Le Réseau marocain des organisations de retraités (RéMOR) a annoncé que la Journée internationale des personnes âgées, célébrée chaque 1er octobre, sera marquée cette année par une journée nationale de protestation. L’organisation entend dénoncer ce qu’elle qualifie d’«exclusion gouvernementale systématique et continue » dont sont victimes les retraités (es), ayants droit et veuves.
Le RéMOR précise dans un communiqué qu’une grande manifestation nationale centralisée se tiendra mercredi 1er octobre devant le Parlement à Rabat pour dénoncer les « conditions catastrophiques » vécues par cette frange de la population. Le réseau pointe du doigt la détérioration alarmante du pouvoir d’achat, l’augmentation constante du coût de la vie et la faiblesse des pensions, jugées incapables de couvrir même les besoins les plus élémentaires, sans oublier l’absence d’une couverture sanitaire universelle.
Le communiqué accuse en outre le gouvernement d’adopter une politique de « procrastination et de désinformation médiatique », dénonçant un discours officiel qui, selon lui, « sème l’illusion » et se trouve en totale contradiction avec la réalité quotidienne.
Le RéMOR rappelle que son dossier revendicatif, déjà connu, comprend plusieurs points fondamentaux, dont une augmentation immédiate et effective des pensions, adaptée à la flambée des prix, la généralisation de la couverture sanitaire universelle, avec la garantie de la gratuité et d’un traitement préférentiel, la réalisation de la justice sociale et l’amélioration des services sociaux ainsi que la libération des institutions sociales de toute forme de corruption. Comme il s’est déclaré indigné face au « refus du gouvernement de répondre aux revendications des retraités et à son exclusion systématique de toute concertation », malgré le discours officiel sur « l’État social » qui, dans les faits, engendre Elle tient l’ensemble des parties concernées pour responsables l’exclusion et la marginalisation.
Le communiqué rejette également « toute législation visant à liquider les acquis historiques » et alerte contre la privatisation des services sociaux. Il souligne que toute réforme des régimes de retraite devrait d’abord passer par une prise en charge de la situation des retraités actuels. Et apporte son soutien à toutes les luttes légitimes, tout en dénonçant « le non-respect par le gouvernement d’accords conclus auparavant, tels que celui du 26 avril 2011 ainsi que ceux des 10 et 26 décembre 2023 ».
La jeunesse s’agite
Sur les réseaux sociaux, dont la plate-forme dédiée MoroccanYouthVoice, les appels aux jeunes à participer à des marches se multiplient, pour une meilleure qualité des services de l’éducation et de la santé. Nommé la Marche de la Jeunesse Marocaine, l’événement est prévu durant le week-end des 27 et 28 septembre dans plusieurs villes. L’appel expose aussi les raisons de la manifestation, les revendications, les règles, ainsi que les lieux choisis pour les sit-.
En français et en darija, MoroccanYouthVoice exige des « services publics dignes de notre nation ». Dans sa section « Pourquoi nous protestons », la plateforme se veut on ne peut plus claire. « Aujourd’hui, des chiffres alarmants soulignent l’urgence d’agir : en éducation, 45% des classes sont surchargées, 30% des élèves en milieu rural abandonnent, les écoles souffrent d’un manque d’enseignants qualifiés, d’infrastructures obsolètes et de matériel pédagogique insuffisant », y lit-on.Et d’abonder en assurant que le Maroc « ne compte qu’un médecin pour 1 000 habitants, 60% du matériel médical est obsolète, les spécialistes sont rares, les centres de santé sont sous-équipés et l’accès aux soins reste très limité ». Et d’ajouter que « ces réalités rendent impératif de faire entendre nos voix ensemble pour l’avenir de notre pays ».
MoroccanYouthVoice définit également des règles pour les participants, en soulignant que la manifestation sera « pacifique et fondée sur le principe de non-violence ». Les initiateurs insistent sur le fait qu’« aucune forme de violence, agression ou vandalisme ne sera tolérée » et appellent les participants à respecter « les citoyens et les forces de l’ordre », en agissant avec « politesse et courtoisie ». Ils insistent également sur le fait que « détériorer des biens publics ou privés » est strictement interdit, qu’« aucune arme ou objet dangereux ne doit être apporté », et que l’infrastructure doit être préservée. En même temps, les participants sont encouragés à « prendre des photos et à les partager sur les réseaux sociaux pour diffuser une conscience positive », tout en respectant les horaires et le programme des événements annoncés. Les organisateurs appellent également à coopérer avec les bénévoles et le personnel, pour assurer le travail d’équipe et le succès de l’initiative.
Les lieux publics dans les villes de Casablanca, Rabat, Marrakech, Fès, Meknès et El Jadida, accueilleront les sit-in dès 18 heures.
