mardi, mai 12, 2026
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Retrait US des bases allemandes : L’Europe au défit des sanctions US

by Perspectives Med
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Retrait US des bases allemandes : L’Europe au défit des sanctions US

« Je n’ai absolument aucun doute sur le fait qu’il n’y aura pas de diminution de la capacité de dissuasion conventionnelle de l’Otan en Europe », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Athènes, estimant que toute évolution serait « compensée d’une manière ou d’une autre ». Le ministre réagissait aux informations faisant état d’une suspension par les États-Unis du déploiement de missiles de croisière Tomahawk à longue portée en Allemagne, ainsi qu’à la décision du président Donald Trump de retirer 5.000 soldats américains du pays.

Selon J. Wadephul, il ne faut pas « surestimer les mesures individuelles », soulignant que cette réduction de troupes s’inscrit dans une réévaluation globale du dispositif militaire américain. Il a également indiqué que le déploiement envisagé de missiles américains devait constituer une « mesure temporaire », dans l’attente du développement de capacités similaires par l’Europe. « Nous allons d’abord engager un dialogue étroit avec les États-Unis pour déterminer quelle décision a été définitivement prise et quelles options s’offrent à nous », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il s’agissait d’un « nouvel appel » à accélérer le développement des capacités européennes.

Les tensions entre le gouvernement allemand et l’administration américaine se sont accrues la semaine dernière après des critiques du chancelier Friedrich Merz visant la stratégie américaine dans le conflit avec l’Iran. Le dirigeant allemand a notamment estimé que les États-Unis ne disposaient pas d’une « stratégie de sortie » et a jugé que les Américains étaient « humiliés » lors des négociations avec Téhéran, mettant en doute une issue rapide au conflit.

D. Trump a réagi sur les réseaux sociaux en affirmant que F. Merz « ne savait pas de quoi il parlait ». Le Pentagone a ensuite annoncé le retrait de 5.000 soldats d’Allemagne, tandis que le président américain a évoqué une réduction encore plus importante. Des médias américains ont par ailleurs indiqué que l’administration US envisageait d’abandonner une décision prise en 2024 par son prédécesseur Joe Biden de déployer un bataillon équipé de missiles Tomahawk à longue portée en Allemagne, destiné à renforcer la dissuasion face à la Russie.

Pour sa part,Giorgia Meloni, cheffe du gouvernement italien, a mis en garde lundi contre une incertitude croissante concernant l’engagement futur des États-Unis au sein de l’OTAN, appelant l’Europe à renforcer ses capacités de sécurité et à mieux anticiper les crises. S’exprimant lors d’un sommet de la Communauté politique européenne à Erevan, en Arménie, elle a estimé que les débats en cours aux États-Unis sur un possible désengagement du continent européen soulignaient la nécessité pour l’Union européenne de prendre davantage en charge sa propre défense.

« Je ne peux pas dire ce qui va se passer. Nous savons que depuis un certain temps, les États-Unis discutent d’un désengagement de l’Europe, c’est pourquoi je pense que nous devons renforcer notre sécurité et accroître notre capacité de réponse », a-t-elle déclaré à la presse.

La dirigeante italienne a toutefois indiqué qu’elle ne soutiendrait pas un retrait américain d’Italie ou d’autres pays européens. « Il s’agit clairement d’un choix qui ne dépend pas de moi et avec lequel je ne serais pas d’accord », a-t-elle ajouté. Elle a par ailleurs souligné l’engagement de Italie au sein de l’alliance, affirmant que Rome a toujours respecté ses obligations, y compris dans des opérations où ses intérêts directs n’étaient pas en jeu, notamment en Afghanistan et en Irak.

Plus largement, G. Meloni a appelé l’Union européenne à « élever son niveau » face aux défis mondiaux croissants, estimant que le bloc devait dépasser une logique de réaction aux urgences. « L’Union européenne a montré qu’elle pouvait répondre aux urgences, mais il est désormais temps qu’elle passe d’une logique réactive à une capacité d’anticipation », a-t-elle déclaré. Elle a averti qu’une mauvaise gestion des crises risquait d’éroder la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques. « Lorsque les citoyens ont le sentiment que les grands défis ne sont pas maîtrisés, ils perdent confiance dans les institutions », a-t-elle affirmé.

La dirigeante italienne a également critiqué certains aspects de la stratégie de long terme de l’UE, estimant qu’elle ne devait pas se concentrer uniquement sur des pays partageant les mêmes positions, mais aussi sur son voisinage géographique, appelant à une attention accrue à la région méditerranéenne élargie, y compris l’Afrique. Elle a lié les défis sécuritaires européens à l’instabilité dans les régions voisines et aux enjeux d’approvisionnement énergétique, notant que de nombreuses pressions géopolitiques proviennent de zones cruciales pour les besoins énergétiques de l’Europe.

G. Meloni devait enfin se rendre à Bakou, en Azerbaïdjan, plus tard lundi, afin de discuter d’approvisionnements alternatifs en gaz et en pétrole dans le cadre de ce qu’elle a qualifié de « diplomatie de l’énergie ».

Quant à Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, elle a estimé lundi que le calendrier d’un éventuel retrait des troupes américaines d’Europe, annoncé selon certaines informations dans un délai de six à douze mois, était « surprenant », soulignant la nécessité pour l’Europe de renforcer sa place au sein de l’OTAN. « Il y a depuis longtemps des discussions sur un possible retrait des troupes américaines d’Europe. Cependant, le calendrier de cette annonce est une surprise », a-t-elle déclaré lors de la 8e réunion de la Communauté politique européenne à Erevan.

Selon elle, cette évolution met en évidence la nécessité de « renforcer de manière significative le pilier européen au sein de l’OTAN » et que l’Europe « fasse davantage par elle-même ».

« Les troupes américaines sont en Europe non seulement pour protéger les intérêts européens, mais aussi les intérêts américains », a-t-elle ajouté.

Interrogée sur la position de D. Trump, elle a indiqué qu’aucun représentant américain n’était présent à la réunion pour clarifier la position de l’administration.

K. Kallas a également souligné l’importance stratégique de la région du Caucase dans le contexte des tensions persistantes, notamment la guerre impliquant l’Iran, relevant que le sommet d’Erevan a mis en lumière l’importance de la résilience et de la connectivité. Elle a qualifié le Corridor du Milieu d’« extrêmement important », estimant que les récents développements au Moyen-Orient ont renforcé la nécessité de diversifier les routes commerciales et de réduire la dépendance aux axes de transit vulnérables. « C’est pourquoi la connectivité et ces routes alternatives sont si cruciales », a-t-elle affirmé.

L’eurocrate a enfin évoqué la trajectoire politique de l’Arménie, affirmant que toute décision concernant une éventuelle perspective européenne dépendra en dernier ressort du peuple arménien à l’approche des prochaines élections.

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