L’industrie marocaine accélère sa mue vers l’intégration locale et la durabilité. Sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la Fédération de la Chimie et de la Parachimie (FCP), en partenariat avec le ministère de l’Industrie et du Commerce, a inauguré la 4e édition du Forum International de la Chimie.
Placé sous le thème central « La chimie, au cœur de l’intégration industrielle », cet événement d’envergure s’est ouvert en présence d’un parterre de hauts décideurs publics et privés, parmi lesquels M. Omar Hejira, Secrétaire d’État chargé du Commerce Extérieur, M. Mohamed Ouahmid, Secrétaire Général du Ministère de la Transition Énergétique, M. Said El Hadi, Président de l’Association Professionnelle des Cimentiers (APC) et M. Abed Chagar, Président de la FCP.
Dans un contexte macro-économique mondial bousculé par les ruptures de la supply chain et les mutations géopolitiques, le secteur s’impose comme un pivot incontournable de la souveraineté industrielle et technologique du Royaume.
Un secteur transversal pesant 23 % des exportations industrielles
Loin d’être une filière isolée, la chimie marocaine opère comme le connecteur névralgique de l’ensemble du tissu productif national. Premier secteur productif de l’industrie marocaine, la filière génère un chiffre d’affaires annuel d’environ 200 milliards de dirhams et représente aujourd’hui 23 % des exportations industrielles du pays, comme l’a rappelé le Secrétaire d’État chargé du Commerce Extérieur, Omar Hejira.
« Le thème de cette édition traduit une conviction profonde, partagée par l’ensemble de notre fédération : la chimie n’est pas un secteur parmi d’autres. Elle est le maillon transversal qui relie l’énergie, les mines, l’agriculture, l’automobile, les batteries, les matériaux avancés et l’ensemble des industries manufacturières », a martelé Abed Chagar, président de la FCP.
Cette interconnexion sectorielle est matérialisée par la présence à la session inaugurale d’experts de renommée internationale, à l’instar d’Alain Juillet, Président d’honneur de l’Académie de l’Intelligence Économique, et du professeur Rachid Yazami, chercheur mondialement reconnu dans le domaine des batteries au lithium.
Décarbonation et hydrogène vert : Le virage vers la transition énergétique
Étant l’un des secteurs les plus énergivores du Royaume, l’industrie chimique fait face au défi de sa transition bas-carbone. Pour maintenir son accès aux marchés internationaux très exigeants sur les critères environnementaux, la filière s’adosse au nouveau modèle énergétique marocain.
Dans un message porté par son département, la ministre de la Transition Énergétique et du Développement Durable, Madame Leila Benali, a réaffirmé l’importance stratégique de l’accès à une énergie propre et compétitive pour réduire l’empreinte carbone industrielle. Le Royaume a ainsi activé plusieurs chantiers structurants axés sur l’efficacité énergétique, l’intégration régionale et le développement d’une filière compétitive d’hydrogène vert.
Cette dynamique doit permettre au Maroc de franchir un cap industriel majeur, comme l’a précisé le ministre de l’Industrie et du Commerce, M. Ryad Mezzour :
« La chimie de demain sera celle de l’économie circulaire ; des procédés à bas carbone, des solutions énergétiques innovantes et des principes actifs souverains. Le Maroc dispose d’un atout majeur pour développer une filière industrielle intégrée et compétitive dans ce domaine, et ainsi se positionner comme un hub régional et international du stockage énergétique. »
Un programme axé sur la valeur ajoutée et le capital humain
Pendant deux jours, les panels thématiques du forum explorent les leviers d’optimisation des chaînes de valeur. Les débats de la première journée ont mis en exergue le positionnement du Maroc dans le commerce mondial, la gestion des flux logistiques face aux crises, ainsi que l’apport des nouvelles technologies dans la performance industrielle.
La seconde partie des travaux s’articule autour de l’approvisionnement stratégique en matières premières et de la valorisation du capital humain, jugé nodal pour former les ingénieurs et techniciens aux métiers de la chimie de demain.
En parallèle, le « Village de la Chimie » s’est affirmé comme l’épicentre du business et du networking de l’écosystème. Regroupant les donneurs d’ordres nationaux et internationaux, cet espace B2B favorise la découverte des dernières innovations de rupture technologique.



