« Nous sommes profondément préoccupés par des allégations crédibles figurant dans les dossiers Epstein, selon lesquelles de jeunes femmes et des filles ont été systématiquement recrutées et exploitées à des fins sexuelles. Nous appelons à une enquête complète et transparente ainsi qu’à ce que des comptes soient rendus concernant ces accusations de traite des êtres humains », indique le communiqué.
Le document souligne que les allégations liées à l’affaire Epstein impliqueraient des responsables politiques de haut niveau, des diplomates, des dirigeants économiques mondiaux et des universitaires de premier plan. Il évoque également des éléments « choquants » suggérant l’existence de réseaux de traite de jeunes femmes et de mineures à l’échelle internationale sur plusieurs décennies.
La déclaration met en avant des défaillances dans la prévention, l’identification et l’assistance aux victimes, ainsi que dans l’enquête et la poursuite des auteurs présumés.
Les rapporteurs ont rappelé que la traite d’enfants et de jeunes femmes constitue un crime grave et une violation majeure des droits humains. « Le fait que la traite d’enfants ait pu se poursuivre à une telle échelle et que des personnalités connues y soient liées met en lumière des défaillances structurelles en matière de responsabilité et des formes de discrimination enracinées », ont-ils déclaré. Ils ont également exprimé leur inquiétude face à ce qu’ils qualifient de réponse insuffisante des États et des forces de l’ordre, compte tenu de la gravité des faits allégués et des souffrances des victimes.
Le communiqué souligne que l’exploitation sexuelle des enfants entraîne des conséquences durables sur leur vie, leur santé et leur développement. « Nous rappelons aux États leurs obligations, fondées sur le droit international, de prévenir la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle, d’identifier les victimes, de les assister et de les protéger », ajoute le texte.
Poursuivi pour des faits d’abus sexuels sur des dizaines de mineures, certaines âgées de 14 ans, J. Epstein avait été retrouvé mort le 10 août 2019 dans sa cellule du centre de détention de Manhattan à New York.
Les dossiers judiciaires liés à l’affaire mentionnaient plusieurs personnalités, dont le prince Prince Andrew, le président américain Donald Trump, l’ancien président américain Bill Clinton, l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, l’ancien vice-président américain Al Gore, l’acteur Kevin Spacey, le chanteur Michael Jackson, l’illusionniste David Copperfield, l’avocat Alan Dershowitz, l’ancien gouverneur du Nouveau-Mexique Bill Richardson, le diplomate français Fabrice Aidan, ou encore l’ancien ministre français de la Culture Jack Lang.
Le FBI a conclu, à l’issue d’une enquête menée avec le département de la Justice américain, qu’il n’existait pas de preuve de l’existence d’une « liste de clients » et que J. Epstein s’était suicidé en détention.
Les rapporteurs spéciaux des Nations unies font partie des « procédures spéciales » du Conseil des droits de l’homme. Ces mécanismes indépendants ont pour mission de surveiller, enquêter et rendre compte de situations spécifiques dans des pays ou de problématiques thématiques à l’échelle mondiale. Les experts qui les composent ne sont pas des employés de l’ONU et exercent leurs fonctions à titre indépendant et bénévole.
