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Tension irano-américaine : Les cartes restent brouillées

by Perspectives Med
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Tension irano-américaine : Les cartes restent brouillées

Donald Trump a refusé vendredi une proposition iranienne visant à rouvrir le détroit d’Ormuz sous sept jours, d’après le Wall Street Journal, le président américain envisageant par ailleurs une reprise des frappes en Iran après les élections législatives de mi-mandat en novembre. Dans la soirée, le milliardaire républicain a publié sur son réseau Truth Social une carte représentant le détroit d’Ormuz avec la mention « Détroit Trump ».

Citant des responsables américains, le Wall Street Journal précise que D. Trump serait sceptique quant à la capacité de Téhéran à répondre à ses exigences.

L’Iran avait soumis plus tôt dans la journée une proposition aux Etats-Unis pour rouvrir sous sept jours ce détroit stratégique, ajoutant que « le choix appartenait désormais » à Washington de l’accepter ou non. « Le délai de sept jours commencera dès que les États-Unis accepteront ce plan », avait précisé le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, depuis le siège de l’ONU à New York. La réouverture du détroit d’Ormuz est au cœur du conflit entre Téhéran et Washington, que les Etats-Unis et Israël ont déclenché fin février avec des frappes sur l’Iran. Un cinquième des hydrocarbures mondiaux transitait par cette voie maritime avant la guerre. « Les mesures que les États-Unis doivent prendre ne sont pas nouvelles », avait souligné le ministre iranien, interrogé par des journalistes. « Elles figurent déjà toutes dans le protocole d’accord » signé en juin avec Washington. « Si les États-Unis acceptent de procéder de cette manière, tout reviendra comme avant », avait encore affirmé M. Pezeshkian dans une interview à la chaîne CBS vendredi, affirmant que « le processus commencera le jour même où ils l’acceptent ».

  1. Trump et M. Pezeshkian ont signé en juin un protocole d’accord qui visait à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, à rouvrir le détroit d’Ormuz puis à mener des pourparlers sur le volet sensible du programme nucléaire iranien. Mais le texte a fait l’objet d’interprétations divergentes par les deux parties et les discussions ont échoué.

Si Téhéran a présenté une proposition prévoyant l’ouverture du détroit d’Ormuz sept jours après, Washington aura décliné l’offre en privilégiant le maintien du blocus naval. Le pari sur une médiation chinoise entre les deux parties ne semble pas être gagnant. A. Araghi qui a annoncé que la délégation de son pays avait soumis une proposition aux États-Unis par l’intermédiaire de médiateurs, a estimé que le rétablissement de la sécurité de la navigation maritime dans la région exigeait que Washington cesse ses mesures « déstabilisatrices et son terrorisme économique ».

Cependant, le journal The Wall Street Journal a affirmé que le président américain, D. Trump n’avait pas l’intention de lever le blocus contre l’Iran. Le journal a indiqué que des médiateurs arabes recevaient des messages contradictoires de la part des diplomates iraniens et du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) concernant la fin de la guerre, ce dernier se préparant à un conflit de longue durée.

Ces déclarations interviennent au moment où Mohammad Bagher Ghalibaf, chef de la délégation négociatrice iranienne et président du Parlement, a appelé à renforcer l’unité intérieure en Iran, estimant que « notre peuple, sous la direction du Guide, surmontera les dangers et les sédition actuelles », et soulignant que « tous les ennemis se sont unis pour faire face à notre peuple dans la guerre hybride économique, militaire et culturelle ».

Sur le plan de l’activité diplomatique continue à New York, M. Pezeshkian a rencontré Shehbaz Sharif, Premier ministre pakistanais, dont le pays mène les efforts de médiation. Dans un communiqué, la présidence iranienne a rapporté avoir souligné auprès de S. Sharif l’importance de maintenir les initiatives diplomatiques pour désamorcer les tensions. De son côté, M. Pezeshkian a déclaré aux journalistes que « l’Iran avait été ouvert par le passé à la question de l’inspection des sites nucléaires, mais que les États-Unis et Israël ont violé les accords internationaux en menant la guerre contre Téhéran ». Et d’ajouter : « Nous avons du mal à comprendre pourquoi les États-Unis attaquent l’Iran, alors que nous ne voulons pas d’arme nucléaire ». Il a souligné « un état de méfiance considérable entre les États-Unis et l’Iran », tout en se disant « prêt à bâtir une relation fondée sur la confiance ».

Lors d’une interview sur la chaîne américaine CNBC, David Perdue, ambassadeur des États-Unis en Chine, a rappelé que son pays avait clairement prévenu les Chinois, il y a plusieurs semaines. Toute aide apportée à l’Iran — qu’elle soit directe ou indirecte, sous forme de renseignements, de pièces de rechange ou d’équipement militaire — est totalement inacceptable, a-t-il souligné, ajoutant que « le président Trump a réitéré cette position dans le cadre d’un message constant et ferme ».

En parallèle, le Washington Post a révélé que le Pentagone, a ajouté, sans annonce préalable, 37 militaires au bilan des soldats américains blessés pendant la guerre contre l’Iran. Le journal explique que ces cas supplémentaires comprennent 29 membres de la marine américaine et 8 Marines, selon une analyse de la base de données du Pentagone recensant les militaires tués ou blessés lors de conflits et d’opérations militaires américaines à l’étranger.

Selon le journal, la base de données ne précise ni comment ni quand les 37 militaires ont été blessés, tandis qu’un responsable de la marine américaine a déclaré que tous les marins ajoutés au décompte étaient retournés au service après des blessures de nature non précisée. Avec ces nouveaux cas, le nombre de militaires américains blessés depuis le début des hostilités s’élève à 861.

Le Washington Post a noté que les responsables militaires américains n’ont annoncé aucune attaque récente contre les forces américaines ni aucun autre incident susceptible d’expliquer les blessures des 37 militaires. Le journal a également noté que la manière dont le président américain calcule les pertes militaires a fait l’objet d’un examen minutieux, après que les noms de quatre soldats morts pendant la guerre contre l’Iran aient été précédemment exclus du bilan officiel du Pentagone.

Le Washington Post avait auparavant révélé que le nombre de morts parmi les militaires américains durant la guerre contre l’Iran dépassait les chiffres officiellement publiés par le Pentagone. Le journal a cité six responsables américains ayant accès à des données internes du Pentagone concernant les pertes au sein des forces armées américaines à cette époque.

Le site web américain The Intercept a également fait état d’une nouvelle augmentation du nombre de victimes militaires américaines dans la guerre contre l’Iran, accusant le Pentagone de cacher les chiffres réels, alors que l’administration Trump rencontre des difficultés pour sortir de l’impasse sur le terrain. Selon des statistiques récentes du département américain de la Défense (le Pentagone), un soldat américain est décédé ce mois-ci, et ce décès a été officiellement classé comme « non hostile ».

Le théâtre maritime et militaire a connu un bouleversement stratégique, estime le l’expert Talal Nahlé. Tandis que D. Trump menaçait d’« anéantir l’Iran », ses flottes se retiraient discrètement de la zone de blocus au large du golfe d’Oman et de la mer d’Arabie.

L’expert rapporte que l’imagerie satellite (Sentinel-2) et les rapports de renseignement en sources ouvertes (OSINT) ont révélé le retrait complet des navires de guerre américains, dont les porte-avions George Washington et George H.W. Bush, le navire d’assaut amphibie Boxer et leurs destroyers d’escorte de la ligne de blocus établie au large des côtes iraniennes. La flotte américaine s’est retirée à plus de 1 200 kilomètres, hors de portée de la menace immédiate, laissant le nord de la mer d’Arabie et le golfe d’Oman totalement dépourvus de présence navale américaine pour la première fois depuis le début du conflit.

Selon T. Nahlé, ce retrait est intervenu après le premier tir opérationnel du missile balistique antinavire Qassem Bassir d’une portée de 1 200 km. Ce missile est équipé de systèmes de guidage électro-optiques et thermiques lui permettant de suivre et de frapper des cibles mobiles avec une précision extrême. Le 9 septembre, les Gardiens de la révolution islamique ont affirmé que des missiles balistiques anti-navires avaient touché deux destroyers américains de classe Arleigh Burke, l’USS Delbert D. Black et l’USS John Paul Jones.

Des sources militaires israéliennes avaient assuré que c’est une frappe directe de ce missile qui avait visé un destroyer de classe Arleigh Burke et blessé les 37 Marines. Selon l’expert, afin de pallier au retrait de sa flotte, Washington a entrepris la mise en place d’un pont aérien massif, comprenant des avions C-17 et des avions ravitailleurs vers le Moyen-Orient et Israël.

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