À son arrivée à l’aéroport, le président russe a été accueilli par Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères, ainsi que par des représentants diplomatiques russes et chinois. Une garde d’honneur était présente, tandis que des écoliers et des étudiants chinois agitaient des drapeaux russes et chinois. Les jeunes ont scandé en chinois : « Bienvenue ! », dans une atmosphère à la fois protocolaire et chaleureuse.
V. Poutine se déplace à Pékin dans une voiture Aurus noire portant des plaques chinoises et appartenant à l’ambassade de Russie en Chine. Ce véhicule présidentiel a été spécialement acheminé depuis la Russie, comme lors des déplacements habituels du chef de l’État à l’étranger.
Cette visite intervient à l’occasion du 25e anniversaire du Traité russo-chinois de bon voisinage, d’amitié et de coopération. Ce texte demeure l’un des fondements des relations entre Moscou et Pékin. La séquence officielle doit s’ouvrir par une cérémonie d’accueil sur la place Tian’anmen, avant des discussions entre V. Poutine et Xi Jinping au Palais de l’Assemblée du peuple. Les deux parties doivent signer une déclaration commune sur le renforcement du partenariat global et de l’interaction stratégique. Près de 40 documents sont attendus dans plusieurs secteurs, notamment l’industrie, le commerce, les transports, la construction, l’énergie nucléaire, l’éducation, le cinéma et la coopération entre agences de presse.
Dans le prolongement de ces échanges, V. Poutine et J. Xi doivent également participer à l’ouverture des Années croisées de coopération russo-chinoise dans le domaine de l’éducation. Les deux dirigeants doivent aussi visiter une exposition conjointe de TASS et Xinhua consacrée à l’histoire des relations entre les deux pays. Des échanges sur les grands dossiers internationaux Le volet économique occupera une place importante dans cette visite. Le président russe doit rencontrer Li Qiang, Premier ministre chinois, afin d’aborder les questions commerciales. La journée doit se poursuivre par une réception officielle donnée au nom de J. Xi, avant un échange en format restreint autour d’un thé. Le Kremlin perçoit cette discussion comme l’un des moments clés du déplacement, car elle doit permettre aux présidents d’aborder directement les grands dossiers internationaux les plus actuels. Les deux dirigeants doivent également signer une déclaration liée à la formation d’un monde multipolaire.
Cette visite confirme ainsi la volonté de Moscou et Pékin de maintenir une coordination étroite et de développer un partenariat durable dans un contexte international marqué par de profondes transformations géopolitiques et par la montée d’un ordre mondial multipolaire.
Le jour même, les forces armées russes ont lancé un exercice de préparation et d’emploi de leurs forces nucléaires dans un contexte de « menace d’agression », a annoncé le ministère russe de la Défense. Les manœuvres, qui se poursuivront jusqu’au 21 mai, se déroulent sur plusieurs sites à travers le territoire russe. Pour cet entraînement, la Russie mobilise les Forces de missiles stratégiques, les flottes du Nord et du Pacifique, le commandement de l’aviation à longue portée, ainsi qu’une partie des forces des districts militaires de Léningrad et du Centre.
Au total, plus de 64 000 militaires et plus de 7 800 unités de matériel militaire sont engagés. Le dispositif comprend plus de 200 lanceurs de missiles, plus de 140 aéronefs, 73 navires de surface et 13 sous-marins, dont huit sous-marins nucléaires stratégiques. Cette mobilisation illustre l’ampleur des moyens déployés par Moscou pour maintenir la pleine capacité de sa dissuasion nucléaire.
Au cours de l’exercice, plusieurs formations des forces nucléaires seront placées en état de préparation opérationnelle. Des tirs de missiles balistiques et de missiles de croisière sont également prévus vers des polygones situés sur le territoire russe. Ces manœuvres visent à améliorer la coordination entre les différents niveaux de commandement, à tester les systèmes de contrôle et de communication, ainsi qu’à évaluer la capacité des forces engagées à remplir leurs missions dans un contexte de prévention de toute agression contre la Russie.
L’exercice comprend également un volet consacré à la coopération avec la Biélorussie. Les deux pays doivent notamment travailler sur les procédures de préparation et d’emploi des armes nucléaires russes déployées sur le territoire biélorusse. La veille du début des manœuvres, le ministère biélorusse de la Défense avait annoncé le lancement d’un entraînement similaire impliquant les unités chargées de l’emploi des armes nucléaires. Minsk a souligné qu’il s’agit d’une activité planifiée dans le cadre de l’Union des deux pays et qu’elle n’est dirigée contre aucun pays tiers. Les armes nucléaires tactiques russes sont déployées en Biélorussie depuis 2023. Alexandre Loukachenko, président biélorusse, avait expliqué que cette décision répondait à l’accélération de la militarisation en Europe de l’Est et au renforcement de l’activité de l’OTAN près des frontières de la Russie et de la Biélorussie.
Sergueï Riabkov a affirmé que la Russie prendrait en compte le renforcement du potentiel nucléaire de l’OTAN dans sa planification militaire. Il a notamment visé les efforts français de dissuasion avancée, estimant qu’ils exposent davantage les pays européens concernés à l’attention stratégique de la Russie.
