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Violences sexuelles contre les prisonniers palestiniens : L’indifférence européenne scandalise des eurodéputés

by Perspectives Med
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Violences sexuelles contre les prisonniers palestiniens : L’indifférence européenne scandalise des eurodéputés

Danilo Della Valle, eurodéputé italien du groupe de la Gauche, a déclaré que les abus signalés dans les centres de détention israéliens constituaient une « violence systématique » et non des faits isolés. « La violence systématique infligée aux Palestiniens dans les centres de détention israéliens constitue des crimes contre l’humanité », a affirmé l’eurodéputé. « La dernière enquête publiée par N. Kristof dans le New York Times démontre clairement et en détail qu’il ne s’agit pas d’incidents isolés ou d’abus individuels. »

L’enquête journalistique contient des accusations selon lesquelles des soldats israéliens, des gardiens de prison et des acteurs impliqués dans l’occupation des territoires palestiniens auraient commis des viols et des violences sexuelles systématiques contre des détenus palestiniens, y compris des enfants.

D. Della Valle a critiqué ce qu’il a qualifié de manque de réaction de l’Union européenne face à la multiplication des signalements d’abus. « Malgré des enquêtes crédibles et des rapports documentant de graves violations des droits humains, le silence persistant de l’Union européenne et l’absence de mesures concrètes risquent de donner l’impression d’une complicité institutionnelle », a-t-il déclaré. « Une telle indifférence est incompatible avec l’engagement affiché de l’Union européenne en faveur de la protection des droits fondamentaux et du respect du droit international humanitaire », a-t-il ajouté.

Ces conclusions ont été reprises par Claudio Francavilla de Human Rights Watch, qui a affirmé que ces accusations sont cohérentes avec les recherches menées par son organisation et d’autres groupes de défense des droits humains. « Les éléments indiquant une violence sexuelle généralisée dans les lieux où des Palestiniens sont détenus, et par des personnes impliquées dans ces processus, sont cohérents avec les recherches menées par HRW et d’autres organisations sur cette question », a déclaré Francavilla. Il a appelé à une supervision internationale urgente des centres de détention israéliens, estimant qu’il est « vital » que des enquêtes crédibles soient menées et que les responsables soient traduits en justice.

Francavilla a également demandé un accès immédiat du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et d’observateurs indépendants à tous les centres de détention. « Nous avons à plusieurs reprises demandé à l’UE et à ses États membres de prendre des mesures concrètes pour faire pression sur les autorités israéliennes afin qu’elles mettent fin aux graves violations des droits humains et du droit de la guerre en cours, et qu’elles garantissent la reddition de comptes », a-t-il déclaré.

Dans une tribune intitulée « Le silence qui entoure le viol des Palestiniens », le chroniqueur N. Kristof affirme avoir interrogé 14 hommes et femmes palestiniens ayant décrit des agressions sexuelles et d’autres formes de mauvais traitements lors de leur détention ou d’attaques menées par les forces israéliennes et des occupants. Il indique qu’il n’existe « aucune preuve que les dirigeants israéliens aient ordonné des viols », mais estime que les autorités israéliennes ont mis en place « un appareil sécuritaire où la violence sexuelle est devenue », citant un rapport de l’ONU, présenté comme l’une des « procédures opérationnelles standard » en vigueur.

L’article inclut des témoignages d’anciens détenus faisant état de viols présumés, de passages à tabac, de menaces de violences sexuelles et d’humiliations durant leur détention. L’auteur cite également des rapports d’organisations telles que l’organisation, Euro-Med Human Rights Monitor, Save the Children, B’Tselem et le Comité pour la protection des journalistes, documentant des accusations d’abus sexuels et de mauvais traitements contre des détenus palestiniens. Il fait aussi référence à un rapport de l’ONU de 49 pages publié l’année dernière, accusant Israël de soumettre « systématiquement » les Palestiniens à des « tortures sexualisées ».

L’Allemagne a appelé mercredi à l’ouverture d’une enquête après la publication d’un article du New York Times faisant état d’allégations de torture et de mauvais traitements infligés à des détenus palestiniens par Israël. « Nous avons bien sûr pris connaissance de ces informations. Par principe, le gouvernement fédéral condamne les violences sexuelles dans tous les contextes. Nous ne disposons pas d’informations propres concernant les cas évoqués, c’est pourquoi il est absolument essentiel que ces allégations fassent l’objet d’une enquête et que les auteurs soient tenus responsables », a déclaré Martin Giese, porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, lors d’un point de presse à Berlin. Interrogé sur la possibilité que le gouvernement allemand soutienne l’accès d’organismes indépendants aux prisons israéliennes afin d’enquêter sur ces accusations, il a répondu : « C’est une politique que le gouvernement fédéral défend depuis longtemps. Nous œuvrons pour que le Comité international de la Croix-Rouge ait accès aux prisonniers palestiniens. »

Dimanche, un chroniqueur d’opinion du New York Times a affirmé que des détenus palestiniens avaient subi des violences sexuelles généralisées de la part de gardiens de prison israéliens, de soldats, de colons et d’interrogateurs, en s’appuyant sur des entretiens avec d’anciens détenus ainsi que sur des rapports d’organisations de défense des droits humains.

Colons sanctionnés

La Palestine a salué la décision de l’Union européenne d’imposer des sanctions contre des organisations et individus israéliens qualifiés « d’extrémistes », accusés d’être impliqués dans les activités de colonisation illégale et les violences contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée. « Il s’agit d’un pas important vers la responsabilité et le respect du droit international », a déclaré Varsen Aghabekian Shahin, ministre palestinienne des Affaires étrangères dans un message publié sur X. La responsable palestinienne a appelé à des « mesures concrètes » pour faire face à la colonisation israélienne et aux attaques contre les Palestiniens en Cisjordanie.

Lundi, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont approuvé une nouvelle série de sanctions visant des colons israéliens et des organisations accusées de soutenir les implantations illégales en Cisjordanie occupée.

La Cisjordanie occupée connaît une recrudescence des violences depuis le début de la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza en octobre 2023, marquée notamment par des tueries, arrestations, démolitions d’habitations et l’expansion des colonies, selon des responsables palestiniens.

D’après des chiffres officiels palestiniens, au moins 1.155 Palestiniens ont été tués, environ 11.750 blessés et près de 22.000 personnes arrêtées en Cisjordanie occupée depuis octobre 2023.

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