M.B. Qalibaf a fait ces remarques lors d’une séance publique du Parlement, dimanche, alors que la République islamique d’Iran se prépare à répondre à une nouvelle proposition américaine concernant un éventuel accord nucléaire. Il a critiqué la proposition américaine, affirmant qu’elle omet de mentionner la levée des sanctions imposées à l’Iran, ce qui, selon lui, illustre l’incohérence de Washington et son manque de bonne foi dans les pourparlers indirects avec Téhéran. Il a souligné que, bien que les États-Unis affichent une attitude soi-disant amicale en évoquant l’ouverture économique, leurs actions révèlent une volonté de priver l’Iran de son droit international à enrichir de l’uranium.
Étant donné cette contradiction entre le discours et les actes des responsables américains, M.B. Qalibaf a déclaré qu’aucune logique ne pourrait justifier l’acceptation d’un accord unilatéral et imposé de force. Il a adressé, en outre, un message direct au président américain, l’avertissant que s’il souhaite réellement parvenir à un accord, il doit revoir sa stratégie et cesser de se coordonner avec le régime sioniste et de poursuivre les idées ratées de B. Netanyahu.
Le responsable iranien a fait valoir la loi adoptée par le Parlement iranien en décembre 2020 visant à contrer les sanctions imposées par l’Occident tout en soutenant le développement du programme nucléaire pacifique de l’Iran. Ce texte, connu sous le nom de Plan d’action stratégique pour contrer les sanctions, stipule que l’Iran est disposé à prouver la nature pacifique de ses activités nucléaires. En contrepartie et en vertu de cette loi, Téhéran exige la levée des sanctions et des bénéfices économiques, tout en continuant l’enrichissement de l’uranium sur son territoire.
Dans le cadre de ses efforts diplomatiques, Téhéran et Washington ont tenu cinq tours de négociations indirectes, avec la médiation du Sultanat d’Oman, sur le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions américaines. Quelques jours après le cinquième tour de négociations, Oman a présenté des éléments de la proposition américaine à l’Iran lors d’une courte visite à Téhéran.
Selon certains rapports, cette proposition permettrait à Téhéran d’enrichir de l’uranium à faible teneur pendant une période temporaire. Cependant, des responsables américains ont déclaré que l’Iran devrait cesser toutes ses activités d’enrichissement de l’uranium et s’appuyer plutôt sur un consortium régional pour son approvisionnement.
Mercredi dernier, l’Ayatollah Sayed Ali Khamenei, a déclaré que l’Iran ne permettrait pas aux États-Unis de donner « leur feu vert ou leur fer rouge » à son programme nucléaire et a souligné « l’indépendance nationale » du pays.
L’Iran a vivement critiqué les États-Unis pour leur dernière série de sanctions illégales et unilatérales, qualifiant ces mesures coercitives de « signe supplémentaire de l’hostilité profonde et durable de Washington envers le peuple iranien ». Dans un communiqué publié, samedi, Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a condamné ces mesures coercitives, annoncées par le département du Trésor américain visant des dizaines d’individus et d’entreprises que Washington accuse d’être liés aux secteurs commercial et bancaire de la République islamique.
E. Baghaï a dénoncé cette décision, qu’il a qualifiée de politiquement motivée et sans fondement, d’illégale et de violation des normes juridiques internationales.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne a déclaré que ces sanctions s’inscrivaient dans le cadre d’une campagne plus large et ratée de coercition économique, visant à exercer la prétendue « pression maximale » des États-Unis contre l’Iran. « Ces sanctions sont non seulement illégales et contraires au droit international, mais elles constituent également une nouvelle preuve de l’hostilité profonde et persistante de l’administration au pouvoir aux États-Unis envers la nation iranienne », a-t-il noté. Avant d’ajouter que « ces mesures visaient à accroître la pression sur les citoyens iraniens ordinaires en les privant de leurs droits humains fondamentaux et de leurs opportunités économiques ».
« De tels actes ne feront que renforcer la détermination du peuple iranien à défendre ses droits légitimes et ses intérêts nationaux face aux exigences excessives des États-Unis », a-t-il indiqué. Ces sanctions ont été mises en place malgré les pourparlers indirects en cours entre les États-Unis et l’Iran, menés sous la médiation d’Oman depuis avril.
L’Iran a toujours affirmé que ces pourparlers devaient aboutir à une levée concrète et effective des sanctions illégales. Les responsables iraniens ont souligné qu’ils continueraient à utiliser diverses alternatives pour contourner les sanctions si Washington choisissait de maintenir, et même d’intensifier ses mesures coercitives au lieu de recourir à la négociation.
Massoud Pezeshkian, président iranien, a déclaré samedi, lors d’une rencontre avec Murat Nurtuliu, ministre kazakh des Affaires étrangères, que « le prétexte du programme nucléaire pacifique de l’Iran est invoqué, alors que nous avons déclaré et prouvé à maintes reprises que nous n’avons jamais cherché et ne chercherons jamais à nous doter d’armes nucléaires ou d’armes de destruction massive ». Il a souligné que « les activités nucléaires de l’Iran sont menées en toute transparence », notant que « l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) l’a confirmé à plusieurs reprises ».
Le président iranien, tout en déclarant que « Téhéran est prêt à se soumettre à des inspections », exprimant son rejet de « toute privation des peuples de connaissances, de technologies et de réalisations scientifiques », estimant que « priver les peuples de l’accès aux technologies vitales dans les domaines de la santé, de l’agriculture et des innovations scientifiques revient à priver l’humanité des bienfaits de Dieu, ce qui est inacceptable ». Il a souligné que « l’Iran n’acceptera jamais la tyrannie ni l’intimidation », exprimant « la volonté constante de la République islamique d’Iran d’entendre raison ». Il a ajouté : « Nous n’accepterons pas que d’autres décident de notre avenir et du sort de notre peuple ».
M. Pezeshkian a également noté que « les peuples musulmans, en partageant leurs capacités, peuvent bâtir un avenir fondé sur le développement, le progrès et la prospérité pour leurs sociétés ».
Le président iranien a précédemment affirmé que « l’Iran progressera, que les sanctions soient maintenues ou levées ».
De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré que son pays « ne tolérerait personne sur la question de l’enrichissement de l’uranium ».
