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Contre la guerre et les dérives sécuritaires : Le mouvement No Kings bat le pavé aux USA

by Perspectives Med
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Contre la guerre et les dérives sécuritaires : Le mouvement No Kings bat le pavé aux USA

De Minneapolis à Chicago, en passant par Boston, des participants ont défilé avec des pancartes arborant messages anti-guerre et symboles de paix, après un mois de conflit au Moyen-Orient et à l’approche des élections de mi-mandat en novembre. Le mouvement No Kings (« Pas de rois ») a revendiqué une affluence record pour cette troisième journée de mobilisation contre le républicain en l’espace d’un an, avec selon lui au moins 9 millions de protestataires dans plus de 3.300 cortèges. Cela correspond à une augmentation estimée à un million de participants et 600 cortèges supplémentaires par rapport à la journée précédente, en octobre dernier. Ce mouvement s’est affirmé comme le plus important fédérateur de contestation depuis le retour du milliardaire républicain à la Maison Blanche.

Les autorités américaines ne fournissent quant à elles aucun chiffre officiel.

« Nous estimons que la Constitution est menacée de multiples façons. La situation n’est pas normale, pas acceptable. C’est pourquoi nous sommes ici, pour aider à garder les gens en sécurité et veiller à ce que leur voix soit entendue », a déclaré à l’AFP Marc McCaughey, un ancien combattant de 36 ans venu manifester à Atlanta, en Géorgie.

Dans la capitale Washington, à quelques rues de la Maison Blanche, Robert Pavosevich, 67 ans, dit que Donald Trump « ne fait que mentir ». « Je pense que de plus en plus de gens sont en colère, et je pense que les choses vont doucement changer », affirme-t-il. Le président américain, lui, a joué au golf dans son club privé de Floride samedi après-midi.

De Niro à New York

Dans le Michigan, à Lansing, un manifestant brandissait une pancarte « Pas de rois, pas d’ICE (police de l’immigration, ndlr), pas de guerre ». Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues de New York, où l’acteur Robert De Niro, farouche critique de D.Trump, a ouvert la marche. « D’autres présidents ont déjà testé les limites constitutionnelles de leur pouvoir, mais aucun n’a représenté une menace aussi existentielle pour nos libertés et notre sécurité. (…) Il faut l’arrêter », a-t-il exhorté.

De l’autre côté de l’Atlantique, à Rome, Amsterdam, Madrid ou Athènes, ont aussi eu lieu des rassemblements contre le président américain.

Minneapolis, épicentre en début d’année de l’offensive anti-immigration du gouvernement américain, a été choisie comme point névralgique de la mobilisation samedi, avec sa ville jumelle, Saint-Paul, où 200.000 personnes ont manifesté, selon No Kings. La légende du rock Bruce Springsteen y a interprété sa chanson « Streets of Minneapolis », écrite en hommage aux deux Américains tombés sous les balles d’agents fédéraux lors d’opérations de la police de l’immigration, Renee Good et Alex Pretti.

A la tribune de cette ville démocrate du Midwest, le gouverneur du Minnesota Tim Walz a remercié la population de s’être opposée à un « dictateur en herbe » comme D.Trump. « Nous n’accepterons jamais un président qui est un menteur pathologique, un kleptocrate et un narcissique qui sape la Constitution des États-Unis et l’État de droit chaque jour », a renchéri Bernie Sanders, ancien candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle.

Un message acclamé par une foule persuadée que l’alternance politique est proche. D. Trump « est incompétent, il n’a aucune idée de ce qu’il fait », peste Gina Bilotta-Racelis. La septuagénaire dénonce la guerre au Moyen-Orient déclenchée par le président, sans l’aval du Congrès. « Je pense qu’ils vont perdre » les élections de mi-mandat, lâche-t-elle. « Si on suit les sondages, on voit que c’est en train d’arriver, jour après jour. » Sur les marches du Capitole de l’Etat, une grande bannière résumait l’état d’esprit général: « La Révolution débute au Minnesota ».

A signaler que l’activiste palestino-américaine Nardeen Kiswani a révélé que les autorités américaines l’avaient informée avoir déjoué un complot visant à l’assassiner, suite à une opération de sécurité menée à Hoboken, dans le New Jersey, en lien avec ce complot. Dans une publication sur X, elle a ajouté que des incitations à la haine à son encontre se poursuivaient depuis des mois de la part de personnalités politiques et d’organisations sionistes.

Kiswani, âgée de 31 ans, est une activiste palestino-américaine qui a mené des manifestations à New York contre la guerre à Gaza à travers le mouvement « Within Our Lifetime », qu’elle a cofondé. Dans sa publication, elle a déclaré que cette menace ne la dissuaderait pas de poursuivre son militantisme, soulignant qu’elle continuerait à défendre le peuple palestinien.

Selon le maire de New York, Zahran Mamdani, le suspect était membre d’un groupe affilié à la Ligue de défense juive, que le FBI classe comme « organisation extrémiste ». Sur X, il a ajouté que les investigations indiquent que le suspect fabriquait des engins incendiaires destinés à cibler le domicile de Kiswani et qu’il prévoyait de fuir en Israël après avoir perpétré l’attaque.

Z. Mamdani a considéré cet incident comme un signe de l’escalade des menaces et des actes de violence à travers le pays visant les défenseurs palestiniens des droits de l’homme, soulignant qu’il n’y aurait aucune tolérance pour « l’extrémisme violent » à New York.

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