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Téhéran annonce la réouverture du détroit d’Ormuz : Si D. Trump « remercie » Téhéran, E. Macron mobilise…

by Perspectives Med
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Téhéran annonce la réouverture du détroit d’Ormuz : Si D. Trump « remercie » Téhéran, E. Macron mobilise…

L’Iran a fixé trois conditions au passage des navires par le détroit d’Ormuz, selon l’agence Tasnim, qui cite une source du Conseil suprême de sécurité nationale. Première exigence : les navires doivent être commerciaux et ne pas avoir de lien, tout comme leur cargaison, avec des pays considérés comme hostiles par Téhéran. Deuxième condition, les bâtiments doivent emprunter un itinéraire défini par l’Iran. Troisième condition, leur passage doit être coordonné avec les forces iraniennes, en particulier avec le Corps des gardiens de la révolution.

Le président des États-Unis a lui aussi déclaré vendredi que l’Iran avait annoncé l’ouverture complète du détroit d’Ormuz à la navigation. « L’Iran vient d’annoncer que le détroit d’Iran est entièrement ouvert et prêt pour un passage total. Merci », a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Ses propos interviennent peu après que Abbas Araghchi a déclaré que le détroit d’Ormuz était « complètement ouvert » à tous les navires commerciaux. La décision a été prise « conformément au cessez-le-feu au Liban », a précisé Abbas Araghchi dans une déclaration publiée sur le réseau social X.

La veille jeudi, Donald Trump a annoncé un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban. Téhéran avait pris le contrôle de cette voie maritime stratégique peu après le lancement d’une guerre contre l’Iran par les États-Unis et Israël le 28 février, perturbant les approvisionnements énergétiques mondiaux ainsi que le trafic maritime. De son côté, les États-Unis ont imposé leur propre blocus sur les ports iraniens depuis lundi de cette semaine. Toutefois, les deux parties sont restées en contact par le biais d’une médiation menée par le Pakistan. L’annonce d’A. Araghchi intervient ainsi après que le chef de l’armée pakistanaise, le général Asim Munir, a rencontré au cours des deux derniers jours à Téhéran les plus hauts responsables civils et militaires iraniens.

Enfin, Islamabad a accueilli le week-end dernier des discussions rares entre Washington et Téhéran, après avoir obtenu un cessez-le-feu de 14 jours entre les États-Unis et l’Iran le 8 avril. Les efforts se poursuivent en vue de mettre fin au conflit.

Le président des États-Unis a affirmé vendredi que Washington allait « récupérer » le stock d’uranium enrichi de l’Iran, qu’il qualifie de « poussière », sans accorder de fonds à Téhéran. Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, il a déclaré : « Les États-Unis récupéreront toute la “poussière” nucléaire créée par nos formidables bombardiers B-2; Aucun argent ne sera échangé, sous quelque forme que ce soit », faisant référence aux frappes contre des sites nucléaires iraniens qu’il a ordonnées en juin 2025.

Ces déclarations interviennent quelques minutes après que le site d’information Axios a rapporté que D. Trump envisageait de débloquer 20 milliards de dollars de fonds iraniens gelés en échange de la remise par Téhéran de son stock d’uranium.

Interrogée plus tôt sur ces informations, la Maison Blanche a indiqué à Anadolu que « seules les annonces du président Trump ou de la Maison Blanche, et non des sources anonymes, doivent être considérées comme des faits ».

« Des discussions constructives avec l’Iran se poursuivent, mais nous ne négocierons pas via la presse », a déclaré la porte-parole Anna Kelly.

Par ailleurs, D. Trump a indiqué jeudi qu’un nouveau cycle de négociations directes entre les États-Unis et l’Iran pourrait avoir lieu ce week-end, après qu’une première série de discussions intensives n’a pas permis de parvenir à un accord pour mettre fin durablement au conflit le week-end dernier. Une trêve de deux semaines, négociée par Pakistan, doit expirer au début de la semaine prochaine. Selon Axios, ce nouveau tour de négociations devrait se tenir dimanche à Islamabad, au Pakistan.

Paris mobilise

Le Président français a organisé vendredi une conférence internationale à l’Élysée, intitulée « initiative pour la navigation maritime dans le détroit d’Ormuz », réunissant une trentaine de pays pour répondre aux tensions dans cette zone stratégique. Cette initiative internationale portée par Emmanuel Macron cherche à garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, axe stratégique par lequel transite une part majeure des hydrocarbures mondiaux.

Une source à l’Élysée a indiqué à Anadolu que cette rencontre vise à « rassembler une masse critique de pays capables de s’engager sur des principes qui sont ceux tout simplement du droit international, du droit de la mer ». La stratégie française repose sur une ligne diplomatique constante articulée autour d’un cessez-le-feu et d’une solution négociée. « Nous avons besoin d’un arrêt au plus vite de la guerre et, en l’occurrence, d’une consolidation du cessez-le-feu », a affirmé cette source, en soulignant le refus de toute reprise des opérations.

Paris entend ainsi promouvoir une alternative claire aux dynamiques actuelles du conflit. Cette « troisième voie » est définie comme « une troisième voie entre la pression maximale pratiquée précédemment par les États-Unis sur l’Iran et la reprise de la guerre ». L’objectif est de faire émerger un cadre international fondé sur le droit et la désescalade.

Trois principes structurent cette initiative : « que le détroit ne sera pas miné », « qu’aucun péage ne sera accepté » et « qu’il est hors de question de revoir le statu quo » en matière de navigation. Ces lignes rouges visent à préserver un passage stratégique par lequel transitent environ 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz.

Au-delà des principes, la France se dit prête à engager des moyens concrets pour sécuriser la zone. La même source a précisé que cela pourrait inclure des capacités de déminage, évoquant la possibilité « d’envoyer des bateaux chasseurs de mines », mais aussi des dispositifs plus larges allant du renseignement à l’escorte de navires. L’objectif est de « donner toute confiance aux opérateurs maritimes qu’ils peuvent traverser le détroit en toute sécurité » . Des moyens militaires sont déjà présents dans la région. La France dispose notamment d’un groupe aéronaval, de frégates, de bâtiments de projection et de commandement ainsi que d’avions et de systèmes de défense anti-aérienne, mobilisables pour garantir la sécurité maritime, sans basculer dans une logique offensive, selon cette source à l’Élysée.

Paris insiste toutefois sur la nature strictement défensive de son engagement. « Il n’est évidemment pas question d’une opération militaire de nature […] offensive », a assuré cette source. La démarche vise à sécuriser le trafic maritime et non à participer aux combats. Cette position s’accompagne d’une prise de distance vis-à-vis de Washington. « Il n’y aura pas d’intervention des Européens […] en soutien des États-Unis », a-t-elle indiqué, rappelant que les Européens « ne font pas la guerre et […] ne feront pas la guerre ». Les États-Unis, bien qu’informés, ne participent pas à la conférence.

L’initiative française s’inscrit dans une logique d’élargissement diplomatique, incluant des pays d’Asie, d’Afrique ou encore d’Amérique latine, afin de peser collectivement sur les parties au conflit. Elle vise également à encourager une reprise des négociations avec l’Iran, notamment sur le nucléaire, le programme balistique et la sécurité régionale.

Sur le terrain, la situation reste instable. La circulation des navires est perturbée et soumise à des risques multiples, entre menaces de minage, attaques potentielles et blocages. Dans ce contexte, la France cherche à créer les conditions d’un retour à une navigation normale, conditionnée à des engagements clairs des parties, notamment l’absence d’attaques iraniennes et la levée des restrictions américaines.

La séquence actuelle s’inscrit dans le contexte plus large de la guerre menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran, qui a profondément déstabilisé la région et affecté les flux commerciaux. Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, passage clé pour le pétrole et le gaz, a été fortement perturbé depuis le début du conflit, avec une baisse marquée des échanges et des attaques contre des navires, malgré un cessez-le-feu.

Piques de D. Trump

Le président des États-Unis a de nouveau critiqué, vendredi 17 avril, la posture adoptée par ses alliés de l’OTAN durant la guerre américano-israélienne contre l’Iran. E. Macron a, de son côté, annoncé « renforcer l’accélération » des « travaux » visant à mettre en place une mission d’escorte dans le détroit d’Ormuz. « Ils ont été inutiles quand on avait besoin d’eux, de vrais tigres de papier ! »

Sur son réseau Truth Social, D.Trump a de nouveau fustigé la posture observée par les autres pays de l’OTAN durant le conflit ouvert par Israël et les États-Unis fin février contre l’Iran. Une guerre d’agression au cours de laquelle les alliés de Washington avaient refusé de prêter main-forte aux Américains pour rouvrir le détroit d’Ormuz bloqué par les Iraniens. « Maintenant que la situation dans le détroit d’Ormuz est réglée, j’ai reçu un appel de l’OTAN me demandant si nous avions besoin d’aide. Je leur ai dit de rester à l’écart, à moins qu’ils ne veuillent seulement remplir leurs navires de pétrole », a également déclaré le président américain dans ce message posté ce 17 avril.

Côté russe, Valentina Matvienko, présidente du Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement russe, a déclaré voir « d’un bon œil toutes les initiatives fondées sur le droit international et motivées par la volonté de résoudre le problème au plus vite par des moyens pacifiques et diplomatiques », avant d’ajouter que « l’initiative franco-britannique ne relève pas de cette catégorie » car elle « poursuit en réalité ses propres intérêts ».

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