Aux premières lueurs du lundi, le Hezbollah a publié un communiqué dans lequel elle a indiqué « avoir ciblé le site de défense antimissile « Mishmar al-Karmel » appartenant à l’armée ennemie, au sud de la ville occupée de Haïfa, avec un barrage de missiles de haute qualité et un essaim de drones ».
« Cette opération est menée en représailles au sang pur du Guide suprême des musulmans, Son Éminence le Grand Ayatollah Imam Sayyed Ali al-Husseini al-Khamenei, que son âme repose en paix, versé injustement et perfidement par l’ennemi sioniste criminel, et pour la défense du Liban et de son peuple, et en réponse aux attaques israéliennes répétées » a précisé le texte de la Résistance. Et de poursuivre : « La direction de la résistance a toujours affirmé que la poursuite de l’agression israélienne et l’assassinat de nos dirigeants, de nos jeunes et de notre peuple nous donnent le droit de nous défendre et de riposter au moment et à l’endroit opportuns. »
« L’ennemi israélien ne peut poursuivre son agression, qui dure depuis quinze mois, sans recevoir un avertissement l’obligeant à y mettre fin et à se retirer des territoires libanais occupés. Cette riposte est un acte légitime de légitime défense, et les responsables et les personnes concernées doivent mettre un terme à l’agression israélo-américaine contre le Liban », lit-on.
C’est la première opération anti israélienne depuis l’entrée en vigueur en novembre 2024, après 66 jours de guerre. Les médias israéliens avaient auparavant accusé le Hezbollah d’avoir tiré des missiles sur Haïfa voire même sur Tel Aviv. L’armée israélienne a plus tard indiqué que plusieurs roquettes tirées depuis le Liban ont atterri dans des zones dégagées sans déclencher les sirènes. « Nous ne permettrons pas au Hezbollah de menacer le nord d’Israël et nous répondrons avec force à son entrée en scène dans la campagne militaire », a-t-elle averti.
Sans tarder, les raids israéliens se sont abattus sur la banlieue sud de Beyrouth, les régions du sud du Liban et de la Békaa.
Dans la banlieue sud, les frappes ont visé des immeubles résidentiels dans les quartiers de Haret Hreik et de Jammous. L’attaque contre la banlieue a été menée sans avertissement préalable et sans publication de cartes, ont constaté les observateurs. Il y aurait 10 martyrs. Dont le directeur de l’Université USAL, Dr Mohamad Reda Fadlallah, frère du défunt Mohammad Hussein Fadlallah.
Au sud du Liban, a rapporté le correspondant d’Al-Manar, les raids sionistes ont ciblé les villes de Tyr et de Nabatieh, ansi que les localités Adshit, Harouf, Toul, Kfour, Zahrani, Hallousiyeh, Badyas, Sultaniyeh, Chahabiyeh, Aitaroune, Kherbet Selem, Deir Qanoune Annahar, … Plus, ajoute-t-il, le raid sur une maison à Toul a causé le martyre de 7 membres d’une même famille. Il est aussi question d’un autre massacre de famille à Chahabiyeh. 3 femmes y ont été tuées selon un premier bilan rapporté par notre correspondant. Dans la localité de Sultaniyeh, 4 martyrs ont été déplorés dont une femme et deux enfants. Les médias ont rapporté une attaque contre une voiture dans la localité de Haroufe dans le district de Nabatiyeh.
Le ministère de la Santé a rendu compte lundi, dans un bilan encore provisoire de 31 martyrs, dont 20 dans la banlieue sud de Beyrouth et 11 au sud du Liban. Il y a eu 149 blessés : 91 dans la banlieue sud et 58 dans le sud. Bilan alourdi, entre-temps.
Un important mouvement de déplacement des habitants a eu lieu depuis le sud, la Békaa occidentale et la banlieue sud de Beyrouth. Des écoles ont ouvert leurs portes dans la capitale pour accueillir les déplacés. La porte-parole de l’armée israélienne a diffusé un ordre d’évacuation de 53 villes et localités libanaises du sud et de la Békaa.
En parallèle, Nawaf Salam, Premier ministre libanais, a annoncé lundi que son gouvernement avait interdit les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah, limitant désormais le rôle du groupe au seul domaine politique. Il a par ailleurs ordonné à l’armée de mettre en œuvre un plan visant à placer les armements sous le contrôle exclusif de l’État, au nord du fleuve Litani. Lors d’une conférence de presse tenue après une réunion du Conseil des ministres au palais présidentiel (à l’est de Beyrouth), présidée par le président Joseph Aoun, le chef du gouvernement a souligné que « l’État rejette toute action militaire ou sécuritaire lancée depuis le territoire libanais. »
« La décision de guerre et de paix appartient exclusivement à l’État », a-t-il ajouté.
Le Conseil des ministres a formellement interdit toute opération militaire menée en dehors des « institutions légitimes de l’État ». N. Salam a précisé que cette décision implique de restreindre les activités du Hezbollah et d’obliger le groupe à remettre ses armes, qualifiant ses actions récentes de « violation des décisions du Conseil des ministres ». Il a donné des instructions au commandement de l’armée libanaise pour appliquer ce plan de manière décisive, en insistant particulièrement sur la zone située au nord du fleuve Litani.
Israel Katz, ministre israélien de la Défense, a déclaré lundi que le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, est désormais « une cible à éliminer ». Dans un message publié sur la plateforme sociale américaine X, il a averti que le Hezbollah « paiera cher » pour les tirs dirigés vers Israël. « Naim Qassem, secrétaire général du Hezbollah, qui a décidé des tirs sous la pression de l’Iran, est désormais une cible à éliminer », a-t-il ajouté. « Quiconque suit le chemin de (Ali) Khamenei se retrouvera bientôt avec lui dans les profondeurs de l’enfer aux côtés de tous ceux éliminés de l’axe du mal », a-t-il poursuivi. L’armée israélienne a indiqué lundi matin avoir lancé une « bataille offensive » contre le Hezbollah au Liban.
A signaler que les Brigades Al-Qods, branche militaire du Jihad islamique en Palestine, ont annoncé la perte de Adham Adnan Al-Othman « Abou Hamza », leur commandant au Liban.
