« L’Afrique c’est 55 Etats », a déclaré O. Sonko en expliquant les spécificités du continent. Pourtant, le Sénégal est l’un des principaux pays africains à soutenir fermement et historiquement l’intégrité territoriale du Maroc et sa souveraineté sur le Sahara. L’écart diplomatique d’O. Sonko ne saurait être relégué au rang d’une quelconque confusions ou autre omission.
La question qui se pose dès lors serait de savoir si l’incident lié à la finale de la Coupe d’Afrique organisée par le Royaume et dont le titre a été « usurpé » par les Lions de la Teranga, au grand dam des Lions de l’Atlas, a contribué d’une quelconque manière à parasiter la politique marocaine du Sénégal. En attendant, il y a fort à parier que Bassirou Diomaye Faye, président sénégalais qui cohabite difficilement avec son chef de gouvernement, aura fort à faire pour gommer cette bévue, lui qui a envoyé des messages d’apaisement après l’affaire de la finale de CAN.
Côté marocain, le message royal de félicitations adressé au président Sénégalais à l’occasion de la fête d’indépendance de son pays, conserve, en dépit de tout, le caractère prioritaire de la politique sénégalaise du Royaume.
Le Souverain, rappelle-t-on, y a formulé le souhait de « relever le caractère séculaire exceptionnel des liens de fraternité qui unissent les peuples marocain et sénégalais ainsi que la qualité sans cesse renouvelée de la coopération entre nos deux pays ».
O. Sonko avait effectué, fin janvier, une visite officielle au Maroc pour la 15e commission mixte. Une visite marquée par la signature de 17 accords de coopération pour renforcer les liens bilatéraux. A cette occasion, il avait réaffirmé l’amitié historique et la coopération stratégique entre Dakar et Rabat, malgré les tensions sportives récentes. Ravalera-t-il cette bourde qui reste indigne d’un haut responsable politique qui n’ignore en rien le poids des mots dans l’arène politico-diplomatique ? Attendons pour voir…
