« La question n’est pas de savoir s’ils prient ou non, mais cet événement a rappelé aux Marocains un type de prière pratiqué en Israël, à Al-Quds Al-Sharif, au mur du sanctuaire. Une comparaison a été faite entre cette prière et celle-ci, et cela a été perçu comme une provocation » a-t-il assuré devant son auditoire.
Si « la prière en elle-même n’est pas le problème » devait-il ajouter, « le véritable problème est la provocation, et nous nous y opposons fermement. Cela n’aurait pas dû être permis, et l’État aurait dû leur expliquer que s’ils voulaient prier, ils étaient les bienvenus pour le faire, mais dans leurs propres lieux de culte ».
A. Benkirane a aussi souligné l’importance de déterminer quelle entité a autorisé cette prière, estimant que cet incident « pourrait s’apparenter à une provocation pour attiser les tensions ». Les Marrakchis n’ont pas attendu la sortie du leader islamiste pour dénoncer la provocation du groupe de haredim qui ont choisi de transformer Bab Doukkal, en Mur des Lamentations…
Pour rappel, le PJD qui a avalisé, du temps où Saad Eddine El Othmani assurait les fonctions de chef du gouvernement, les Accords d’Abraham qui ont officialisé la normalisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv. Mais depuis bientôt cinq ans, la formation islamiste a choisi de battre sa coulpe en volant au secours des Palestiniens qui subissent depuis près de deux ans les affres d’une guerre génocidaire dans la bande de Gaza, outre leurs frères de la Cisjordanie occupée. Désormais, c’est à l’annulation de la normalisation qu’appelle A. Benkirane au regard de ce qui se déroule en Palestine occupée.
Autre provocation locale
Le dossier palestinien continue par ailleurs de nourrir la chronique nationale. C’est dans ce cadre-là qu’il faudra placer la démarche singulière entreprise par Faisal Oumarzouq, avocat du Barreau de Rabat, en déposant plainte auprès du Parquet contre plusieurs figures emblématiques du mouvement anti-normalisation au Maroc. Aziz Ghali, ancien président de l’Association marocaine des droits de l’homme, Ahmed Ouahmane, président de l’Observatoire marocain contre la normalisation et Aziz El Hannaoui, secrétaire général du Groupe de travail national pour la Palestine, figurent en tête de liste. Plus, des organisations politiques telles que Justice et Bienfaisance (Al Adl wal Ihsane) et la Voie Démocratique (Annahj Democrati) sont également concernées.
Cette plainte fait suite à l’incendie du drapeau israélien lors d’une manifestation en soutien au peuple palestinien sur l’avenue Mohammed V à Rabat, le 19 avril dernier.
Le plaignant accuse les militants cités d’incitation à des délits par des moyens numériques, de promotion de discours de haine, de discrimination raciale et d’entrave aux pratiques religieuses. Selon lui, ces actions violent les articles 221 et 431 du Code pénal et sont également contraires aux principes constitutionnels garantissant la liberté des pratiques religieuses et la protection de l’ordre public. Il pousse le bouchon plus loin en demandant au Parquet d’enquêter sur de potentielles connexions entre les prévenus et des entités étrangères.
Dans une déclaration au Yedioth Ahronot, l’avocat a affirmé qu’un des prévenus aurait incité les habitants de Marrakech à « tuer les Juifs », ce qui, selon lui, nécessite une intervention pour prévenir des crimes potentiels. Plus, il tente de lier les défenseurs de la cause palestinienne au Maroc à des agendas régionaux, alléguant des connexions avec « l’Algérie, le régime de Khamenei à Téhéran, les Gardiens de la révolution, le Hezbollah et les Frères musulmans ». Il avait déjà formulé de telles accusations contre la Gen Z, lors des manifestations en septembre 2025.
F. Oumarzouq a dit regretter la libération d’A. Ghali par Israël après son arrestation alors qu’il participait à la Flottille de la liberté en direction de Gaza. « Au Maroc nous le désavouons et condamnons ses actions. Nous avons déposé des plaintes contre lui. » Et décrit sa plainte comme une « initiative personnelle d’un citoyen représentant la grande majorité du peuple », soulignant que « tout le monde soutient les relations Maroc-Israël, et nous défendrons nos relations stratégiques. Nous ne permettrons pas à ces organisations extrémistes d’exister. Les extrémistes ne nous représentent pas, et nous voyons le Maroc et Israël comme une entité unique ». L’avocat ne fait pas grand cas des résultats d’un sondage qui contredit ses assertions.
Début 2025, le même avocat avait appelé à la dissolution de l’AMDH en raison des déclarations de A. Ghali, président de l’époque, sur la question du Sahara occidental, où il avait évoqué l’autodétermination.
