S’adressant à des journalistes à la Maison-Blanche, Donal Trump a été interrogé sur la situation à Cuba, dans un contexte d’inquiétudes croissantes concernant la situation économique et humanitaire de l’île. « Cela s’est en quelque sorte effondré, et nous allons nous en occuper dès que nous aurons terminé… Nous allons nous occuper de la République islamique d’Iran. Et une fois cela fait, sur le chemin du retour, nous ferons juste une petite brève escale », a-t-il déclaré.
Ses propos interviennent juste après que le département du Trésor américain a imposé des sanctions au président cubain Miguel Diaz-Canel. Interrogé sur la question de savoir si les sanctions américaines contre Cuba visaient à accélérer son effondrement, Trump a répondu « non ». « Nous voulons simplement qu’ils soient un pays bien géré capable de nourrir sa population. Écoutez, c’est une nation en échec », a-t-il déclaré.
Le département du Trésor américain a annoncé avoir imposé des sanctions au président cubain, à son épouse ainsi qu’à trois autres personnes. Dans un communiqué, le département du Trésor a détaillé les personnes visées par ces sanctions. Selon le texte, la liste comprend le président cubain, son épouse, son beau-fils, ainsi qu’Alejandro Castro Espin, fils de l’ancien président cubain Raul Castro, et Raul Alejandro Castro Calis, petit-fils de ce dernier.
Le communiqué précise également que plusieurs institutions et organisations ont été sanctionnées. Parmi elles figurent le ministère cubain de la Défense, l’Institut d’amitié avec les peuples, chargé de promouvoir les échanges entre les peuples, Amistur Cuba, une branche de l’institut supervisant le tourisme privé sur l’île, ainsi que les Comités de défense de la Révolution.
Le département du Trésor a également indiqué que les avoirs des personnes sanctionnées situés aux États-Unis avaient été gelés. Le 30 janvier, D. Trump avait signé un décret prévoyant l’imposition de droits de douane sur tous les produits en provenance des pays vendant ou fournissant du pétrole à Cuba. La Maison-Blanche avait affirmé que cette décision visait à protéger les intérêts de sécurité nationale et de politique étrangère des États-Unis face aux « actions et politiques nuisibles » de Cuba.
Dans ses déclarations sur Cuba, D. Trump a indiqué qu’après l’Iran, Washington se tournerait vers ce pays et engagerait des discussions avec les autorités de La Havane. Il estime que Cuba est un « État en faillite » et affirme que seuls les États-Unis sont en mesure de résoudre les problèmes politiques et économiques de l’île. De son côté, le président cubain accuse les États-Unis de chercher un « prétexte » pour intervenir militairement dans son pays, avertissant qu’un tel scénario transformerait la région en un « bain de sang ».
La Chine ainsi que la Russie ont affiché leur mécontentement vis-à-vis de la politique cubaine de l’administration Trump. A Moscou, « les députés de la Douma d’État appellent les Nations unies, les organisations parlementaires internationales et les parlements du monde entier à condamner les politiques agressives des États-Unis à l’encontre de la République de Cuba », indique un projet de déclaration soumis à la Douma et cité par RIA Novosti.
Le texte, qui devrait être examiné le 9 juin en séance plénière, dénonce également une « pression sans précédent et injustifiée », jugée contraire aux normes du droit international. Fin mai, le frère de Fidel Castro a été inculpé pour complot visant à tuer des Américains, ainsi que pour la destruction, en 1996, de deux Cessna et la mort de leurs quatre occupants, dont trois étaient des ressortissants américains. R. Castro était alors ministre de la Défense. Quelques semaines plus tôt, lors d’un dîner en Floride, Donald Trump avait « plaisanté » — selon son entourage — sur le fait que les États-Unis pourraient prendre « d’ici peu » le contrôle de Cuba, via l’envoi du porte-avions nucléaire Abraham Lincoln dès qu’il aura « terminé le travail » en Iran. Une sortie effectuée le jour même de l’annonce de nouvelles sanctions contre La Havane.

