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Retrait US d’Irak : La base d’Aïn al-Asad se vide…

A l’heure où les Irakiens s’apprêtent à se rendre aux urnes pour élire leurs députés, les médias irakiens ont fait état, jeudi 7 octobre, du retrait de trois brigades militaires US de la base d’Aïn al-Asad. C’est cette base qui avait essuyé les tirs de missiles iraniens en représailles à l’assassinat commandité par Donald Trump de deux figures de proue de la lutte anti-Daech : le général iranien Qassem Soleimani et son vis-à-vis irakien Abou Mahdi Al Mouhandis.

Citant le commandement des opérations conjointes irakiennes, la chaîne d’information russe, Russia Today a confirmé l’information sur son compte Twitter. Aucun autre détail n’a fuité sur ce repli opéré subrepticement par les forces US dont la présence en Irak a été décriée par toutes les forces politiques.
Ce retrait serait le fruit naturel de trois ans de bataille acharnée de la Résistance irakienne contre l’armée d’occupation US marqués par des dizaines d’attaques à la bombe, aux roquettes, puis aux drones de plus en plus sophistiqués.
Signe des temps, le ciel irakien progressivement vidé depuis deux ans de la présence de l’US Air Force est en voie d’être réoccupé par les appareils irakiens. Le ministère irakien de la Défense a annoncé, mardi, avoir testé des drones chinois dans la base aérienne de Balad dans le gouvernorat de Salaheddinne. Le chef d’état-major de l’armée, le lieutenant-général Abdul Amir Rashid Yarallah, le commandant de l’aviation de l’armée, le secrétaire des opérations, le commandant de l’armée de l’air, le commandant de la base aérienne de Balad et de nombreux officiers ont assisté à l’exercice.
Il s’agit de drones CH-4B qui fourniront aux forces militaires et de sécurité irakiennes, qui combattent les cellules dormantes de Daech sur plusieurs fronts, de meilleures capacités de reconnaissance et un soutien aérien rapide. Le CH-4B, qui a été conçu pour effectuer des missions de reconnaissance a une autonomie de 30 à 40 heures et une autonomie opérationnelle allant jusqu’à 2 000 km avec une liaison de données par satellite. Les drones de combat irakiens CH-4B sont principalement armés du missile guidé léger AR-1 de fabrication chinoise qui a une portée de 8 kilomètres et une ogive à charge creuse de 10 kg. Le missile peut être équipé de plusieurs types d’autodirecteurs, tels que la télévision, l’imagerie infrarouge et le guidage laser semi-actif.
Selon le commandant irakien, des drones de combat CH-4B seront bientôt utilisés pour mener des frappes contre les cellules dormantes de Daech dans le pays. Il s’agit de drones achetés en 2015 mais non utilisés à cause du veto US. Mais c’était en 2015 et l’Amérique avait encore son mot à dire dans la gestion du chaos irakien.
Si la Chine opère une percée dans le ciel irakien, cela équivaut à un retrait US programmé. En attendant, c’est avec une grande suspicion que les Irakiens considèrent la présence US dans le pays. Des sources affiliées aux Unités de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi) ont rapporté avoir détecté le survol d’hélicoptères Chinook américains en soutien aux terroristes de Daech sur le mont Makhul dans la province de Salaheddine, située à l’ouest du pays. « L’ingérence américaine dans les affaires sécuritaires est la principale raison de l’augmentation des attaques terroristes dans diverses régions, en particulier à Salaheddine, Diyala et Kirkouk », a dénoncé Qassem al-Kariti, le commandant de la 41e brigade des Hachd al-Chaabi. Ce dernier déduit que les États-Unis « cherchent à pérenniser les attaques terroristes en Irak ».
Diyala, Ninive, Salaheddine et Kirkouk faisaient parmi les provinces irakiennes qui seraient plus touchées par le scénario américain par rapport aux autres. Les terroristes profitent des conditions géographiques de ces provinces pour se cacher, et une solution doit être retrouvée pour déjouer ce scénario américain et des agissements de Daech.
Les zones du désert d’al-Qaïm sont sûres et stables vers la bande frontalière, et les combattants des Hachd al-Chaabi, l’armée et les gardes-frontières y sont stationnés », s’est félicité Ahmad al-Mahlaoui », gouverneur d’al-Qaïm dans la province d’al-Anbar.
Une source de sécurité irakienne a fait part d’ailleurs de l’arrestation d’un chef de guerre de Daech à l’ouest d’al-Anbar, affirmant que les terroristes étaient impliqués dans des attaques contre les forces de sécurité et des civils lors de la prise de contrôle par Daech de certaines parties d’al-Anbar.
D’autre part, le porte-parole du commandant en chef des forces armées irakiennes a fait part de la capture de neuf terroristes dans cinq provinces irakiennes. Selon les médias irakiens, la série d’opérations antiterroristes se poursuit dans différentes parties de ce pays au grand dam des USA.

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