Au moins 77 Palestiniens supplémentaires ont été tués lors des attaques incessantes menées par Israël dans la bande de Gaza, portant le bilan total des martyrs à 45 658 depuis le mois d’octobre 2023, a annoncé vendredi le ministère de la Santé de l’enclave. Dans un communiqué, le ministère a précisé que quelque 108 583 personnes ont été blessées depuis le début des frappes israéliennes. « Les forces israéliennes ont tué 77 personnes et blessé 145 autres lors de huit massacres familiaux au cours des dernières 24 heures », a précisé le ministère. En outre, cinq martyrs et plusieurs blessés sont à déplorer suite à un bombardement israélien visant des Palestiniens devant l’entrée de l’hôpital Al-Shifa, à l’ouest de la ville de Gaza. Des sources palestiniennes locales signalent en outre qu’un père et son fils ont été tués et sa fille a été grièvement atteinte par des balles tirées par les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne dans le camp de Jénine. On signale par ailleurs qu’au moins une quarantaine de gazaouis ont été tués dans la journée de vendredi outre 56 blessés.
Les Brigades al-Aqsa, bras armé du Hamas, a rapporté avoir détruit au moins 5 chars Merkava, dans la journée, dans la zone de Jabalia. Ce qui explique le raid israélien qui a visé la zone en début de soirée. En outre, un missile sol-air a visé un hélicoptère de combat Apache dans l’enclave palestinienne. Des médias israéliens rapportent de leur côté que pour le 8ème jour consécutif, des roquettes ont été lancées depuis la bande de Gaza sur les colonies de l’enveloppe, mais aussi Tel-Aviv.
Face à la barbarie génocidaire israélienne, la population de Gaza a perdu 6% de sa masse démographique depuis plus de 15 mois, a révélé le Bureau central de recensement palestinien. La population qui était estimée à 2,1 millions de personnes le 7 octobre 2023 est en baisse de 160 mille habitants, dont plus de 45.500 martyrs recensés parmi lesquels figurent 17.500 enfants, précise ce bureau. Selon lui, 11 mille Palestiniens sont portés disparus, 107 mille ont été blessés et plus de 100 mille palestiniens ont quitté l’enclave en 2024.
Ces chiffres dénombrent exclusivement les victimes qui ont été acheminées dans les hôpitaux et ne comptent pas ceux qui ont succombé à la famine, au froid ou autres conditions provoquées par la guerre.
En Cisjordanie occupée, le nombre de martyrs tués dans les offensives israéliennes militaires et de colons a été de l’ordre de 835 durant la même période, tandis que celui des blessés dépasse les 6.450.
Dans la bande de Gaza, les massacres israéliens se poursuivent pour le 455-ème jour consécutif. 18 personnes sont tombées en martyrs à l’aube de ce vendredi dans une série de raids sur la ville de Gaza et dans le centre. Plus de 90 martyrs ont été recensés depuis le jeudi 2 janvier qui a été l’un des jours les plus sanguinaires de la guerre. 20 raids aériens ont été perpétrés depuis des drones sur les rues du nord de Wadi Gaza et ses quartiers. Les raids d’un drone sur un attroupement de citoyens à Jabalia au nord ont coûté la vie à 10 personnes dont la moitié des enfants et des femmes. 23 drones israéliens ont tué 40 Palestiniens après avoir pilonné des rassemblements de citoyens dans le camp al-Chati’, la rue al-Jala’, les quartiers al-Oyoun, cheikh Redwan, al-Daraj, al-Sadra, Tal al-Hawa, rue al-Thawra dans le nord de l’enclave.
Des avions de combats israéliens ont bombardé le local de distribution de l’aide dans le camp d’al-Maghazi tuant 9 de son personnel, ainsi que le bâtiment de la poste à l’ouest de Khan Younes au sud de l’enclave, tuant 9 personnes et blessant des dizaines. Parmi ces derniers martyrs figurent le directeur général de la police le colonel Mahmoud Salah, le directeur de l’appareil de sécurité intérieure le colonel Houssam Chahwan.
La semaine passée, l’armée d’occupation avait éliminé le directeur du centre de police al-Ramal, Talaat Jawda et le responsable du Comité d’urgence du gouvernement à l’ouest de Gaza, Mohamad al-Charfa.
Dans les régions du nord de la bande de Gaza, assiégées depuis plus de 90 jours, l’armée d’occupation a intensifié le dynamitage des bâtiments et des quartiers résidentiels à Beit Hanoun et Beit Lahia. Dans certains cas, elle met le feu aux maisons.
L’armée d’occupation a indiqué avoir exécuté 1.400 raids aériens pendant le mois de décembre dernier, via des avions de combats, des hélicoptères et des drones. Arguant avoir visé des combattants du Hamas et de ses alliés ainsi que des tunnels, des sites de surveillance et des entrepôts d’armements.
Après avoir bombardé et mis le feu à l’hôpital Kamal Adwan, obligeant son personnel et ses patients à l’évacuer et arrêtant son directeur Dr. Houssam al-Sayfi, l’armée d’occupation fait subir le même sort à l’hôpital Indonésien à Beit Lahia, également au nord. Elle a ordonné son évacuation, pendant que son artillerie tirait frénétiquement sur son bâtiment, mettant le feu dans certaines parties . L’hôpital Al-Shifa, à l’ouest de la ville de Gaza a aussi fait l’objet d’un bombardement qui a fait 5 martyrs et plusieurs blessés.
Jeudi, deux rapporteures spéciales de l’ONU ont de nouveau violemment critiqué l’entité sioniste, condamnant ses attaques contre les hôpitaux. « L’attaque flagrante d’Israël contre le droit à la santé à Gaza et dans le reste des Territoires palestiniens occupés atteint de nouveaux sommets d’impunité », ont déclaré dans un communiqué Francesca Albanese, rapporteure sur la situation dans les Territoires palestiniens occupés depuis 1967, et Tlaleng Mofokeng, rapporteure sur le droit à la santé physique et mentale. « Cette situation s’inscrit dans le cadre d’un schéma israélien visant de façon continue à bombarder, détruire et anéantir totalement la réalisation du droit à la santé à Gaza », ont-elles affirmé.
Plus de 1.057 professionnels de santé ont été tués depuis le début de la guerre contre la bande de Gaza, soulignent les rapporteures, citant des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza.
Réévaluation de la résistance
Les données publiées le 1er janvier par les médias israéliens estiment le nombre de combattants restants à Gaza entre 20 000 et 23 000, contredisant les chiffres précédents publiés par les autorités israéliennes. Ces informations remettent en question le nombre de combattants du Hamas qui, selon le gouvernement et l’armée israéliens, s’élevait à 25 000 en octobre 2023.
L’armée israélienne a affirmé que jusqu’à 20 000 combattants du Hamas et du Jihad islamique palestinien (PIJ) auraient été éliminés et 16 000 blessés. Malgré le recrutement de nouveaux combattants, les estimations initiales de l’armée israélienne sont en contradiction avec les données récentes sur le nombre de combattants du Hamas encore en activité.
Des chiffres alternatifs évaluent à 12 000 le nombre de combattants de la Résistance dans la bande de Gaza, la majorité d’entre eux se trouvant dans le sud.
Le retrait des forces israéliennes du nord de Gaza en janvier et février, puis leur retrait de la ville méridionale de Khan Younes en avril ont été les premières informations faisant état d’une reprise du Hamas. Ces événements sont survenus après que Tel Aviv a affirmé que l’armée israélienne aurait « achevé le démantèlement de la structure militaire du Hamas dans le nord de la bande de Gaza ».
En juillet 2024, le Premier ministre israélien a déclaré que la victoire sur le Hamas était en vue. Pourtant, le démantèlement de l’aile militaire du Hamas, les Brigades al-Qassam, échappe toujours à Israël. Brian Carter, responsable du portefeuille Moyen-Orient pour le Critical Threats Project (CTP), a déclaré à CNN : « Ils n’ont absolument pas vaincu ces combattants ».
Selon le Jerusalem Post, les écarts entre les chiffres publiés par le cabinet de Benyamin Netanyahu et l’armée israélienne mettent en doute les capacités rapportées par Israël sur les forces restantes du Hamas. Les estimations israéliennes initiales étaient certainement inexactes, le nombre de militants du Hamas en octobre 2023 étant plus proche de 40 000. Les déplacements et le conflit en cours entravent encore davantage la capacité d’Israël à recueillir des données précises sur le nombre de combattants restants.
La promesse de B. Netanyahu de remporter une « victoire totale » sur le Hamas en « éradiquant » totalement le groupe n’a pas été atteinte. Grâce aux capacités opérationnelles des Brigades al-Qassam et à l’augmentation récente du nombre estimé de militants actifs, le Hamas est toujours opérationnel.
Yoav Galant, ancien ministre israélien de la Sécurité, a annoncé sa démission de la Knesset israélienne et qu’il restera au sein du parti Likoud, selon les médias israéliens. Il a déclaré, vilipendant B. Netanyahu, qu’il a récemment démis de ses fonctions : « J’ai été démis de mes fonctions (de ministre de la Sécurité) parce que j’ai travaillé pour le bénéfice d’Israël », soulignant que « le recrutement des Haredim est un besoin de sécurité nécessaire ». Y. Gallant a souligné que « le gouvernement Netanyahu s’efforce de promulguer une loi qui contredit les besoins de l’armée israélienne ».
Plus tôt, Walah a rapporté, citant des sources au sein du parti Likoud, que B. Netanyahu, qui dirige le parti, surveille les actions de Y. Gallant, en vue de le déclarer persona non grata du parti et de ne pas « le nommer aux prochaines élections législatives , après que leurs différences ont récemment été révélées ». Les sources attribuent l’objectif de cette affaire à « une tentative de recueillir des preuves » prouvant que Y. Gallant agit « de manière indépendante », en préparation de l’annonce de sa défection de la coalition, ce qui signifie punir Gallant en ne se présentant pas aux prochaines élections après cette preuve.Et relèvent que « Netanyahu veut forcer Gallant à présenter sa démission de la Knesset, afin qu’il ne vote pas contre lui à l’avenir ».
Le 5 novembre, B. Netanyahu a limogé Y. Galant et nommé à sa place le ministre des Affaires étrangères Israel Katz. Cette démission reflète des désaccords et une crise de confiance entre les responsables israéliens, selon les médias israéliens.
Tension en Cisjordanie
L’armée d’occupation et les colons illégaux ont lancé 2 977 attaques contre les communautés bédouines palestiniennes en Cisjordanie occupée en 2024, a indiqué mercredi un groupe local de défense des droits. L’Organisation al-Baidar pour la Défense des Bédouins a précisé que 67 communautés bédouines, représentant 340 familles, ont été déplacées par les autorités israéliennes en 2024.
Les violations israéliennes « visaient à expulser de force les Palestiniens de leurs terres, dans un processus de déplacement massif visant à créer un vide démographique au profit des colonies » a ajouté l’organisation.
Le groupe de défense des droits a qualifié les attaques contre les communautés bédouines de « vrai holocauste », précisant que ces assauts allaient de la violence à la persécution. « Ces violations reflètent une politique organisée visant à vider les terres palestiniennes de leurs habitants autochtones pour les remplacer par des colons israéliens », a ajouté le communiqué de l’ONG. « Ces attaques font partie d’une politique de nettoyage ethnique menée par les autorités d’occupation pour vider les terres palestiniennes de leurs propriétaires légitimes et les contraindre à vivre dans un état permanent de menace et de déplacement », ajoute l’ONG.
Au cours des dernières années, l’armée israélienne a mené des raids réguliers en Cisjordanie, raids qui se sont intensifiés avec le début de la guerre sur Gaza le 7 octobre 2023. Les Palestiniens ont également été violemment attaqués par des colons israéliens illégaux. Selon le ministère palestinien de la Santé, au moins 835 Palestiniens ont été tués et plus de 6 700 blessés par les tirs de l’armée israélienne dans le territoire occupé.
Cette escalade fait suite à un avis historique rendu en juillet par la Cour internationale de Justice (CIJ), qui a déclaré « illégale » l’occupation israélienne des terres palestiniennes depuis des décennies et exigé l’évacuation de toutes les colonies existantes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
Stress démographique
Des dizaines de milliers de colons illégaux ont quitté les territoires palestiniens occupés depuis le début des frappes de représailles intenses des groupes de résistance régionaux. Une situation critique qui a poussé Gideon Saer, ministre des Affaires étrangères, à appeler à faire venir davantage de Juifs de l’étranger.
G. Saer a formulé cette demande dans une lettre adressée, mercredi 1er janvier, au Premier ministre israéline, appelant à la tenue d’une « réunion d’urgence » en vue du lancement d’un « plan national » visant à attirer les immigrants juifs du monde entier.
Pour appuyer son appel, le ministre a prétendu que la montée de « l’antisémitisme » dans le monde et ses effets négatifs sur le sentiment de sécurité des Juifs d’outre-mer les avaient incités à demander de migrer vers les territoires occupés. « Nous avons maintenant besoin d’un « plan national » global pour attirer de plus en plus de migrants potentiels et de manière plus efficace », a-t-il affirmé.
Les colons ont battu le record de migration forcée en 2024, avec un nombre sans précédent de 82 700 colons qui ont fui la Palestine occupée, ce qui a fait subir au régime sioniste une grande perte dans le contexte des investissements effectués par Tel-Aviv et de ses soutiens occidentaux pour garder les colons à l’intérieur des territoires et en faire venir davantage.
Ces événements surviennent dans le contexte de la guerre génocidaire lancée par le régime sioniste contre la bande de Gaza depuis octobre 2023, qui a jusqu’à présent coûté la vie à plus de 45 500 Palestiniens, principalement des femmes et des enfants, soit 6 % de la population de Gaza, et de son agression meurtrière intensifiée contre le Liban, qui a fait plus de 3 960 martyrs. Ces atrocités ont été commises en grande partie grâce au soutien indéfectible des sponsors occidentaux du régime, en particulier les États-Unis.
Plus de 22 milliards de dollars
Les États-Unis ont fourni au régime israélien plus de 22 milliards de dollars de soutien militaire depuis octobre 2023, lorsque Tel-Aviv a lancé sa guerre génocidaire contre la bande de Gaza. L’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) a annoncé ce chiffre stupéfiant dans un rapport publié mardi 31 décembre, affirmant que les États-Unis avaient fourni les armes nécessaires aux agressions dans toute la région de l’Asie de l’Ouest (Moyen-Orient), notamment à Gaza, au Liban et en Syrie.
Tout au long de l’année 2023, le soutien militaire de Washington à Tel-Aviv a augmenté de 78 %. Au cours des quatre années qui ont précédé cette augmentation, Washington a fourni 69 % du matériel militaire du régime.
Au cours des 23 jours qui ont suivi le début de l’assaut militaire brutal du régime contre Gaza et de son agression meurtrière contre le Liban, les États-Unis ont fourni au régime plus de 10 000 tonnes d’armes d’une valeur de 2,4 milliards de dollars.
Les livraisons d’armes ont atteint le chiffre de 50 000 tonnes en août 2024. Le transport s’est fait vers le régime à bord de centaines d’avions et de navires. Le matériel comprenait toute une gamme d’armes létales, notamment des missiles pour le système Dôme de fer, des bombes guidées avec précision, des hélicoptères de transport lourd CH-53, des hélicoptères Apache AH-64 et des obus d’artillerie de 155 mm, ainsi que des munitions anti-bunker et des véhicules blindés.
Washington a dépensé près de 17,9 milliards pour alimenter la machine de guerre israélienne et ses tueries à Gaza, en Cisjordanie et au Liban. Les États-Unis ont ainsi déboursé près de 4 milliards de dollars pour le renouvellement des systèmes anti-missiles du Dôme de fer et de la Fronde de David ; 1,2 milliard pour le développement d’un nouveau système de défense ; 3,5 milliards pour des systèmes de défense avancés ; 1 milliard pour la production de munitions d’artillerie, de bio-munitions et d’armes chimiques ; 4,4 milliards pour le renouvellement des stocks de munitions. En plus de ces 14,1 milliards d’aide, Israël a également reçu l’aide militaire de 3,8 milliards que les États-Unis lui versent tous les ans depuis 2019.
Au total, Washington a fourni au régime sioniste 310 milliards de dollars d’aide militaire et économique, qui a été régulièrement ajustée en fonction de l’inflation, selon le Council on Foreign Relations (CFR), groupe de réflexion US.
Avant 2023, l’aide militaire à elle seule s’élevait à 3,8 milliards de dollars par an. En 2024, les États-Unis ont autorisé plus de 100 contrats d’armement pour le régime d’Israël, afin de soutenir ses systèmes de défense antimissile et de reconstituer ses stocks, malgré l’examen minutieux de l’impact sur les populations civiles de Gaza.
