Le chef de la diplomatie a indiqué que Rabat déplorait « la mise à mal de la stabilité » régionale, à travers « des dispositions législatives, la dépossession des terres palestiniennes et les attitudes des colons israéliens ». À ce titre, il a insisté sur « la stabilité en Palestine » comme élément « nécessaire à la stabilité régionale ». N. Bourita a réitéré l’indignation du Maroc à l’égard des instabilités qui concernent tout autant Al-Qods et la mosquée d’Al-Aqsa. « La situation est inquiétante et nous espérons que la paix sera restaurée, pour permettre le passage à la deuxième phase de retour de la paix dans la bande de Gaza », a-t-il dit et rappelé que « la question palestinienne n’est pas un sujet de circonstance, mais un élément clé de la solution de paix dans la région ». Plus, il a mis en garde sur le fait que « la situation ne doit pas sortir du contrôle ». Selon lui, la réussite du plan de paix à Gaza est tributaire de la stabilité en Cisjordanie et toute déstabilisation de l’autorité palestinienne est « une atteinte à toute solution de paix à Gaza ».
A rappeler que Petr Macinka, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la République tchèque, a affirmé l’appui de Prague à la position marocaine pour le Sahara. Reçu ce jeudi à Rabat par son homologue marocain, il a affirmé qu’«il n’y a pas de meilleure solution» au différend régional. Lors d’un point de presse à l’issue de la rencontre entre les deux parties, le responsable a salué « les initiatives positives de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en faveur du développement régional », surtout dans les provinces du sud et notamment dans la région de Dakhla. « Nous apprécions particulièrement les progrès accomplis dans la région que vous appelez le Sahara marocain et nous prenons connaissance de la solution que vous mettez en œuvre », a déclaré P.Macinka. Selon lui, la solution proposée par Rabat à travers l’autonomie sous la souveraineté du Maroc « est tout à fait réalisable ».
« Je m’oppose fermement à ce que l’on appelle le politiquement correct, qui tente généralement de masquer une réalité que tout le monde connaît. C’est pourquoi, je comprends parfaitement le sens aigu des réalités et le réalisme des responsables marocains, lorsqu’ils utilisent des termes comme «Sahara marocain». Je pense qu’un jour, chacun comprendra la vérité et la situation réelle », a-t-il encore ajouté. Dans ce contexte, il a souligné le choix naturel porté sur le Maroc pour sa toute première visite en Afrique du Nord, depuis la prise de ses fonctions. « Il ne s’agit absolument pas d’un simple déplacement de courtoisie, mais bien d’une visite dans un pays ami et partenaire stratégique », a-t-il soutenu. À ce titre, les discussions ont porté principalement sur la continuité du « renforcement des relations politiques et économiques, mais également les questions de sécurité et la coopération militaire», le Maroc étant le « principal partenaire commercial » de la République tchèque en Afrique.
La dynamique de cette coopération devrait tirer profit de la croissance qu’elle connaît, depuis ces trois dernières années et avec le soutien de Prague à la position marocaine sur le Sahara, lors de la visite de N. Bourita en octobre 2023. Selon P.Macinka, « les échanges bilatéraux ont dépassé le milliard de dollars par an, atteignant un record de 1,6 milliard en 2025 .Nous souhaitons poursuivre nos efforts et pour cela, je suis accompagné d’une importante délégation de 25 grandes entreprises, en collaboration avec la Chambre de commerce tchèque, représentant des secteurs tels que la gestion de l’eau, la santé, l’industrie, l’agriculture, les transports, mais aussi l’industrie de la défense. »
N. Bourtia a souligné pour sa part la « volonté partagée » des deux pays de faire évoluer leurs liens « d’amis à ceux de partenaires stratégiques », en capitalisant sur le « potentiel encore inexploité » de cette dynamique. « Nous avons tous les atouts nécessaires, avec des rapports de confiance et des positions claires et constructives, à commencer par celle sur le Sahara. Ce sont des bases encore plus solides pour notre partenariat renforcé », a-t-il fait valoir. En mettant l’accent sur le potentiel de coopération bilatérale dans le domaine de l’industrie militaire et de défense, mais aussi dans le secteur automobile et aéronautique, outre l’accès au marché africain. En effet, la visite de P. Macinka intervient avec la tenue d’un Forum économique Maroc – République tchèque, inauguré jeudi. L’objectif est de soutenir aussi bien le travail des acteurs économiques des deux pays que les intérêts de Rabat au sein de l’Union européenne (UE), à travers Prague. Selon le chef de la diplomatie marocaine, cette dynamique est également un soutien à « l’entrée de terrain des opérateurs marocains au sein du marché de l’Europe centrale et orientale ». La coopération bilatérale devra concerner tout autant les secteurs de l’innovation, de l’agroalimentaire, de la cybersécurité et de la digitalisation, parallèlement au dialogue politique qui bénéficie d’un rapprochement des positions internationales du Maroc et de la République tchèque.
