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Retour de B. Netanyahu aux affaires : D’anciens diplomates israéliens s’inquiètent pour la normalisation

Benyamin Netanyahu (re)démarre son mandat de Premier ministre, sous les pires auspices qui soient. Non seulement parce qu’il traine derrière lui toujours des casseroles, notamment dans des deals d’armement sulfureux, mais parce qu’il fait l’unanimité contre lui parmi d’anciens cadres de l’establishment israéliens.
Retour de B. Netanyahu aux affaires

Après les procureurs, le tour est venu pour d’anciens diplomates d’exprimer leurs appréhensions vis-à-vis de la tangente prise par la coalition dont s’est entouré le nouveau patron de l’Exécutif. La question qui revient dans toutes les bouches serait de savoir si le processus de normalisation avec certaines capitales arabes, dont Rabat, survivrait à l’avènement d’un gouvernement des plus fascistes. Yael German, ambassadrice d’Israël à Paris vient de se renforcer les rangs des anciens diplomates qui appréhendent le déploiement de la nouvelle politique israélienne dans la région proche-orientale. Elle a posté jeudi sur Twitter la lettre en hébreu envoyée au nouveau chef du gouvernement : « Votre politique, les déclarations des ministres de votre gouvernement et les intentions de législation sont contraires à ma conscience, à ma vision du monde et aux principes de la déclaration d’indépendance de l’État d’Israël », indique-t-elle. « Dans ces conditions, je ne peux pas me mentir à moi-même et continuer de représenter une politique différente de manière tellement radicale de tout ce en quoi je crois, et c’est pour cela que je vous présente ma démission de mon poste d’ambassadrice d’Israël en France », ajoute-t-elle.

Cette réaction rejoint nombre de voix dissonantes en Israël qui réservent un accueil des plus froids au gouvernement d’extrême droite que dirige désormais B. Netanyahu. En effet, après les critiques formulées par les procureurs, plus de 100 anciens diplomates, alertent quant aux conséquences du programme de l’exécutif Netanyahu sur les Accords d’Abraham. Ils mettent en garde contre un éventuel « coup d’arrêt dans les progrès réalisés par les accords de normalisation avec les Emirats arabes unis, le Bahreïn et le Maroc », relève The Times of Israel. En effet, une expansion des colonies en Cisjordanie et la multiplication des opérations militaires à Gaza risquent d’embarrasser ces Etats arabes face à leurs opinions publiques, largement en faveur des droits des Palestiniens.

Les anciens fonctionnaires du ministère des Affaires étrangers se disent également préoccupés par l’impact de la ligne politique du gouvernement sur «l’alliance avec les Etats-Unis » et sur « la position d’Israël sur la scène internationale et ses intérêts fondamentaux à l’étranger ».

La semaine dernière, le chef de la diplomatie des Etats-Unis a tendu la main au nouveau gouvernement israélien. « Nous sommes impatients de travailler avec Israël pour faire avancer à la fois les intérêts et les valeurs qui ont été, depuis longtemps, au cœur de notre relation, et aussi pour promouvoir une approche plus large pour essayer d’apporter des mesures égales de sécurité, d’opportunités, de prospérité, de dignité pour les Israéliens comme pour les Palestiniens », a signifié Antony Blinken

La publication, mercredi, de la lettre des anciens diplomates a coïncidé avec l’adoption au Parlement israélien d’une loi accordant un pouvoir sans précédent au ministre de la Sécurité, Itamar Ben Gvir, sur la police. Ce sioniste, doublé d’un fasciste, ne porte guère les Arabes dans son cœur. Nul besoin de gloser sur ce qu’il nourrit pour eux. « Un bon arabe et un arabe mort » …

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