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Pas de trêve en perspective : Washington et Tel-Aviv font monter les enchères

by Perspectives Med
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Pas de trêve en perspective : Washington et Tel-Aviv font monter les enchères

« Nous avons décidé de retirer notre équipe de Doha pour consultations suite à la récente réponse du Hamas, qui démontre clairement sa réticence à parvenir à un cessez-le-feu à Gaza », a déclaré S. Witkoff dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. « Bien que les médiateurs aient déployé de grands efforts, le Hamas ne fait preuve ni de souplesse ni de bonne foi », a-t-il prétendu. Washington envisagerait désormais « d’autres options pour rapatrier les captifs israéliens et tenter de créer un environnement plus stable pour la population de Gaza », selon ses propres termes.

Lors d’une conférence de presse jeudi, Tommy Piggott, porte-parole du département d’État, a refusé de fournir des détails sur les « options alternatives » envisagées par les États-Unis.

De son côté, le Premier ministre israélien, a déclaré jeudi soir que son gouvernement travaillait à la conclusion d’un nouvel accord pour la libération des prisonniers détenus à Gaza. La déclaration de Benyamin Netanyahu est intervenue après le retrait de sa délégation de négociation de Doha et peu après l’annonce de S. Witkoff.

Une source du Hamas a déclaré jeudi soir qu’un accord de cessez-le-feu temporaire était « possible » si Israël faisait preuve de « flexibilité », soulignant que « la balle est désormais dans le camp d’Israël ». La source, qui a requis l’anonymat, a expliqué que le Hamas avait fait preuve d’une flexibilité maximale lors des négociations indirectes qui se déroulent à Doha, la capitale du Qatar, sous médiation qatarie et égyptienne. « Les médiateurs avaient accueilli la réponse finale du mouvement de manière positive et voyaient que les négociations avaient clairement progressé », a-t-il fait valoir. « Nous sommes choqués par les déclarations de l’envoyé américain Steve Witkoff, qui ne reflètent pas le climat véritablement positif qui régnait lors du dernier cycle de négociations. Nous avons soumis notre réponse, et les médiateurs se sont montrés optimistes. Nous attendons maintenant des éclaircissements sur ce qui s’est passé », a-t-on poursuivi de même source.

Le Hamas avait remis, mercredi, sa réponse à la proposition israélienne de trêve, en ajoutant des amendements incluant des garanties pour un cessez-le-feu permanent avec Israël. « La réponse du Hamas a principalement abordé la question de l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, les cartes de retrait militaire israélien ainsi que des garanties pour un cessez-le-feu permanent », avait révélé une source proche des négociations.

L’arme de la faim

Depuis le début de la guerre génocidaire israélienne contre Gaza le 7 octobre 2023, au moins 59 106 Palestiniens sont tombés en martyre et 142 511 autres blessés, tandis que l’armée d’occupation israélienne continue de bombarder les zones où les déplacés cherchent refuge, exacerbant une crise déjà dramatique.

La famine et la malnutrition dues au blocus israélien contre Gaza ont également causé 111 décès, dont 81 enfants. Un quart des enfants âgés de six mois à cinq ans et des femmes enceintes et allaitantes examinés la semaine dernière dans les installations de Médecins sans frontières (MSF) à Gaza souffrent de malnutrition, a dénoncé l’ONG vendredi 25 juillet. « L’utilisation délibérée de la faim comme arme de guerre par les autorités (d’occupation) israéliennes à Gaza a atteint des niveaux sans précédent, les patients et les professionnels de santé souffrant eux-mêmes de la faim », alerte MSF dans un communiqué.

Caroline Willemen, coordinatrice de projet à la clinique MSF dans la ville de Gaza, explique qu’ils enregistrent « désormais 25 nouveaux patients souffrant de malnutrition chaque jour ». Dans cette clinique, le nombre de personnes souffrant de malnutrition a quadruplé depuis le 18 mai et le taux de malnutrition sévère chez les enfants de moins de cinq ans a triplé au cours des deux dernières semaines.

« Il s’agit d’une famine délibérée, provoquée par les autorités (d’occupation) israéliennes dans le cadre de la campagne génocidaire en cours. Affamer, tuer et blesser des personnes qui cherchent désespérément de l’aide est inacceptable », dénonce MSF. Pendant ce temps, alerte l’Ong, « les attaques se poursuivent sur les sites de distribution alimentaire, où le mécanisme de distribution sponsorisé par les autorités (d’occupation) israéliennes à travers la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), tue de façon répétée les personnes qui cherchent désespérément à obtenir de l’aide ».

L’ONU a accusé mardi l’armée d’occupation israélienne d’avoir tué à Gaza depuis fin mai plus de 1.000 personnes qui cherchaient à obtenir de l’aide humanitaire, dont la grande majorité près de centres de cette fondation, soutenue aussi par les Etats-Unis.

« Ces distributions alimentaires ne sont pas de l’aide humanitaire, ce sont des crimes de guerre commis au grand jour et sous couvert de compassion. Ceux qui se rendent aux distributions alimentaires de la GHF savent qu’ils ont autant de chances de recevoir un sac de farine que de repartir avec une balle dans la tête », déclare le Dr Mohammed Abu Mughaisib, coordinateur médical adjoint de MSF à Gaza.

En plus des personnes blessées sur les sites de distribution de la GHF, les équipes de MSF ont soigné des dizaines de personnes blessées par l’armée d’occupation israélienne alors qu’elles attendaient le passage de camions transportant de la farine.

Le 20 juillet, les équipes médicales de MSF et du ministère de la Santé de la clinique Sheikh Radwan dans le nord de Gaza ont soigné 122 personnes blessées par balle alors qu’elles attendaient une distribution de farine, et 46 personnes étaient déjà mortes à leur arrivée. Le 3 juillet, un employé de MSF a été tué dans un incident similaire à Khan Younès.

Crise morale

Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a fustigé vendredi le manque d’ « humanité » et de « compassion » pour les Palestiniens de la bande de Gaza, qui traverse non seulement une crise humanitaire mais « une crise morale qui défie la conscience mondiale ».

« Depuis le début, j’ai condamné de façon répétée les horribles attaques du Hamas du 7-Octobre. Mais rien ne peut justifier l’explosion de morts et de destruction que nous avons vue depuis. L’ampleur et la portée sont au-delà de tout ce que nous avons vu dans l’histoire récente », a-t-il déclaré lors d’une intervention par vidéo lors de l’assemblée d’Amnesty International. « Je ne peux pas expliquer le niveau d’indifférence et d’inaction que nous constatons chez trop de personnes dans la communauté internationale. Le manque de compassion. Le manque de vérité. Le manque d’humanité », a-t-il lancé.

« Les enfants disent vouloir aller au paradis, parce qu’au moins, disent-ils, il y a à manger là-bas », a ajouté le secrétaire général. « Ce n’est pas seulement une crise humanitaire. C’est une crise morale qui défie la conscience mondiale. Nous continuerons à nous exprimer à chaque occasion. Mais les mots ne nourrissent pas les enfants qui ont faim. »

« Nos employés héroïques continuent de faire leur travail dans des conditions inimaginables. Beaucoup d’entre eux sont tellement anesthésiés et épuisés qu’ils disent qu’ils ne se sentent ni morts ni vivants », a-t-il également décrit. « Nous avons des appels vidéos avec nos propres humanitaires qui meurent de faim sous nos yeux. » Il a également dénoncé la mort de « plus de 1.000 Palestiniens tués en tentant de chercher à manger » depuis le 27 mai, lorsque la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), avec laquelle l’ONU refuse de travailler, a commencé à fonctionner. « Nous avons besoin d’action. D’un cessez-le-feu immédiat et permanent. De la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages. D’un accès humanitaire immédiat et sans entrave », a-t-il plaidé, assurant que l’ONU était prête, en cas de cessez-le-feu, à augmenter « radicalement » ses opérations humanitaires.

Environ un tiers des habitants de la bande de Gaza ne mangent pas pendant des jours et la malnutrition est en forte augmentation, a indiqué vendredi le Programme alimentaire mondiale (PAM), agence de l’ONU s’occupant de l’aide alimentaire. « La crise alimentaire à Gaza a atteint des niveaux de désespoir sans précédent. Près d’une personne sur trois ne mange pas depuis plusieurs jours. La malnutrition est en forte augmentation, avec 90.000 femmes et enfants ayant besoin d’un traitement urgent », a indiqué le PAM dans un communiqué à l’AFP.

Le Mufti d’A-Qods arrêté !

Les forces israéliennes ont arrêté vendredi le grand mufti de Jérusalem et de Palestine, le cheikh Muhammad Hussein, dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem-Est occupée, peu après son sermon du vendredi, a annoncé le Département des Biens religieux islamiques (Waqf).

Selon l’institution, la police israélienne a interpellé le dignitaire religieux près de la porte des Maghrébins (Bab al-Maghariba) immédiatement après la fin de son sermon. Des témoins ont affirmé que les forces israéliennes ont pris d’assaut la salle de sonorisation de la mosquée et arrêté le cheikh Hussein, après qu’il a fermement condamné la politique de famine imposée par le gouvernement israélien à la population palestinienne de Gaza.

Des milliers de fidèles ont assisté à la prière du vendredi à la mosquée Al-Aqsa, malgré un important dispositif sécuritaire israélien limitant l’accès au lieu saint.

L’agence de presse palestinienne officielle Wafa a rapporté que les forces israéliennes ont entravé l’entrée des fidèles par les portes de Damas et des Lions, fouillé leurs pièces d’identité, arrêté plusieurs jeunes hommes et leur ont interdit l’accès à la mosquée. Depuis le début de la guerre qualifiée de génocidaire à Gaza le 7 octobre 2023, l’accès à la mosquée Al-Aqsa est soumis à de fortes restrictions, en particulier les vendredis.

Parallèlement, l’armée israélienne et les colons israéliens intensifient leurs attaques contre les Palestiniens, leurs lieux saints et leurs biens dans l’ensemble de la Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est. Au moins 1 006 Palestiniens ont été tués et plus de 7 000 blessés dans ces violences.

La mosquée Al-Aqsa est le troisième lieu saint de l’islam. Les juifs appellent ce site le « mont du Temple », affirmant qu’il abritait deux anciens temples juifs. Israël a occupé Jérusalem-Est lors de la guerre israélo-arabe de 1967, avant d’annexer unilatéralement l’ensemble de la ville en 1980 – une décision jamais reconnue par la communauté internationale.

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