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Pas de trêve dans la bande de Gaza : En retrait, les forces israéliennes essuient les tirs de la résistance

Dans la bande de Gaza, point de trêve. D’âpres combats opposent toujours, vendredi, l'armée israélienne à la résistance palestinienne alors que les Palestiniens, soumis à un embargo des plus sévères, endurent le pire drame humanitaire depuis près de quatre mois. Le dernier bilan du ministère de la Santé parle de 27 131 martyrs, en majorité des femmes, des adolescents et des enfants, outre les 66 287 blessés.
Pas de trêve dans la bande de Gaza : En retrait, les forces israéliennes essuient les tirs de la résistance

Les combats entre l’armée israélienne et la résistance palestinienne font toujours rage vendredi dans la bande de Gaza en dépit de « premiers » signes laissant entrevoir une nouvelle trêve et la libération d’otages. Dans la nuit de jeudi à vendredi, des témoins palestiniens ont fait état de raids israéliens dans le centre et le sud de la bande de Gaza, notamment dans le secteur de Khan Younès, deuxième ville du territoire où se concentrent ces dernières semaines les opérations israéliennes. Le ministère de la Santé du Hamas a dénombré au moins 105 civils tués dans la soirée et la nuit à travers Gaza. L’artillerie israélienne a bombardé des maisons à l’ouest de Khan Younes dans la matinée. En outre, pas moins d’un million de Palestiniens déplacés craignent une nouvelle attaque militaire israélienne après que le ministre israélien de la Défense s’est engagé à attaquer Rafah, zone autrefois décrite comme une « zone de sécurité ».

Plus de 1,3 million des habitants de la bande de Gaza, selon l’ONU, soit plus de la moitié des habitants, sont à présent réfugiés à Rafah, dans le sud, coincés contre la frontière fermée avec l’Egypte, menacés en plein hiver par la famine et les épidémies. « La plupart vivent dans des abris de fortune, des tentes ou à l’air libre. Rafah est une usine à désespoir et nous craignons ce qui va se passer ensuite », a déclaré Jens Laerke, un porte-parole du bureau de coordination des Affaires humanitaires (Ocha) de l’ONU, lors du point de presse à Genève. « Les gens font la queue pendant des heures, rien que pour un morceau de pain. Alors que le risque de famine augmente chaque jour, les familles sont confrontées à une famine catastrophique. L’Unrwa a livré de la farine à plus de 350 000 familles, mais les approvisionnements ne répondent pas à des besoins sans précédent et les restrictions d’accès empêchent la livraison de l’aide dans le nord de Gaza », a posté sur X (ex-Twitter) l’Unrwa.

L’Unicef a estimé pour sa part que 17 000 enfants de Gaza n’étaient pas accompagnés ou avaient été séparés de leur famille pendant le conflit, et que la quasi-totalité des enfants de l’enclave avaient besoin d’un soutien en matière de santé mentale. « Ils présentent des symptômes tels que des niveaux extrêmement élevés d’anxiété persistante, une perte d’appétit. Ils ne peuvent pas dormir, ils ont des crises émotionnelles ou ils paniquent chaque fois qu’ils entendent un bombardement », a déclaré Jonathan Crickx, chef de la communication de l’Unicef pour les Territoires palestiniens occupés. « Avant cette guerre, l’Unicef estimait déjà que 500 000 enfants avaient besoin d’un soutien psychosocial et de santé mentale à Gaza. Aujourd’hui, nous estimons que presque tous les enfants ont besoin de ce soutien, ce qui représente plus d’un million d’enfants », a-t-il terminé.

Le Croissant-Rouge palestinien a confirmé, pour sa part, le décès d’Hidaya Hamad, une employée de l’ONG suite à des tirs israéliens sur le bâtiment de l’organisation à Khan Younes. L’agence de presse palestinienne Wafa avait déclaré précédemment que trois civils avaient été tués et trois blessés, dont un employé du PRCS. Ce dernier a fait valoir par ailleurs que les réserves d’oxygène s’épuisent à l’hôpital al-Amal, tandis que l’eau de pluie s’infiltre dans les toits endommagés des bâtiments où s’abritent des milliers de déplacés.

Pis, l’organisation médicale palestinienne affirme que des tireurs isolés israéliens continuent de tirer sur le bâtiment qui abrite des milliers de personnes déplacées. L’organisation a déclaré que ses équipes ne sont pas en mesure de transférer les blessés vers l’hôpital al-Amal voisin en raison des tirs continus.

Les images satellite analysées par le Centre satellitaire des Nations Unies (Unosat) montrent que 30 % des bâtiments de la bande de Gaza ont été détruits ou endommagés lors de l’offensive israélienne contre l’enclave palestinienne densément peuplée. Des frappes aériennes, des bombardements et des démolitions ont eu lieu dans tous les quartiers de la ville, y compris dans de nombreuses infrastructures civiles. « Au total, 69 147 structures, soit environ 30 % du total des structures de la bande de Gaza, sont touchées », a indiqué l’Unosat. Il a indiqué que 22 131 structures de l’enclave ont été identifiées comme détruites, 14 066 autres étant considérées comme gravement endommagées et 32 ​​950 ayant subi des dommages modérés.

L’Unosat a utilisé des images satellite des 6 et 7 janvier, qu’elle a comparées à six autres séries d’images, dont certaines datant d’avant l’offensive israélienne. L’Unosat a déclaré que les régions de la ville de Gaza et de Khan Younes ont été particulièrement touchés. Les deux zones ont vu respectivement 10 280 et 11 894 structures nouvellement endommagées, par rapport à l’analyse précédente du centre basée sur des images du 26 novembre. L’analyse de l’Unosat a également montré qu’environ 93 800 logements ont été endommagés dans la bande de Gaza.

Face à autant de dégâts, matériels comme humains, des réactions saines commencent à émerger en Occident, principal soutien d’Israël. Ainsi, Berber van der Woude, ancienne diplomate néerlandaise, a déclaré que des fonctionnaires européens espéraient envoyer un « message fort » de dissidence concernant la politique de leurs gouvernements sur Israël-Palestine en signant une lettre contre le soutien continu à la guerre d’Israël à Gaza. « Les fonctionnaires et les diplomates ont remarqué que, sur ce sujet, la prise de décision est soumise à une forte pression politique », a déclaré B. van der Woude à al-Jazeera, ajoutant que les membres du personnel sont « profondément inquiets » du fait que le soutien continu à Israël diminue la crédibilité mondiale sur ces questions du droit international. « Bien entendu, un facteur important a également été la décision de la CIJ de la semaine dernière, selon laquelle ce qui se passe actuellement à Gaza pourrait s’apparenter à un génocide. Nous sommes donc confrontés à une situation extrême », a-t-elle ajouté.

Sur le plan militaire, force est de souligner que la résistance palestinienne continue à faire mal aux corps expéditionnaires de l’armée sioniste. Zvika Haimovich, ancien commandant de la défense aérienne israélienne, estime que c’est « le Hamas qui donne le ton et (impose) le rythme » de la bataille dans la bande de Gaza, depuis le 7 octobre, et « nous attendons sa réponse ».

« Nous présentons la proposition et en fin de compte, c’est lui qui décide », a-t-il indiqué dans une interview avec la chaine de télévision israélienne Channel 12, notant que « cela fait partie du terrorisme psychologique que le Hamas utilise et continue ». Et de poursuivre que « le Hamas nous attire le plus possible, car il voit les différences internes qui existent, et cela sert son discours, fait monter le prix et le met en position de force. »

Mercredi, le quotidien israélien Yediot Ahronoth avait révélé que l’unité des forces d’élite de l’armée de l’air Shaldag a perdu dans cette guerre le plus grand nombre de ses éléments dans toutes les guerres auxquelles elle a participé. L’armée israélienne a reconnu la mort de l’un de ses officiers les plus éminents, Yitzhar Hofman, dans des affrontements avec les factions de la résistance dans le nord, censé être sous le contrôle des forces d’occupation israéliennes.

Jeudi, les forces d’occupation israéliennes ont entamé leur retrait de plusieurs régions de la bande de Gaza, notamment du nord et du centre. Dont le camp Nusseirat, al-Karameh, al-Tawam et Abraj al-Moukhabarate, et al-Zawayda, dans le nord-ouest de l’enclave, selon des correspondants sur place. Elles se sont aussi retirées des camps al-Maghazi et al-Boreij au centre, pour la première fois depuis qu’elles les ont investis, ainsi que de la rue al-Rachid à l’ouest de la bande de Gaza, de Beit Lahia, Jabalia et Beit Hanoune au nord.

Les chars israéliens se sont retirés des deux axes nord et nord-ouest de la bande de Gaza et les habitants ont commencé à rentrer chez eux dans les quartiers al-Soudaniyah et al-Saftaoui au nord de la bande de Gaza. Les affrontements se sont poursuivis pour le 118 -ème jour consécutif.

Les Brigades al-Qassam du Hamas ont assuré avoir ciblé, vendredi matin, un char Merkava qui a pris feu à l’ouest de Khan Younes, au sud de la bande de Gaza. Elles ont signalé avoir mené, la veille, plusieurs opérations en tirant des obus Tandem contre un bulldozer de type D9, et des TBG contre des attroupements de militaires, faisant des tués et des blessés à Khan Younès. Des tirs d’obus de mortier ont aussi été dirigés contre des attroupements militaires à l’ouest de la ville de Gaza. En plus, 3 chars aux abords du quartier Cheikh Radwan à Gaza avaient été la cible des obus al-Yassin 105. Les Qassam ont indiqué aussi avoir saisi 3 drones au sud du quartier Zaytoune au sud de Gaza.

Les Brigades al-Qods du Jihad islamique ne sont pas en reste. Elles ont engagé des combats violents aux mitrailleuses, dans les axes d’avancée à l’ouest et au sud-ouest de Khan Younes. Des tirs d’obus de mortier contre un positionnement des militaires et de leurs véhicules ont été réalisés par leurs combattants à l’est du quartier Zaytoun dans la ville de Gaza, et contre un attroupement de soldats israéliens dans l’entourage de la position de la colonie de Kissoufim. Un obus TBG a ciblé des soldats retranchés dans un appartement dans le carré de l’Industrie à l’ouest de la ville de Gaza.

Quant aux forces Sa‘iqa , branche militaire de l’organisation Fatah al-Intifada,  elles ont revendiqué des tirs d’obus de mortier contre un attroupement militaire israélien dans un axe de progression dans le quartier Zaytoune. Les Brigades des Moudjahidines ont assuré, elles, avoir visé un siège de commandement et un aérodrome dans la colonie Ra’em a l’aide de roquettes.

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