L’ancien président libanais Émile Lahoud a déclaré, à l’occasion du deuxième anniversaire du martyre du secrétaire général du Hezbollah, que « deux ans après le martyre de Sayyed Nasrallah, nous constatons la fermeté des combattants de la résistance et la solidarité de son large public, qui n’a pas perdu, pas un seul instant, sa foi dans la cause pour laquelle il est tombé en martyr. »
« En ce jour anniversaire du martyre de notre cher frère, Sayyed Hassan Nasrallah, nous ne pouvons nous empêcher de nous souvenir de sa vie riche en moments historiques et décisifs. Il était et reste une source de fierté et d’honneur, et il a choisi le martyre aux côtés des résistants malgré les moyens dont il disposait pour rester en vie, loin de sa terre natale », a-t-il relevé. « Deux ans après le martyre de Sayyed Nasrallah, nous constatons la fermeté des résistants et la solidarité de son large public, qui n’a pas perdu un seul instant sa foi en la cause pour laquelle il est tombé, avec tant d’autres, sous le joug de l’agression israélienne qui occupe un territoire qui n’est pas le sien, dans un silence international et sous le coup de certaines conspirations internes. Sa volonté de reconquérir la libération, comme en l’an 2000, demeure inébranlable, et nous revivons ainsi la scène de la victoire qui reste un jalon historique majeur. »
« Deux ans après son martyre, Sayyed Nasrallah demeure présent parmi nous, grâce à la motivation des résistants, à la constance de ses partisans et, surtout, grâce à l’engagement de ne pas se laisser entraîner dans les luttes intestines, un engagement auquel le martyr tenait particulièrement et pour lequel il s’est sacrifié à maintes reprises, faisant obstacle, comme c’est le cas aujourd’hui, aux complots israéliens et à l’imprudence interne. C’est une leçon qu’aucun Libanais ne devrait oublier », a-t-il poursuivi.
Mobilisation à Genève
A signaler que dans la ville de Genève, un rassemblement de solidarité a été organisé devant le siège des Nations Unies, à l’invitation du « Centre Khiam pour la réhabilitation des victimes de la torture », afin d’exiger la divulgation du sort des prisonniers, détenus et disparus libanais, d’appeler à la protection des civils, des enfants et des familles du Sud-Liban, et de rejeter la démolition de maisons, le terrassement des terres et la destruction de villages et de biens civils.
Selon le quotidien libanais al-Akhbar, le sit-in a rassemblé de nombreux militants des droits de l’homme et des membres des communautés libanaise et arabe, ainsi que des personnes solidaires de la cause des prisonniers et des droits des civils. Raja Ammar, représentante du Centre Khiam en Suisse, a affirmé que « cette manifestation vise à sensibiliser les institutions internationales au sort du Sud-Liban et de sa population, en particulier les enfants, les familles et les civils qui ont souffert de la peur, du déplacement et de la perte de leurs proches et de leurs biens ». Elle a souligné que « la question des détenus, des prisonniers et des personnes disparues libanaises est au cœur de ce mouvement », exhortant la communauté internationale « à œuvrer pour déterminer leur sort et garantir leurs droits et leur dignité ».
Le discours de R. Ammar comprenait une série de demandes et de recommandations, notamment : « Protéger les civils et les enfants et garantir leur sécurité conformément au droit international humanitaire ; protéger les habitations et les infrastructures civiles et empêcher que la population ne soit exposée au risque de déplacement ou de perte d’abri ; assurer le retour sûr et digne des personnes déplacées dans leurs villages et leurs foyers ; œuvrer à la reconstruction des zones sinistrées ; révéler le sort des détenus, prisonniers et personnes disparues libanais et informer leurs familles du sort de leurs enfants ; permettre aux instances humanitaires compétentes, en particulier le Comité international de la Croix-Rouge, d’accéder aux détenus, de vérifier leurs conditions de vie et de garantir leurs droits ; soutenir les familles touchées, en particulier les enfants, et leur assurer éducation, soins et soutien psychologique et social ; et que la communauté internationale assume ses responsabilités et assure un suivi sérieux de ces dossiers, sans laisser la souffrance des civils et des personnes disparues sans réponse. »
Pour sa part, Mohammad Tay, directeur de l’Observatoire des droits de l’homme de Qana, a évoqué les violations qui, selon lui, « touchent des civils, des enfants et des villages frontaliers du sud du Liban ». Il a indiqué que, d’après ses informations, « le Comité international de la Croix-Rouge n’a pas pu rendre visite aux citoyens libanais détenus en Israël depuis octobre 2023 ». Il a ajouté que « les familles libanaises ignorent toujours le sort de leurs fils, leur état de santé et leurs conditions de vie. Des informations font état de 35 Libanais toujours détenus en Israël, dont 20 civils, selon des médias qui ont cité début septembre, des sources sécuritaires et le Comité de suivi des prisonniers ». Il a réclamé « d’autoriser au Comité international de la Croix-Rouge à rendre visite à tous les détenus libanais, à mettre fin aux attaques contre les civils et les infrastructures civiles, et à poursuivre le dossier des prisonniers et des détenus au niveau international ».
Pour sa part, Mohammad Safa, directeur du Centre Khiam pour la réhabilitation des victimes de torture a critiqué la « négligence des autorités libanaises dans le suivi du sort des prisonniers », appelant le gouvernement libanais à « accorder une plus grande priorité à ce dossier ». Il a souligné que « cette action vise à tirer la sonnette d’alarme concernant le sort des prisonniers et des personnes disparues libanaises, et la nécessité d’empêcher que cette affaire ne reste sans suivi international ». Il a également rendu hommage, « à l’occasion du deuxième anniversaire du martyre du plus grand leader arabe depuis l’avènement de l’islam dans l’histoire du monde arabe, le guide, le maître des cœurs, le martyr Sayyed Hassan Nasrallah »

