Home EconomieSidérurgie : Les atouts du Maroc sous la loupe de l’OCDE

Sidérurgie : Les atouts du Maroc sous la loupe de l’OCDE

by Perspectives Med
0 comments
Sidérurgie : Les atouts du Maroc sous la loupe de l’OCDE

La sidérurgie mondiale fait face à des défis croissants. Dans son rapport « OECD Steel Outlook 2026 », l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dresse le constat d’un secteur confronté à une surcapacité persistante, alimentée notamment par les subventions publiques accordées dans certaines grandes économies productrices d’acier. Si l’essentiel du document est consacré aux déséquilibres du marché mondial, le Maroc y apparaît à travers une autre dynamique : celle de la transition industrielle et énergétique.

L’organisation relève en effet que l’industrie sidérurgique marocaine poursuit son développement malgré des coûts énergétiques supérieurs à ceux observés dans plusieurs pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Selon l’OCDE, ce développement s’appuie notamment sur différents mécanismes de soutien public, parmi lesquels figurent des aides financières destinées à accompagner les projets industriels et technologiques.

Cette référence intervient dans un contexte où le Royaume cherche à accélérer la modernisation de son tissu industriel tout en répondant aux nouvelles exigences environnementales qui se dessinent sur les marchés internationaux. La question est particulièrement stratégique pour les secteurs fortement consommateurs d’énergie, à l’heure où les réglementations climatiques prennent une place croissante dans les échanges commerciaux.

L’un des principaux enseignements concernant le Maroc porte sur la place accordée à l’hydrogène vert dans la stratégie industrielle nationale. L’OCDE rappelle que le Royaume ambitionne de devenir un acteur majeur de cette filière à l’échelle internationale et vise à terme une part significative du marché mondial. Pour atteindre cet objectif,  un vaste programme de mobilisation foncière destiné aux projets intégrés liés à l’hydrogène vert a été mis en place. L’organisation souligne ainsi que près d’un million d’hectares sont mobilisables pour accueillir des investissements dans ce domaine, avec des parcelles pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d’hectares.

Au-delà des perspectives d’exportation, l’OCDE estime que cette ressource pourrait contribuer à la décarbonation de plusieurs branches industrielles nationales. L’acier figure parmi les secteurs susceptibles de bénéficier de cette transformation, aux côtés notamment de l’industrie chimique et des activités fortement exposées aux futures contraintes carbone.

Le rapport souligne également que cette orientation pourrait permettre au Maroc d’atténuer l’impact du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne (CBAM), qui imposera progressivement aux exportateurs vers le marché européen de prendre en compte l’empreinte carbone de leurs produits.

L’autre élément mis en avant par l’OCDE concerne l’effort d’innovation engagé dans la filière sidérurgique nationale. L’organisation cite notamment le Fonds de soutien de l’innovation (FSI), qui accompagne le développement de nouveaux produits à plus forte valeur ajoutée. Le rapport prend pour exemple Maghreb Steel, principal acteur sidérurgique du pays, qui a bénéficié d’un appui financier destiné au développement d’un acier microallié innovant. Cette initiative s’inscrit dans une logique de montée en gamme visant à renforcer la compétitivité de la production nationale face à une concurrence internationale de plus en plus intense.

Cette stratégie apparaît d’autant plus importante que l’OCDE anticipe une aggravation des déséquilibres du marché mondial de l’acier. L’organisation estime que les surcapacités mondiales pourraient atteindre 745 millions de tonnes à l’horizon 2028, un niveau proche des records observés lors de la précédente crise sidérurgique.

Dans ce contexte, la capacité des producteurs à se différencier par l’innovation, la qualité des produits et la réduction de leur empreinte carbone devrait devenir un facteur déterminant de compétitivité. C’est précisément sur ces leviers que le Maroc semble aujourd’hui concentrer une part croissante de ses efforts industriels.

You may also like

Adblock Detected

Please support us by disabling your AdBlocker extension from your browsers for our website.