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Flambée des produits pétroliers : L’Exécutif, interpellé, a choisi de voler au secours des professionnels du transport

by Perspectives Med
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Flambée des produits pétroliers : L’Exécutif, interpellé, a choisi de voler au secours des professionnels du transport

La décision prise par l’Exécutif tend à faire face à la flambée du cours du pétrole sur les marchés internationaux et leur impact sur les prix des hydrocarbures au niveau national, précise le département du Chef du gouvernement dans un communiqué.

« Le gouvernement vise, à travers cette aide directe et exceptionnelle, dédiée aux professionnels concernés, à contenir l’effet de la hausse des prix des hydrocarbures sur le marché intérieur, afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens, de garantir l’approvisionnement normal et régulier des marchés et la continuité des chaînes logistiques, en plus du maintien de la mobilité des citoyens et des services de transport », ajoute le communiqué.

Les professionnels du transport concernés pourront, à compter du vendredi 20 mars 2026, s’inscrire sur la plateforme https://mouakaba.transport.gov.ma dédiée à cet effet, qui leur permettra de déposer leurs demandes, selon leurs catégories, et d’en faire le suivi électronique et ce, à l’instar de l’opération précédente.

Les catégories bénéficiaires de cette aide gouvernementale exceptionnelle comprennent, notamment, le transport des marchandises, le transport public privé des voyageurs, les petits taxis, les grands taxis, le transport mixte, les autocars de transport des voyageurs et le transport touristique, conclut la même source.

A signaler que les députés de l’opposition ont appelé également le gouvernement à une intervention, tout en les questionnant sur les fluctuations des prix à la pompe.

Hamid Darrak, membre du groupe parlementaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) à la Chambre des représentants, a adressé une question à la ministre de l’Économie et des finances, en s’interrogeant sur « la rapidité de cette augmentation par rapport à la lenteur de la baisse ». « Les opérateurs de distribution augmentent leurs prix très rapidement dès que le marché mondial progresse, tandis que la baisse en cas de repli est très lente, parfois de l’ordre de quelques centimes », a-t-il noté.

Selon le député, cette situation « soulève des questions quant à la transparence et aux mécanismes de définition des prix » et « interroge le niveau des réserves nationales de carburants, ainsi que leur capacité à garantir la stabilité des prix et à résister aux crises internationales ».

La ministre de l’Economie et des finances a été également interpellée par des membres de la Chambre des conseillers. Parmi eux, Khalid Satti, le représentant de l’Union nationale des travailleurs du Maroc (UNTM), a indiqué que cette hausse des prix prenait effet « alors que les données montrent que les entreprises de distribution n’ont pas encore rempli leurs obligations relatives à la constitution d’une réserve stratégique de carburant, comme l’exigent les dispositions en vigueur ». Dans ce contexte, le conseiller s’est interrogé sur le recours par l’exécutif « aux outils juridiques dont il dispose (…) et qui l’autorisent à intervenir exceptionnellement pour réguler les prix ou limiter leurs hausses, pendant une période pouvant atteindre six mois ».

D’autres ministres ont été questionnés par les élus des deux Chambres. Au sein du groupe parlementaire du Mouvement populaire, Mohamed Ouzzine a saisi la ministre de la Transition énergétique et du développement durable. Dans sa question écrite, il a rappelé les termes du discours royal prononcé en ouverture de la première session de la première année législative de la onzième législature (le 8 octobre 2021), appelant à « établir un système national global relatif à la réserve stratégique de matières premières essentielles, notamment alimentaires, sanitaires et énergétiques, et à actualiser en permanence les besoins nationaux de manière à renforcer la sécurité stratégique du pays ». Dès lors, « si la loi 09.71 impose un stock de réserve suffisant pour couvrir soixante jours de consommation afin de garantir la souveraineté énergétique, ces garanties légales disparaissent totalement en période de crise, du moment que la réserve n’a aucun effet sur la limitation des hausses de prix immédiates ».

Dans ce sens, le député a questionné la ministre sur les mesures prises pour établir le « système national intégré de réserves stratégiques », ainsi que sur le rythme de fluctuation des prix nationaux par rapport aux cours internationaux, ou encore les mécanismes de contrôle pour remédier à « cette disparité injuste» et «le niveau réel des réserves actuelles ».

Rachid Hammouni, membre du bureau politique du Parti du progrès et du socialisme (PPS) et chef du groupe parlementaire de la formation, a également saisi la ministre en rappelant que « l’instabilité internationale et les conflits armés en cours contribuent indéniablement à cette flambée des prix », mais qu’« il est tout aussi important que le gouvernement surveille, analyse et anticipe les répercussions de la conjoncture internationale ». A ses yeux, « cette nouvelle vague de hausses de prix ne peut se justifier uniquement par la conjoncture internationale, mais résulte également des pratiques de profiteurs de crise ». Il a ainsi questionné la ministre sur les « mesures d’urgence pour plafonner progressivement les prix du diesel et de l’essence, réglementer et contrôler le marché des carburants et éliminer les transactions illicites, garantir des capacités de stockage de carburant adéquates, tout en trouvant une solution pratique et constructive pour remettre en service la raffinerie Samir ».

Dans cette question adressée aussi au ministre de l’Industrie et du commerce, R. Hammouni s’est interrogé sur les sanctions des «pratiques de corruption des principaux intermédiaires, spéculateurs et monopoles», ou encore «les mécanismes douaniers et fiscaux» de réduction.

Le chef du gouvernement a également été interpellé. A ce titre, Fatima Tamni, députée de la Fédération de la gauche démocratique (FGD) a appelé à « une intervention de l’État pour réguler le marché et protéger le pouvoir d’achat». Selon elle, la situation «relance le débat sur les effets de la décision de 2015 de libéraliser les prix des carburants ».

« Le Conseil de la concurrence a déjà signalé l’existence de déséquilibres dans le fonctionnement du marché des carburants et les profits importants réalisés par distributeurs après la libéralisation, ce qui a alimenté le débat public sur la nécessité de renforcer les mécanismes de réglementation et de surveillance », a écrit la députée. Dans ce sens, la députée s’est interrogé si ces évolutions « ont été soumises au Conseil de la concurrence pour vérifier d’éventuelles pratiques anticoncurrentielles ». Elle a aussi questionné le chef de l’exécutif sur « les mesures réglementaires pour contrôler le marché» et pour «renforcer la souveraineté énergétique du Maroc, notamment par la remise en service de la raffinerie de Samir ».

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