Le diesel russe, de qualité et bon marché, continue de faire le bonheur des distributeurs qui se partagent l’approvisionnement du marché local en hydrocarbures. La tendance qui se profile pour l’année en cours reste la même avec les 0,8 million de tonnes déjà exportées en janvier. Le Maroc ne fait pas exception puisque d’autres marchés, plus gros, tels la Turquie, ou encore le Brésil, ont siphonné respectivement 13,5 millions de tonnes et 6,5 millions de tonnes. Mais là où le bat blesse, c’est que le consommateur final ne profite pas, dans le cas marocain, de cette aubaine.
Lorsque le pot aux roses a été dévoilé, plusieurs groupes parlementaires avaient réclamé la mise en place d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur cette affaire. Des parlementaires sont allés jusqu’à appeler à la mise en place d’une commission d’enquête pour élucider cette affaire, soulevant des questions quant à la transparence des transactions et aux éventuels liens politico-économiques. Une agitation qui a poussé des acteurs majeurs de la distribution de carburant au Maroc à nier avec la dernière énergie, réseaux sociaux en appui, toute implication dans l’importation de diesel russe. Ils ont affirmé ne pas avoir procédé à des importations directes ou indirectes de ce carburant, tout en soulignant, et c’est bien là où réside la nuance, l’absence de restriction légale en la matière. A l’époque, des pays européens qui observait le boycott des produits énergétiques russes dans le sillage du conflit ukrainien avaient fait grand cas du trafic qui se faisait au large des côtes marocaines…
Mais quid d’aujourd’hui, avec les nouvelles données révélées par le LSEG ? La question mérite toute l’attention à l’heure où le pays ne se contente pas d’importer l’inflation, mais la génère localement. Avec le poids du diesel dans le cycle économique. Le Conseil de la concurrence devrait réagir en s’imprégnant des données de la respectable institution londonienne pour éclairer l’opinion sur la réalité des prix…
Quoi qu’il en soit, le diesel russe reste attractif pour nombre de pays africains. A cause notamment de son coût compétitif par rapport au Brent, le prix de référence international du pétrole, une économie moyenne de 2,5 dollars le baril est ainsi réalisée, selon les données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). En outre, sa composition moins soufrée le place en tête des choix écologiques. Plus, la Russie a réussi le challenge de la diversification de ses débouchés tout en consolidant sa présence en Asie. Cette région est ainsi devenue sa première destination d’exportation, avec une croissance de 56 % en 2023.
