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Pour détendre l’atmosphère dans le Golfe : Riyad pousse vers une reproduction des accords d’Helsinki

by Perspectives Med
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Pour détendre l’atmosphère dans le Golfe : Riyad pousse vers une reproduction des accords d’Helsinki

Axe Riyad-Téhéran : Vers un nouveau pacte de non-agression au Moyen-Orient

Deux diplomates occidentaux ont expliqué que « Riyad considère les accords d’Helsinki, signés dans les années 1970 et qui ont contribué à apaiser les tensions en Europe pendant la Guerre froide, comme un modèle possible ». Les diplomates ont ajouté « qu’un pacte de non-agression figure parmi les différentes pistes envisagées, soulignant que les États du Golfe ont exprimé leur inquiétude, depuis le début du conflit, face à la possibilité d’un régime iranien affaibli et plus intransigeant, notamment en raison de la réduction de la présence militaire américaine dans la région ».

Selon d’autres diplomates, les récents mois de guerre ont « renforcé le sentiment d’urgence parmi les États arabes et islamiques quant à la nécessité de repenser leurs alliances et leur architecture de sécurité régionale, tandis que les capitales européennes et les institutions de l’UE ont soutenu la proposition saoudienne et exhorté les autres États du Golfe à l’approuver ».

Les partisans de cette idée y voient un moyen d’éviter de futurs conflits et d’offrir à Téhéran des garanties contre toute attaque. Un diplomate arabe a déclaré au journal « qu’un pacte de non-agression, similaire aux accords d’Helsinki, serait bien accueilli par la plupart des pays arabes et islamiques, ainsi que par l’Iran ».

Des diplomates ont évoqué « les divergences entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis concernant leurs visions régionales », expliquant « qu’Abou Dhabi avait adopté la position la plus intransigeante envers l’Iran pendant la guerre et reprochant aux institutions arabes de ne pas avoir pris une position plus ferme face aux attaques iraniennes ». Ils ont également noté « l’intention d’Abou Dhabi de renforcer ses relations avec Israël après la guerre, ce qui a semé le doute quant à la volonté des Émirats arabes unis de se joindre à un tel accord ».

En revanche, l’Arabie saoudite et d’autres États du Golfe ont apporté leur soutien aux efforts de médiation menés par le Pakistan pour parvenir à un accord entre les États-Unis et l’Iran et mettre fin à la guerre.

Des diplomates ont également confié au Financial Times faire état d’un « rapprochement croissant entre l’Arabie saoudite, le Pakistan, la Turquie et l’Égypte, malgré l’absence d’alliance formelle », laissant présager « un renforcement de la coopération en matière de défense, de politique et d’économie entre ces pays après la guerre ».

Les accords d’Helsinki, signés en 1975 par les États-Unis, les pays européens, l’Union soviétique et ses alliés, visaient à résoudre les problèmes de sécurité et à promouvoir la coopération économique entre puissances rivales. Ils ont été présentés comme un modèle potentiel pour le Moyen-Orient.

Entre démentis officiels et révélations : Les liaisons secrètes Abou Dhabi – Tel-Aviv

Par ailleurs, le ministère émirati des Affaires étrangères a nié, dans un communiqué officiel, les rapports circulant concernant une visite du chef du gouvernement de l’occupation israélienne, Benjamin Netanyahu, dans l’État durant la guerre dans la région. La diplomatie émiratie a déclaré que « le Premier ministre d’Israël n’a pas effectué de visite aux Émirats ». Elle a indiqué que « les relations des Émirats avec Israël sont des relations publiques, nées dans le cadre de l’Accord d’Abraham connu et annoncé, et ne reposent pas sur le secret ou des arrangements cachés ». Par conséquent, « toute allégation concernant des visites ou des arrangements non annoncés est dénuée de fondement, à moins qu’elle ne provienne des autorités officielles compétentes de l’État des Émirats arabes unis », selon les termes du communiqué.

Ce communiqué intervient alors que « les tensions continues avec l’Iran continuent de susciter l’intérêt international sur des coopérations sécuritaires entre Israël et les pays du Golfe ».

Face au déni émirati, Ziv Agmon, chef de cabinet par intérim de B. Netanyahu, affirme qu’« il y était bien », précisant qu’il a été « accueilli comme un roi ». « En tant que personne connaissant bien les Émirats arabes unis pour y avoir vécu de longues périodes, et en tant que personne ayant accompagné le chef du gouvernement lors de ce voyage historique resté ultra-secret jusqu’à aujourd’hui, je peux dire que le chef du gouvernement a été reçu à Abou Dhabi par un accueil royal ! ». Et d’ajouter que  « le cheikh Mohammed ben Zayed, les membres de sa famille et d’autres personnalités prestigieuses nous ont accueillis et étaient heureux de voir le chef du gouvernement d’Israël sur leur terre ».

Plus tôt, le bureau du chef du gouvernement de l’occupation a révélé que ce dernier avait effectué une visite secrète aux Émirats durant la guerre contre l’Iran, où il a rencontré son président Mohammed ben Zayed. Le bureau de B. Netanyahu a ajouté que cette visite a mené, selon ses termes, à une « percée historique » dans les relations entre les deux parties. Selon la Chaîne israélienne 12 , la réunion s’est tenue le 26 mars dans la ville d’Al-Aïn, située près de la frontière avec Oman et à environ 250 kilomètres de la frontière avec l’Iran.

Il convient de noter que la Cour pénale internationale a rendu, le 21 novembre 2024, une décision obligeant les États membres à arrêter Netanyahu et à le remettre à la Cour.

Dans le même contexte, le journal américain Wall Street Journal a rapporté que David Barnea, chef du Mossad, « a visité les Émirats au moins deux fois pour coordonner les opérations contre l’Iran », ce qui recoupe les révélations précédentes du journal sur « le lancement par les Émirats de frappes secrètes contre la raffinerie iranienne de Lavan en avril dernier ».

De son côté, l’Autorité de radiodiffusion israélienne a déclaré que David Zini, chef du service du Shin Bet, a lui aussi visité les Émirats au cours des dernières semaines, au milieu du cessez-le-feu fragile avec l’Iran, estimant que « la visite reflète l’approfondissement de la coordination sécuritaire et du renseignement entre Israël et les Émirats ».

L’Autorité de radiodiffusion israélienne a également rapporté qu’une délégation de sécurité israélienne, dirigée par Amir Baram, directeur général du ministère de la Sécurité, et comprenant des responsables professionnels de haut niveau du ministère de la Sécurité, s’est rendue à Abou Dhabi lors des préparatifs de l’attaque israélo-américaine contre l’Iran, et a tenu des réunions avec des responsables du ministère émirati de la Défense.

Tout cela intervient après la circulation d’un rapport du site américain Axios, révélant le déploiement d’un système « Dôme de fer » israélien aux Émirats, dans le but d’aider ces derniers à intercepter les missiles iraniens.

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