Le rassemblement a eu lieu après que le parlement israélien, la Knesset, ait adopté cette législation qui a provoqué l’indignation non seulement des dirigeants internationaux et des organisations de défense des droits humains, mais aussi des Gazaouis, qui sont sortis en grand nombre pour protester contre ce qu’ils ont qualifié de « loi raciste ». Les participants brandissaient des photos de prisonniers et des banderoles affirmant que leur atteinte constituait une « ligne rouge », appelant à une action internationale immédiate pour empêcher l’application de la loi.
Ali al-Shashniya, porte-parole des tribus et comités populaires de Bureij, a déclaré que la manifestation visait à « envoyer un message clair à l’occupation : les prisonniers ne sont pas seuls ». Adopter de telles lois reflète selon lui « la confusion et l’échec », soulignant que les leaders tribaux déclarent : « Tout préjudice porté à nos prisonniers sera suivi d’une réponse populaire et nationale inattendue ». Il a insisté sur le fait que les Palestiniens restent unis derrière la cause des prisonniers.
Nihad Awad Ahmad, père du prisonnier Nader Ahmad, a affirmé que la loi « ne fera qu’accroître notre détermination et notre attachement à nos droits, malgré les menaces pesant sur nos fils en prison. Nos fils sont des symboles de liberté, et nous ne nous lasserons pas de réclamer leur libération », a-t-il ajouté, appelant à une action internationale immédiate « pour soutenir les prisonniers et mettre fin aux agissements du gouvernement israélien ».
Les participants ont également affirmé que les manifestations se poursuivront à travers Gaza en soutien aux prisonniers, dans ce qu’ils décrivent comme une « campagne sévère » à leur encontre.
La loi adoptée par la Knesset permet que des exécutions par pendaison soient effectuées par des gardiens désignés par le Service pénitentiaire israélien, avec anonymat et immunité légale pour ceux qui appliquent les peines.
Elle autorise également la prononciation de peines de mort sans requête du ministère public et sans nécessité d’unanimité, les décisions pouvant être prises à la majorité simple, et s’applique aux tribunaux militaires traitant des affaires palestiniennes en Cisjordanie occupée.
La loi a suscité des critiques à l’intérieur d’Israël, environ 1 200 Israéliens, dont des lauréats du prix Nobel, d’anciens responsables militaires et d’anciens juges de la Cour suprême, s’y opposant et la qualifiant de « tache morale ».
Une grève générale a largement paralysé la vie quotidienne à travers la Cisjordanie occupée mercredi, en protestation contre une loi israélienne autorisant la peine de mort contre des prisonniers palestiniens.
Des commerces, institutions publiques et privées, banques, universités et écoles ont fermé, tandis que les hôpitaux et les boulangeries sont restés ouverts, selon un correspondant d’Anadolu. Les rues de Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne, apparaissaient en grande partie vides, avec des commerces fermés. La grève a suivi un appel du mouvement Fatah, qui avait annoncé la veille une paralysie générale pour s’opposer à la loi.
Le Fatah a indiqué que la grève faisait partie des efforts visant à faire annuler la législation israélienne, la décrivant comme une escalade dangereuse et une violation visant les Palestiniens. Le mouvement a également appelé à une mobilisation publique plus large et à une pression régionale et internationale accrue pour abroger la loi.
Parallèlement, des milliers de personnes ont défilé mercredi à Ramallah pour protester contre la loi, à la suite d’un rassemblement organisé par des groupes de défense des prisonniers, dont la Société des prisonniers palestiniens, la Commission des affaires des détenus et l’organisation de défense des droits Addameer, sur la place centrale de Manara.
Les manifestants ont parcouru plusieurs rues de Ramallah, scandant des slogans contre les politiques israéliennes et la loi sur la peine de mort, tout en exprimant leur soutien aux détenus incarcérés dans les prisons israéliennes, selon un journaliste d’Anadolu.
Des dirigeants de factions palestiniennes et des figures religieuses ont également rejoint la marche, a indiqué le journaliste.
Les participants ont brandi des drapeaux palestiniens et tenu des banderoles de solidarité lors de la manifestation.
Depuis octobre 2023, Israël a renforcé les mesures contre les détenus palestiniens dans le contexte de la guerre à Gaza, qui a fait plus de 72 000 morts et 172 000 blessés, dont la majorité sont des femmes et des enfants, selon le ministère de la Santé de Gaza.
Par ailleurs, le départ de la Flottille de la Liberté est annoncé pour samedi 4 avril depuis Marseille, où des militants prévoient une nouvelle action maritime en direction de la bande de Gaza afin de dénoncer le blocus imposé au territoire palestinien. Un communiqué relayé par le site EuroPalestine signale que des militants du collectif Thousand Madleens basé en France ont indiqué que « malgré la répression en mer et le silence médiatique sur le génocide palestinien, les militants de la Flottille de la Liberté navigueront une fois de plus pour briser le blocus israélien illégal sur la bande de Gaza ».
Le texte évoque une dégradation récente de la situation sur le terrain, affirmant que « la situation s’est considérablement aggravée ces derniers mois : la colonisation violente s’accélère en Cisjordanie, et la catastrophe humanitaire à Gaza se poursuit en silence ». Les auteurs ajoutent : « Face à ce génocide, nous continuerons à tenir notre promesse de solidarité et à mener nos missions de solidarité avec la population palestinienne qui se tient toujours debout face à son agresseur. »
Un rassemblement est prévu à Marseille à 14 heures sur l’esplanade J4, à proximité du MuCEM, afin de soutenir cette initiative et d’assister à des démonstrations de solidarité avec Gaza, avant le départ des embarcations engagées dans la campagne française de la Flottille de la Liberté ainsi que dans l’initiative des « Mille Madleens ».
Cette action s’inscrit dans la continuité des campagnes menées par la Flottille de la Liberté, qui visent à contester le blocus de Gaza. Plusieurs précédentes tentatives ont donné lieu à des interceptions en mer par Israël.
Pour rappel, la Cour internationale de Justice est saisie depuis fin 2023 d’une plainte de l’Afrique du Sud accusant Israël de violer la convention sur le génocide. La juridiction a notamment évoqué un « risque plausible de génocide » et ordonné des mesures conservatoires, une qualification rejetée par les autorités israéliennes. Parallèlement, la Cour pénale internationale a émis, le 21 novembre 2024, des mandats d’arrêt visant le Premier ministre Benjamin Netanyahu ainsi que l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour des soupçons de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, notamment d’utiliser la faim comme arme de guerre.
Sur le plan humanitaire, les bilans cités par les Nations unies et leurs partenaires font état de dizaines de milliers de morts dans la bande de Gaza depuis octobre 2023, avec une proportion très élevée de femmes et d’enfants parmi les victimes.
