Dans une question orale adressée au ministère de l’Agriculture, la députée appelle à des mesures immédiates pour renforcer le contrôle des circuits de distribution et lutter contre les pratiques spéculatives durant cette période sensible de forte demande.
Elle s’appuie notamment sur les données officielles faisant état d’un cheptel national estimé à 32,8 millions de têtes, ce qui, en théorie, devrait permettre d’assurer le bon déroulement du rituel du sacrifice, après une année marquée par l’annulation de cette pratique en raison de la sécheresse.
Mais sur le terrain, la réalité semble plus contrastée. Les prix de la viande ovine dépassent actuellement les 120 dirhams le kilo, un niveau qui se répercute directement sur le coût des moutons destinés à l’Aïd, dont les prix pourraient osciller entre 3000 et 4000 dirhams. Une fourchette jugée élevée au regard du pouvoir d’achat d’une large partie des ménages marocains.
Dans ce contexte, la parlementaire demande à l’Exécutif de préciser les mécanismes envisagés pour garantir un équilibre réel entre l’offre et la demande, et éviter toute flambée incontrôlée des prix en vue de préserver et de protéger le pouvoir d’achat des citoyens.
Ces inquiétudes interviennent alors que le gouvernement se veut rassurant. Quelques jours plus tôt, le porte-parole de l’Exécutif, Mustapha Baitas, avait confirmé le maintien du rituel du sacrifice pour cette année, assurant que plusieurs mesures ont été prises en amont pour encadrer la période. Au cœur de ce dispositif figure un programme de soutien à la filière d’élevage, déployé pour atténuer les effets des épisodes successifs de sécheresse. Doté de plusieurs milliards de dirhams, ce plan vise notamment à subventionner l’alimentation animale, restructurer les dettes des éleveurs, préserver les femelles reproductrices et renforcer la couverture sanitaire du cheptel.
Le gouvernement mise également sur l’amélioration des conditions pastorales, à la faveur des dernières précipitations, pour réduire les coûts de production et, à terme, contenir les prix sur le marché. Reste que, malgré ces annonces, la tension sur les prix continue d’alimenter les interrogations. Entre discours rassurant des autorités et préoccupations croissantes des consommateurs, la question de la régulation effective du marché s’impose désormais comme un test de crédibilité pour l’action publique à l’approche d’une échéance sociale et religieuse majeure.
