverses armes, ciblant notamment trois chars Merkava par des missiles guidés, ce qui a entraîné leur destruction et leur embrasement », a précisé le communiqué publié par la Résistance. « Dans la foulée, les combattants ont poursuivi leur riposte contre cette force ennemie en l’arrosant de denses salves de roquettes et d’obus d’artillerie. Au moment même de l’émission de ce communiqué, les affrontements se poursuivent sur le terrain », ajoute-on.
Dans un communiqué suivant, la résistance a indiqué avoir pris pour cible une force ennemie qui tentait d’évacuer les tués et les blessés.
Côté israélien, l’armée a reconnu la mort de 4 militaires dont le commandant du 52e Bataillon corps blindé de la Brigade Givati. Ils ont péri lorsqu’un projectile non encore identifié avait frappé leur char après minuit. Le commandant avait pris ses fonctions il y a deux mois, après que le précédent commandant du bataillon a été grièvement blessé lors des combats dans le sud du Liban. La chaine Kan a rendu compte d’un autre incident vers 4h00 entre Chqif et Kfar Tebnite au cours duquel un drone piégé a touché un commando blessant 5 d’entre eux dont un grièvement. Des médias israéliens avaient auparavant fait état d’un incident sécuritaire « très difficile et grave » dans le sud du Liban, le qualifiant comme l’un des plus durs qu’Israël ait connus, suite au passage d’un char sur un engin explosif « hors du commun », en plus d’un bombardement de roquettes ayant ciblé une force israélienne, ce qui a entraîné la destruction de deux véhicules militaires.
Jeudi, la Résistance islamique s’était engagée que la zone de Kfar Tibnit – Ali Al-Taher resterait « imprenable face aux incursions de l’ennemi », affirmant que « les combattants y écriraient des épopées karbaliennes (Kerbala de l’Imam Hussein) pour défendre leur pays et leur peuple ».
A noter que l’accent mis sur cet axe intervient après l’échec des tentatives de progression à travers les vallées de Houjeir, Slouqi, Zaoutar, Yohmor et Ghandouriyeh. Dans ces zones, la topographie difficile a imposé de lourdes contraintes aux mouvements des blindés, les transformant en cibles faciles pour les missiles guidés et les engins explosifs. L’axe Khardali – Arnoun – Kfar Tibnit est ainsi apparu comme une alternative opérationnelle par laquelle les forces d’occupation ont tenté de surmonter leurs revers dans les vallées, en tirant profit d’un relief de collines et d’espaces ouverts offrant aux véhicules militaires une marge de manœuvre relativement plus large. Cependant, la Résistance s’est employée à transformer également cette voie en un terrain d’usure, grâce à des embuscades complexes et au ciblage continu des forces en progression.
L’importance de la colline d’Ali Al-Taher réside dans le fait qu’elle offre un contrôle visuel et de tir sur de vastes étendues au nord du Litani. Sa capture constitue donc une condition essentielle pour sécuriser ce qui est qualifié militairement de « tête de pont », nécessaire aux forces d’incursion pour protéger leurs lignes de ravitaillement après la traversée du fleuve. À l’inverse, le fait que la colline reste hors de contrôle de l’ennemi expose ses forces déployées aux abords d’Arnoun et de la citadelle de Chqif (Beaufort) au risque d’isolement et d’une usure permanente.
Les estimations indiquent que l’échec de l’occupation à asseoir son contrôle sur Kfar Tibnit et Ali Al-Taher transforme son déploiement au nord du fleuve en une poche étroite et isolée. Leurs forces y deviennent vulnérables aux frappes de missiles guidés, d’obus de mortier et de drones, sans disposer de l’avantage topographique qui leur permettrait d’imposer les règles d’engagement.
La poursuite des opérations sur cet axe, malgré les conditions de cessez-le-feu, s’explique par le fait que le commandement militaire israélien le considère comme un « objectif crucial » incontournable. Cela l’a poussé à intensifier les attaques et à engager des forces supplémentaires dans des tentatives répétées de percer les défenses de la Résistance. Par ailleurs, l’augmentation des pertes parmi les officiers israéliens dans ce secteur reflète l’obligation pour les commandants d’unités de se porter en première ligne pour diriger directement les assauts.
En contrepartie, les données du terrain confirment que la Résistance concentre ses efforts sur l’interdiction de tout ancrage israélien permanent sur l’axe Kfar Tibnit – Ali Al-Taher, par conviction que son succès rendra la présence israélienne au nord du fleuve Litani militairement coûteuse et intenable sur le long terme.
En ce sens, la bataille d’Ali Al-Taher dépasse le cadre d’un simple affrontement pour une colline ou une localité spécifique ; elle s’est transformée en un test décisif pour l’avenir du déploiement israélien au nord du Litani, dont l’issue pourrait faire basculer le cours de la bataille dans l’ensemble de ce secteur du Sud-Liban.
Le sinistre Itamar Ben-Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, a déclaré après l’annonce de la mort des 4 militaires israéliens : « Tout le Liban doit brûler ». Le chef de la diplomatie iranien Abbas Araghchi a répondu à cette déclaration. « Il ne s’agit pas d’une diatribe d’un génocidaire lunatique isolé. C’est une déclaration publique du ministre de la Sécurité nationale du régime israélien », a écrit sur X le chef de la diplomatie iranienne. « Ce culte génocidaire, basé à Tel Aviv, représente une menace pour l’humanité entière (…) Son seul objectif est la guerre permanente », a ajouté A. Araghchi.
De son côté, Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, a menacé de faire « payer un prix très lourd au Hezbollah », assurant qu’Israël n’acceptera aucune attaque contre nos soldats ou notre territoire », ajoute-t-il. L’armée israélienne « restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire, a-t-il affirmé.
Israël Katz, ministre de la Défense, a de son côté prévenu d’une riposte israélienne « avec une force considérable » à toute attaque de la résistance libanaise.
Alors que l’armée israélienne assure avoir bombardé vendredi 80 cibles de la résistance au sud et dans la Békaa, les images et les rapports médiatiques libanais montrent bien qu’elle s’est attaquée aux zones résidentielles civiles. 7 enfants figurent parmi les 18 martyrs recensés dans les raids contre le sud du Liban. Un secouriste aussi fait partie des martyrs.
Fait marquant, l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël s’est lui aussi mêlé à cette crise de colère. Il s’est chargé de répondre au chef de la diplomatie française qui a demandé à Israël de « respecter » le protocole d’accord signé mercredi entre l’Iran et les États-Unis, qui prévoit la « cessation des hostilités » y compris au Liban. « La France obtient-elle toutes ses informations auprès du Hezbollah ? », a lancé Mike Huckabee sur X. « Le cessez-le-feu commence lorsque le Hezbollah cesse de tirer et de tuer », a ajouté le représentant américain.
« Cet accord prévoit la cessation des hostilités, le gouvernement israélien doit le respecter, et les États-Unis en particulier doivent exercer toute la pression nécessaire sur le gouvernement israélien pour que ce soit le cas », avait affirmé Jean-Noël Barrot sur la radio France Info.
A souligner que Hassan Fadlallah a accusé l’ennemi sioniste de ne pas respecter le cessez-le-feu tel que cela est prescrit par le protocole d’accord conclu entre l’Iran et les USA et de vouloir au contraire « étendre son occupation du sud Liban ».
« Il tente d’atteindre la colline Ali al-Taher qui surplombe la ville de Nabatiyeh et ses environs », a-t-il insisté, indiquant que « la résistance repousse l’ennemi sur le sol libanais et ses soldats ont été tués sur notre terre ».
« Nous avons été informés par les Iraniens que la poursuite des négociations dépend de l’exécution de la première clause qui comprend un cessez-le-feu global de cessez-le-feu, raison pour laquelle la première session n’a pas été tenue », a rappelé le député Hezbollah, évoquant la décision de Téhéran de suspendre sa participation aux négociations de ce vendredi à Genève.
Commentant les déclarations des responsables israéliens, l’expert libanais en questions stratégiques Houssam Matar a écrit sur X : « celui qui lit les déclarations de l’ennemi va croire que la colline Ali al-Taher se trouve à proximité de Haïfa et que nous sommes en train de l’attaquer pour l’occuper ». Il a conclu : « C’est le comble de l’insolence et de la manipulation ».
Deux jours après la signature de l’accord de cessez-le-feu parrainé par les États-Unis et la République islamique d’Iran — censé englober tous les fronts, y compris le Liban —, l’ennemi israélien a repris l’escalade de ses agressions aériennes et d’artillerie contre les villages et localités du Sud-Liban. Une situation qui rappelle les raids intensifs et les massacres perpétrés avant l’annonce de l’accord.
En effet, l’aviation de guerre et de drones ennemie a mené, juste après minuit et jusqu’aux premières heures de l’aube, une série de raids violents doublés de bombardements intensifs à l’artillerie. Cela a fait plusieurs martyrs et de nombreux blessés, en plus de la destruction de plusieurs habitations et propriétés.
Ces agressions surviennent alors que les forces d’occupation ont échoué, cette nuit, dans une tentative d’incursion vers les hauteurs d’Ali Al-Tahir, sous une couverture de feu massive composée de bombardements à l’artillerie, d’obus au phosphore et de fusées éclairantes. La Résistance a toutefois repoussé cette tentative en ciblant les soldats qui avançaient avec des dizaines de missiles et roquettes, tout en frappant les rassemblements et les véhicules de l’occupation, notamment aux abords de Kfar Tebnit, infligeant des pertes directes dans leurs rangs.
Les raids israélien ont visé la ville de Nabatiyeh et son quartier d’Al-Maqased, ainsi que les localités de Kfar Tebnit, Nabatiyeh Al-Faouqa, Al-Qusaiba, Kfar Sir, Harouf, Al-Charqiya, Jibchit, Kfar Dajjal, Kfar Jouz, Adchit, Zebdine, Douair, Habouch, Toul, la zone située entre Zebdine et Choukine, allant jusqu’à Qaqaïat Al-Jisr. De plus, les drones ont ciblé les localités de Toul, Jibchit, Arabsalim, Zebdine et Touline, ainsi qu’une moto dans la localité de Douair.
Le Centre des opérations d’urgence de la santé publique, relevant du ministère de la Santé publique, a publié un communiqué annonçant que les raids intensifs de l’ennemi israéliens depuis minuit jusqu’à ce matin empêchent l’évacuation des martyrs et des blessés. Selon un bilan encore provisoire, on dénombre 47 martyrs et 97 blessés, répartis comme suit :
Israël a en outre étendu ses agressions contre la région de Baalbeck, à l’est du Liban. Il a mené un raid contre un bâtiment dans la région d’Ain Bourday, et le second a visé une ferme dans la région d’Al-Jamaliya. Le correspondant d’Al-Mana a fait état de 3 martyrs dans la région d’Al-Jamaliya, et d’une personne portée disparue. Il est aussi question de trois martyrs et 6 blessés à Ain Bourday.
L’intensification des frappes israéliennes meurtrières sur le Liban sape les efforts pour mettre un terme à la guerre dans le pays après le protocole d’accord irano-américain, a déploré vendredi le président libanais Joseph Aoun qui a dénoncé « une escalade dangereuse et condamnable ».
L’Iran a fermement condamné les dernières attaques israéliennes contre le Liban et a tenu les États-Unis pour directement responsables des conséquences de ce qu’il qualifie de violations répétées de l’accord de cessez-le-feu, selon un communiqué publié vendredi sur la chaîne Telegram du porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. Esmail Baghaei a dénoncé les attaques « agressives et terroristes » menées par Israël contre plusieurs régions du Liban, affirmant que ces frappes ont fait des dizaines de morts et de blessés parmi les civils libanais, tout en causant d’importants dégâts aux habitations et aux infrastructures. Il a également mis en garde contre les « conséquences graves et immédiates » de la poursuite de l’escalade israélienne sur la paix et la sécurité dans la région.
Selon le porte-parole, Washington porte une responsabilité directe dans la situation actuelle. Il a rappelé que l’article 1 du mémorandum d’entente signé le 18 juin stipule explicitement que la fin de la guerre au Liban constitue une composante essentielle de l’accord global de cessez-le-feu couvrant l’ensemble des fronts. Il a ajouté que l’Iran prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts, sa sécurité ainsi que les droits de ses alliés.
Plus tôt vendredi, au moins 31 personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans une série de frappes israéliennes menées dans le sud et l’est du Liban, selon l’Agence nationale de l’information libanaise (NNA). D’après les derniers chiffres officiels, l’offensive militaire israélienne au Liban, lancée le 2 mars, a fait 3 912 morts, 11 873 blessés et provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes.
Au cours de cette récente campagne militaire, les forces israéliennes ont avancé de plus de 10 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais.

