Les Relations Publiques du CGRI ont annoncé que la vague a été lancée « en soutien et en appui aux frappes honorables de la Résistance Islamique au Liban – Hezbollah, et au peuple opprimé du Sud-Liban », et en hommage au martyr conducteur Mohammad Dalvand et à tous les conducteurs de camions et chauffeurs, sous le slogan béni « Ô Toi, dont la force est immense ». Lors de l’opération, le commandement militaire de l’armée d’occupation, situé au nord de la ville de Safed, et qui assure la mission de commandement et de déploiement des forces pour l’attaque et la défense sur la frontière nord de la Palestine, a été visé.
Les Gardiens ont considéré que cette opération est le début de la série d’opérations annoncées précédemment par eux contre l’entité sioniste, où « les rassemblements des forces sionistes dans le nord de la Palestine occupée et dans la ceinture de Gaza seront ciblés sans aucune réserve, sous les feux des attaques de missiles et des drones lourds de la République Islamique d’Iran ».
Dans le même contexte, des objectifs ont été frappés au cœur des territoires occupés : Tel-Aviv, Kiryat Shmona, Bnei Brak, ainsi que les bases de l’armée américaine à Ali Al-Salem et Arifjan au Koweït, Al-Azraq en Jordanie, et Cheikh Issa à Bahreïn. Le CGRI indiqué que le ciblage des bases s’est fait à l’aide de systèmes de missiles à carburant liquide et solide, de missiles de précision et de drones suicides et conclu en disant que « cette vague se poursuivra ».
Il est à noter que les Gardiens de la Révolution avaient annoncé, au milieu de la nuit de mardi à mercredi, le ciblage d’Eilat et des stations de réception satellite qui fournissent des services à l’armée d’occupation israélienne.
Les rapports des médias israéliens ont fait état de la chute de projectiles iraniens à sous-munitions lors du dernier bombardement sur 30 endroits, dont 6 sites à Tel-Aviv et ses environs. Ils ont mentionné que des explosions successives ont été entendues à Hadera et Tel-Aviv, qualifiées de violentes, parallèlement à l’ascension d’une épaisse fumée noire à Hadera suite au ciblage, le missile étant tombé à proximité de la centrale électrique de la ville. De plus, des projectiles iraniens sont tombés dans la zone de Binyamina au sud de Haïfa, et à Modi’in à l’ouest d’AlQods occupée.
Le Yedioth Ahronoth a pour sa part fait état de la chute d’un missile iranien près de la zone industrielle dans le Néguev. Le CGRI a bombardé aussi les usines chimiques « Rotem » dans le Néguev, au sud de la Palestine occupée. Et un avion israélien en provenance de Larnaca a tenté d’atterrir pour la troisième fois, puis est retourné vers la mer, selon les médias israéliens, parallèlement au bombardement d’Israël depuis le Liban et l’Iran.
L’Abraham Lincoln visé
De son côté, l’armée iranienne a annoncé, dans la nuit de mardi à mercredi, le ciblage du site de déploiement des forces américaines à l’aéroport d’Erbil a été frappé par des missiles sol-sol. Ce site constitue l’un des principaux centres de commandement et de soutien aux opérations américaines et abrite des équipements militaires sophistiqués ; il sert également de quartier général à des groupes séparatistes qui déstabilisent la sécurité des frontières ouest et nord-ouest de l’Iran. Le département des Relations Publiques de l’armée a pour sa part annoncé le lancement de missiles de croisière terre-mer en direction du porte-avions Abraham Lincoln. L’Amiral Shahram Irani, commandant de la force navale de l’armée, a déclaré que « les mouvements du groupe aéronaval ennemi Abraham Lincoln font l’objet d’une surveillance constante ; dès que ce groupe ennemi se trouvera à portée des systèmes de missiles, il sera visé par des frappes foudroyantes de la part de la force navale de l’armée ». Il a affirmé que « la force navale de l’armée détient le contrôle total et l’hégémonie sur le détroit d’Ormuz et le Golfe persique ».
L’Iran poursuit, dans le cadre de son droit légitime, la riposte à l’agression américano-israélienne continue contre elle depuis le 28 février dernier, en attaquant l’entité d’occupation israélienne et les bases américaines dans la région.
Sur le versant libanais, la Résistance Islamique poursuit ses opérations contre des objectifs de l’occupation israélienne pour la défense du pays et de son peuple, à la lumière de l’agression intensifiée depuis le 2 mars courant, laquelle avait été précédée par une violation continue de l’accord de cessez-le-feu.
L’amiral Ali Akbar Ahmadian, représentant du Guide suprême de la Révolution islamique et de la République islamique au Conseil de défense iranien, a répondu aux informations de médias américains selon lesquelles l’administration américaine envisage une intervention terrestre en Iran. Selon le New York Times, le déploiement de la 82e division aéroportée de l’armée de terre américaine est étudié par plusieurs responsables militaires de haut rang notant la possibilité d’utiliser ces forces pour contrôler l’île stratégique de Kharg, avec l’aide de la 31e unité expéditionnaire des Marines (MEU). Plus de 90% du pétrole iranien transite via l’île de Kharg, située à une vingtaine de kilomètres des côtes iraniennes. Axios va même plus loin, en affirmant que son départ vers le Moyen-Orient a déjà été ordonné par le Pentagone, en « prévision d’une nouvelle opération terrestre ».
« Nous attendons depuis des années que les Américains pénètrent dans les zones désignées », a déclaré l’amiral A.A. Ahmadian. « Depuis plus de vingt ans, nous nous entraînons en prévision de l’entrée des Américains, selon une stratégie de guerre asymétrique », a-t-il ajouté. S’adressant aux soldats américains, il a lancé : « Nous n’avons qu’un seul message : Approchez ! »
Le CGRI a, lui aussi répondu à cette menace mardi. S’adressant à la 82e division aéroportée américaine, il a averti qu’elle subira le même sort que les porte-avions Gerald Ford et Abraham Lincoln. « Vous souvenez-vous de Gerald Ford et d’Abraham Lincoln ? qui ont quitté la région sous le poids des frappes et des menaces iraniennes », a mis en garde le CGRI.
Selon la version iranienne des faits, le porte-avions Abraham Lincoln a été contraint de se retirer après avoir été pris pour cible, et le Gerald Ford l’a suivi jusqu’à une base sur l’île grecque de Crète après un incendie à bord, alors que Washington dit qu’il a eu lieu dans les buanderies.
La 82e division aéroportée est l’une des unités d’intervention rapide d’élite les plus importantes de l’armée américaine. Elle se distingue par sa capacité à mener des opérations aéroportées derrière les lignes ennemies et à prendre le contrôle de sites stratégiques tels que les aéroports et les centres de communication avec une grande rapidité, en préparation de l’arrivée de forces plus importantes.
« L’idée, c’est que les Marines rentrent en premier. Ils prennent le plus dur du combat, ils arrivent avec du matériel, ils débarquent et sortent des blindés », explique pour la télévision française BFMTV Romain Mielcarek, journaliste indépendant et chercheur à l’Institut pratique du journalisme. « Les troupes aéroportées arrivent derrière pour relever. Une fois que les Marines ont pris le terrain, les parachutistes sont largués pour venir renforcer et permettre aux Marines de se regrouper et récupérer leurs blessés », poursuit-il.
Mais l’arrivée au Moyen-Orient de la 82e division aéroportée relèverait davantage de « la démonstration de force » pour « faire pression » sur l’Iran, selon Serge Cholley, ancien général français de l’Armée de l’Air. « S’il s’agit de reprendre le contrôle du détroit d’Ormuz, le relief est très difficile et il y a une grande ville : Bandar Abbas. Ce n’est pas avec 1.000, 2.000 ou 5.000 hommes qu’ils pourront en prendre le contrôle », prévient-il sur notre BFMTV.
Un constat partagé par Antoine Basbous, directeur de l’Observatoire des pays arabes. Sur BFMTV, il estime qu’une arrivée de quelques milliers de soldats sur le sol de l’Iran serait « très maigre ». « Toute cette force peut être suffisante pour contrôler l’île de Kharg qui est de 24km² », estime-t-il.
Selon le New York Times, les forces américaines pourraient occuper le détroit d’Ormuz, ce qui constitue « une option extrêmement dangereuse », selon des experts militaires et stratégiques « compte tenu des opérations vastes et complexes qu’elle nécessiterait ». Ces experts s’accordent à souligner que la première étape de toute action militaire visant à ouvrir le détroit consisterait à tenter de priver l’Iran de sa capacité à cibler les navires, un objectif qui n’a pas encore été atteint malgré les frappes américaines et israéliennes répétées.
Selon l’expert Mark Cancian, l’Iran a la capacité de déployer et de dissimuler ses batteries de missiles sur de multiples sites, ce qui les rend extrêmement difficiles à détecter et à cibler. Caitlin Talmidge et Jennifer Parker, relèvent, eux, que l’environnement géographique du détroit, avec son étroitesse et sa proximité avec la côte iranienne, donne à Téhéran un avantage dans l’utilisation de tactiques asymétriques et réduit le temps dont disposent les navires pour faire face aux menaces. Eugene Golts met en garde, lui, contre les risques particuliers liés à l’envoi de navires de guerre pour contrer les attaques de drones et de missiles, soulignant que les systèmes de défense de ces navires n’étaient pas conçus pour faire face à des combats rapprochés dans un environnement complexe comme le détroit d’Ormuz.
Les experts ont également souligné que la possibilité de pertes pour les forces américaines, que ce soit par des morts ou des captures, pourrait conduire à un réexamen de l’option d’escalade militaire, en raison du changement radical qu’elle pourrait entraîner dans les règles d’engagement. C. Talmidge conclut que la « menace iranienne » persistante continuera de perturber le transport maritime et qu’un retour complet à la normale ne sera pas possible par la seule force militaire, mais nécessitera en fin de compte un règlement diplomatique et politique. Même avis de l’ancien secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, qui a mis en garde contre la difficulté d’ouvrir militairement le détroit d’Ormuz, ajoutant que les États-Unis devaient s’appuyer sur la diplomatie pour mettre fin à la crise. « Il serait très difficile d’imposer cela par la force. Il faudrait une surveillance aérienne continue, par satellites et drones, 24 heures sur 24, sans parler de la nécessité de couvrir un littoral beaucoup plus long que celui du Texas », a-t-il déclaré.
A signaler, enfin, que la guerre ne se limite pas à ses conséquences humaines et économiques : elle entraîne aussi un coût environnemental massif, encore largement sous-estimé. Plus de 5 millions de tonnes de CO₂ ont déjà été émises en seulement deux semaines de conflit, et ce, en raison notamment de la destruction d’infrastructures et d’incendies de dépôts pétroliers.
