Home MondeAmériquesAmérique du NordEtats UnisSoutien US à Israël : Un dossier clivant pour l’Oncle Sam. A gauche comme à droite du spectre politique, on s’interroge…

Soutien US à Israël : Un dossier clivant pour l’Oncle Sam. A gauche comme à droite du spectre politique, on s’interroge…

by Perspectives Med
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Soutien US à Israël : Un dossier clivant pour l’Oncle Sam. A gauche comme à droite du spectre politique, on s’interroge...

« Nous ne pouvons pas continuer à soutenir un gouvernement qui a bloqué l’aide humanitaire et provoqué une famine massive à Gaza » a ajouté B. Sanders. Il a souligné en outre que « les États-Unis ne doivent pas soutenir un gouvernement qui affame les enfants de Gaza.»

Le sénateur démocrate a déclaré que « les États-Unis ne devraient pas fournir davantage d’armes permettant à Israël de commettre ces atrocités » et a condamné « les contribuables américains qui dépensent des dizaines de milliards de dollars pour soutenir le gouvernement raciste et extrémiste de Netanyahu.»

Dans ce contexte, plusieurs membres du Congrès américain ont exprimé leur inquiétude dans une déclaration commune il y a quelques jours face à la détérioration de la situation humanitaire dans la bande de Gaza, soulignant « qu’environ 700 civils ont été tués alors qu’ils tentaient d’obtenir de l’aide alimentaire, sous le blocus strict imposé par le gouvernement de Benjamin Netanyahu ». Les représentants US ont appelé l’administration du président Donald Trump à « exercer une forte pression sur le gouvernement d’occupation israélien afin qu’il parvienne à un accord de cessez-le-feu », avertissant que « l’intensification des opérations militaires menace gravement les efforts d’aide humanitaire ». Ils ont même qualifié la poursuite de la guerre à Gaza sans plan politique clair pour l’après-guerre de « grave erreur » qui ne sert même pas la sécurité nationale israélienne. Et de souligner : « la nécessité d’une intervention internationale urgente pour mettre fin à l’aggravation de la tragédie humanitaire à Gaza ».

Le MAGA bascule

Longtemps considéré comme l’un des piliers de l’idéologie conservatrice américaine, le soutien des Etats-Unis à Israël est actuellement remis en question au sein du mouvement « MAGA » de Donald Trump. Au point d’influer sur le président américain endormi par la rhétorique soporifique de B. Netanyahu.

« Il n’y a rien de plus véridique et facile à dire que le 7-Octobre en Israël a été horrible, et que tous les otages doivent être rendus, mais c’est aussi le cas pour le génocide, la crise humanitaire, et la faim qui se déroulent à Gaza. » Avec ces déclarations sur son compte X, la très trumpiste Marjorie Taylor Greene est devenue la première élue républicaine au Congrès à utiliser le terme « génocide » pour décrire les actions menées par Israël dans le territoire palestinien. L’élue de Géorgie (sud) se targue de longue date de défendre la politique de « l’Amérique d’abord » prônée par Donald Trump, aux tenants isolationnistes. Mi-juillet, elle avait émis une proposition de loi visant à couper notamment 500 millions de dollars de financements américains pour le système de défense antiaérienne d’Israël. « Israël est un pays doté de l’arme nucléaire, bien capable de se défendre lui-même », avait-elle alors lancé.

Depuis la création d’Israël, l’appui fourni par Washington fait globalement consensus des deux côtés de l’hémicycle du Congrès, mais particulièrement à droite. Une position qui s’explique en partie par l’influence de certaines mouvances chrétiennes évangéliques qui voient en l’Etat hébreu un accomplissement des prophéties bibliques.

Lors de son premier mandat, D. Trump s’était lui-même affiché en fervent défenseur de la relation privilégiée des Etats-Unis avec Israël, et avait notamment décidé de déménager l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, une revendication de longue date du gouvernement israélien. Et si le milliardaire républicain a continué sur sa lancée à son retour au pouvoir en janvier, il semble aujourd’hui montrer de premiers signes d’agacement avec la manière dont le Premier ministre israélien mène la guerre à Gaza.

D. Trump s’est ainsi ému lundi que « beaucoup de gens sont affamés » dans le territoire palestinien. Interrogé pour savoir s’il était d’accord avec Benjamin Netanyahu qui niait l’existence d’une crise humanitaire à Gaza, le président américain a répondu: « De ce qui est montré à la télévision, je dirais non, pas particulièrement, parce que ces enfants ont l’air d’avoir très faim. » Son vice-président, JD Vance, est allé plus loin encore lors d’un événement dans l’Ohio le même jour, se lamentant d’images « déchirantes » de « petits enfants qui meurent de faim », et appelant le gouvernement israélien à en faire davantage pour laisser l’aide humanitaire entrer dans Gaza.

Au-delà des plus hautes sphères de l’Etat, ce sont des poids lourds de la droite dure américaine qui n’hésitent plus aujourd’hui à appeler à une rupture avec Israël. Comme Tucker Carlson, ancien présentateur vedette de la chaîne Fox News qui avait fortement critiqué en juin les frappes israéliennes sur l’Iran, exhortant à ce que les Etats-Unis ne s’en mêlent pas.

Heritage Foundation, très influent cercle de réflexion conservateur, avait déjà estimé en mars que les Etats-Unis devraient « réorienter leur relation avec Israël » vers un « partenariat stratégique égal ».

Un sondage Gallup publié mardi semble cependant montrer que le soutien à Israël demeure prédominant chez les sympathisants républicains dans leur ensemble, puisque 71% d’entre eux disent approuver les opérations militaires israéliennes à Gaza, contre seulement 8% de démocrates. Une autre enquête menée fin mars par le Pew Research Center pointait cependant vers un schisme générationnel sur la question. Parmi les sympathisants républicains interrogés, 50% des 18 à 49 ans disaient avoir une opinion défavorable d’Israël, alors que le chiffre ne s’élevait qu’à 23% chez les sympathisants républicains de 50 ans et plus. « Il semble que chez les moins de 30 ans de la base MAGA, Israël ne bénéficie de quasiment aucun soutien », a déclaré Steve Bannon, idéologue d’extrême droite, au média Politico. Cet ex-conseiller de D. Trump avait aussi affirmé en juin qu’Israël n’était pas « un allié des Etats-Unis ».

Reste à savoir si la position du président américain lui-même évoluera réellement au cours des prochaines semaines ou prochains mois. L’hôte de la Maison Blanche a habitué le monde à ses voltes-faces inopinées qui interviennent du jour au lendemain…

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