Nasser Bourita a profité de cette tribune internationale pour détailler les principes de la politique migratoire du Maroc, en place depuis septembre 2013. affirmant que « le Royaume dispose d’une vision claire et cohérente, guidée par les Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Leader africain sur la question migratoire ».
En effet, le souverain a été mandaté par l’Union africaine pour présenter la vision du continent sur ce sujet lors du sommet UA-UE de novembre 2017 à Abidjan, où il a cherché à rectifier certaines idées fausses largement répandues en Europe concernant la migration.
Le chef de la diplomatie a expliqué que « le Maroc, en tant que pays d’origine, de transit et de destination, défend une approche fondée sur la solidarité, la responsabilité partagée et les solutions conjointes ». Il a salué « le partenariat maroco-espagnol, reflet d’une approche pragmatique et efficace ».
Le ministre a souligné que la politique migratoire du royaume est en accord avec « l’Agenda africain sur la migration, approuvé par l’Union africaine comme cadre continental de référence ». Elle repose également sur « l’engagement constant du Maroc dans la mise en œuvre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, adopté à Marrakech en décembre 2018 », et entériné par l’Assemblée générale de l’ONU le même mois.
Fort de son leadership, le Maroc accueille à Rabat le siège de l’Observatoire africain de la migration, inauguré officiellement le 18 décembre 2020, coïncidant avec la Journée internationale des migrants.
Dans son discours, le ministre a averti que la migration « est trop souvent politisée et réduite à des slogans, alors que les migrants représentent une force économique et sociale essentielle ». Il a également noté que « le système multilatéral, censé soutenir les efforts des États, est fragilisé par l’écart entre son mandat et les ressources limitées qui lui sont allouées » et mis en garde contre « le risque que la prochaine réunion d’examen du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières ne devienne qu’un « exercice procédural » au lieu d’une véritable opportunité pour renforcer la gouvernance concertée de la migration ».
Lors de son discours au sommet UA-UE de novembre 2017 à Abidjan, le roi Mohammed VI avait déjà contesté certaines « vérités infondées » sur les migrants africains, affirmant que la migration africaine « n’est pas intercontinentale, mais d’abord intra-africaine : sur 5 Africains qui se déplacent, 4 restent en Afrique ». Il avait également précisé que « la migration irrégulière n’est pas majoritaire : elle ne représente que 20 % de la migration internationale; la migration n’appauvrit pas les pays d’accueil : 85 % des gains des migrants restent dans les pays d’accueil. Et enfin, il n’y a plus de distinction entre pays d’émigration, de transit et d’installation ».
