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Risque Maroc : Coface rétablit le rating du Royaume d’avant la pandémie

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Après la vague du variant Omicron, qui a exacerbé les perturbations des chaînes d’approvisionnement, la reprise économique mondiale fait face au spectre de l’inflation. Un contexte incertain qui a conduit Coface à modifier, peu, ses évaluations des risques pays trimestrielles. Quatre reclassements (y compris le Maroc) et deux déclassements (Sri Lanka et Turquie) y figurent.

Après un déclassement logique dû à l’impact du Covid-19 sur plusieurs secteurs économiques, l’assureur-crédit Coface se montre très prudent dans son dernier baromètre trimestriel des risques, mais permet néanmoins au Royaume retrouver sa notation pays d’avant la crise sanitaire, « B ». Dans l’environnement des affaires, le Maroc se positionne dans la catégorie A4, la meilleure du Maghreb mais en quatrième position sur le continent. Cependant, la menace que fait planer la sécheresse sur le PIB pourrait fragiliser le prochain rating du Royaume.
En effet selon les projections de l’assureur crédit, la croissance économique, après avoir fortement rebondi en 2021 grâce à la reprise de la consommation des ménages (57 % du PIB en 2020) et un effet de base favorable, devrait ralentir en 2022. Bien que largement exposée aux variations des conditions climatiques, la consommation des ménages restera un moteur de la croissance en 2022 en raison du raffermissement des revenus, lié à la forte reprise du secteur agricole (12 % du PIB ; 30 % de la population active) et de la hausse des transferts des Marocains depuis l’étranger (5 % du PIB en 2020). Malgré une contribution plus modérée en 2022, elle bénéficiera du progrès de la vaccination et d’une inflation contenue, après une bonne campagne agricole. De plus, les investissements continueront d’être stimulés par le fonds d’investissement Mohammed VI, concentré sur les secteurs du tourisme (12 % du PIB), des transports et des infrastructures.
Dans le cadre du Plan d’accélération de l’industrialisation 2021-2025 (favorisant les routes, ports et chemins de fer), les investissements publics pourraient aussi offrir de nouvelles opportunités au secteur privé. Les IDE (35 % provenant de la France), modestes en 2021, augmenteront en 2022 avec notamment l’implantation d’une usine de fabrication du vaccin chinois au Maroc.
En outre, les exportations manufacturières, soutenues par la reprise européenne (80 % des exportations), ont également porté la croissance en 2021. Celles de pièces automobiles, de produits alimentaires ainsi que de phosphate (et ses dérivés) ont rebondi avec la hausse de la demande mondiale. Malgré la pénurie de semi-conducteur qui continuera de peser sur la production dans le secteur automobile en 2022, la construction d’une nouvelle usine automobile dans la ville de Kenitra devrait permettre d’augmenter la capacité de production de véhicules, et donc, leur exportation. Les secteurs du tourisme (dont les recettes représentent 22 % des exportations totales), de l’hôtellerie et de la restauration, restés morose en 2021, devraient rependre en 2022 sans pour autant atteindre leur niveau d’avant crise, compte tenu des restrictions sanitaires pour voyager.
Si la hausse des recettes d’exportations sera donc sous contrainte, elle permettra néanmoins de limiter l’impact de la hausse des importations liées aux investissements sur la contribution nette des échanges extérieurs.
Faible réduction des déficits jumeaux
Le déficit public ne s’est que faiblement réduit en 2021 avec la persistance des effets de la crise, et devrait se stabiliser en 2022. Bien que le gouvernement ait annoncé une consolidation budgétaire, l’élargissement de l’assiette fiscale et des biens et services soumis à la TVA ne devrait pas compenser la hausse des dépenses en capital (notamment via les investissements en infrastructures) et les dépenses sociales (principalement dans la santé).
La dette publique (dont 25 % était détenue par des créanciers extérieurs fin 2020) s’est alourdie, malgré les recettes conséquentes tirées de privatisations. Cependant, près de 70 % de la dette publique extérieure est financée par des créanciers bilatéraux et multilatéraux, tempérant sa charge (8 % des dépenses prévues par le projet de Loi de Finances 2022).
Le déficit courant s’est dégradé en 2021 suite à une hausse du déficit commercial. En effet, alors que la forte hausse des prix du pétrole (12,5 % des importations étant des hydrocarbures) et une demande intérieure plus forte ont augmenté la facture des importations, (21 % alloués à des biens d’équipement et machines), la hausse des exportations manufacturières n’a pas pu compenser la faible reprise des exportations de services, plombée par le secteur du tourisme toujours en convalescence. Après une modeste reprise en 2021, les recettes touristiques devraient poursuivre leur rebond en 2022, permettant d’améliorer l’excédent de la balance des services. Cependant, le déficit commercial continuera de peser sur le déficit courant, se traduisant par un solde relativement inchangé en 2022.
L’excédent du solde des revenus secondaires continuera d’être alimenté par les envois de fonds des expatriés. La reprise européenne favorisera les rapatriements de capitaux et donc le creusement de la balance des revenus primaires. Les besoins de financement extérieur seront assurés par les réserves de change, représentant toujours plus de six mois de couverture des importations, et la reprise des IDE, à condition que les tensions internationales ne découragent pas les investisseurs.

Toujours dans le même objectif de dynamisation de l’entrepreneuriat et de développement d’écosystèmes touristiques, Madaëf Eco6 sera de retour, dès cette année, sous un format différent et s’ouvrira à de nouveaux partenaires institutionnels.

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