« Le 13 août, Sion a été transféré d’une clinique de Mohammedia à une autre à Casablanca [après une chirurgie cérébrale, ndlr], où il se trouve toujours dans une salle de réanimation, dans un état comateux critique », fait savoir l’entourage, dans sa déclaration écrite. « Nous suivons son état de santé à chaque instant, dans un silence mêlé à la fois d’espoirs et de craintes, le personnel médical nous ayant informés que Sion souffrait d’une infection pulmonaire due à l’hémorragie cérébrale qui l’a plongé dans le coma », ont-ils ajouté.
La même source ajoute que « malgré quelques légers signes d’amélioration, la situation reste critique et complexe ». L’équipe médicale a recommandé d’interdire les visites, afin de protéger le patient de toute infection potentielle. « Seul un membre de ses proches a été autorisé à communiquer avec l’équipe médicale administrative », souligne-t-on.
Au-delà de l’aspect médical, l’entourage insiste sur le nécessaire suivi juridique de l’incident, afin d’éclairer sur ses circonstances. Après les correspondances du 15 août et la déclaration publique du parquet, le 19 courant, « une lettre a été adressée à la présidence du ministère public, le 22 août, demandant d’intensifier les efforts pour découvrir la vérité sur ce qui est arrivé à Sion, notamment en recourant à la médecine légale ».
Pour l’heure, une enquête est en cours d’instruction par la police judiciaire sous la supervision du parquet. L’intervention au domicile de S. Assidon a été décidée après que deux employés se sont présentées, le 11 août dernier, indiquant que le concerné ne s’était pas rendu à son lieu de travail et qu’il restait injoignable.
Le procureur général du roi près la Cour d’appel de Casablanca avait déclaré que l’enquête pour définir les circonstances dans lesquelles le militant des droits humains a été trouvé inconscient à son domicile suivait son cours. Dans un communiqué, le parquet explique que deux employés s’étaient présentées à la police, le 11 août dernier, indiquant que le concerné ne s’était pas rendu à son lieu de travail et qu’il restait injoignable. Devant son domicile dans la ville de Mohammedia, ils avaient constaté que sa voiture était toujours garée.
Selon le communiqué, la police judiciaire s’est aussitôt rendue sur place. Après avoir ouvert la porte d’entrée grâce à un spécialiste, les enquêteurs ont trouvé un escabeau, une scie, une pioche et un sécateur dans le jardin de la maison, outre des restes de végétaux taillés. À l’intérieur du domicile, S. Assidon a été retrouvé inconscient mais encore en vie, sur un canapé. Il a immédiatement été transféré à l’hôpital.
La même source indique qu’à l’intérieur, les enquêteurs ont trouvé également plusieurs objets personnels du militant, coordinateur national du mouvement BDS Maroc. Parmi ces effets figurent des chaussures avec des traces d’herbes, un téléphone portable, des clés, deux ordinateurs portables et des livres rangés, sans trace d’effraction.
Par ailleurs, une caméra de surveillance installée devant la maison au coin de la rue où l’activiste habite a montré que ce dernier était rentré chez lui seul, le 9 août à 10h36, portant les mêmes habits avec lesquels il a été trouvé deux jours plus tôt. Les images indiquent également que sa voiture était restée garée au même endroit, jusqu’à l’arrivée de la police. Sur place, celle-ci a effectué des prélèvements biologiques et d’empreintes sur les outils et dans le domicile. Les résultats ont révélé uniquement les empreintes du résident.
Concernant les témoignages des voisins, le procureur général a affirmé qu’un ouvrier travaillant dans la maison voisine a déclaré avoir vu S. Assidon, samedi après-midi, occupé à tailler les arbres sur une échelle. Pour sa part, le propriétaire de la maison voisine a dit avoir demandé au militant de tailler les plantes de son jardin ce même jour et l’avoir vu faire.
A la lumière des éléments recueillis, le parquet indique que l’enquête en cours devrait déterminer les circonstances des faits pour envisager les suites adéquates. Depuis l’incident, S. Assidon a été opéré pour une décompression cérébrale dans sa ville de résidence, avant d’être transféré à l’hôpital universitaire international Cheikh Khalifa de Casablanca, où il est admis en soins intensifs.
