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Partenariat stratégique franco-marocain : S. Lecornu attendu à Rabat

by Perspectives Med
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Partenariat stratégique franco-marocain : S. Lecornu attendu à Rabat

La réunion, prévue mercredi prochain à Rabat et coprésidée par les chefs de gouvernement Aziz Akhannouch et son homologue français Sébastien Lecornu, constitue une étape déterminante avant la signature officielle de cet accord par le roi Mohammed VI et le président Emmanuel Macron.

La dernière réunion de cette Haute commission mixte remonte au 19 décembre 2019, à Paris. Les tensions avec Rabat, principalement liées à la question du Sahara, ont fait obstacle à la tenue d’une nouvelle session. La reconnaissance, le 30 juillet 2024, par le président Macron de la marocanité du Sahara a profondément modifié la donne, permettant d’ouvrir un nouveau chapitre dans les relations bilatérales.

À Rabat, A. Akhannouch et S. Lecornu devraient examiner plusieurs dossiers, notamment le renforcement des investissements bilatéraux. Paris entend décrocher une part importante des contrats liés aux grands projets d’infrastructures et de transport, prévus en amont de l’organisation de la Coupe du monde 2030. La France n’est toutefois pas seule sur ce marché. Le Royaume-Uni, les États-Unis, mais aussi l’Australie affichent les mêmes ambitions. La coopération énergétique, en particulier dans le domaine des énergies renouvelables, figurera également à l’ordre du jour.

Les discussions pourraient porter sur la faisabilité du développement d’une filière nucléaire au Maroc fondée sur les petits réacteurs modulaires (SMR), rapporte Africa Intelligence. Le royaume s’intéresse à cette technologie afin de réduire sa dépendance aux énergies fossiles, en s’appuyant notamment sur les importantes réserves d’uranium contenues dans ses phosphates. Le dessalement de l’eau de mer qui consomme d’importantes quantités d’énergie servirait d’aiguillon en la matière.

La Haute commission mixte pourrait également être l’occasion de lancer un appel à manifestation d’intérêt pour un câble électrique sous-marin reliant Nador à Marseille pour acheminer de l’électricité verte produite au Maroc vers la France, ajoute la même source. Ce projet est porté par la société britannique Xlinks, via sa filiale française Elemental Power, créée en 2024.

En matière de défense, la partie française souhaite également conclure un accord avec les Forces armées royales (FAR) pour l’acquisition du sous-marin Scorpène, réputé pour sa discrétion et ses performances opérationnelles. Paris espère convaincre Rabat en mettant en avant la solidité du partenariat stratégique entre les deux pays. La concurrence demeure néanmoins vive. L’Espagne et la Corée du Sud sont également en lice pour ce contrat stratégique. Le Maroc poursuit en effet le renforcement de ses capacités navales afin de consolider son rôle d’acteur majeur de la sécurité en Méditerranée occidentale et dans le détroit de Gibraltar, une zone d’importance stratégique pour les échanges commerciaux et la stabilité régionale. On avait évoqué, dans le passé, des discussions entre Rabat et Berlin, les sous-marins diesel allemands étant en pointe. Cela sans oublier l’option russe pour les sous-marins Amour.

Des discussions autour de contrats portant sur le renforcement de l’armée de l’air marocaine par de nouveaux Rafale, une escadrille de 12 à 18 chasseurs de Dassault étant dans la balance, ont été également ébruités. Encore faut-il souligner que le Maroc qui aspire à développer son industrie militaire, notamment via des partenariats, est plus privilégié aujourd’hui que par le passé. Tout est donc tributaire de l’offre française…

Les questions de défense étaient déjà au centre des entretiens tenus en juin dernier à Paris entre Abdellatif Loudiyi, ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, et Catherine Vautrin, ministre française des Armées. De son côté, l’inspecteur général des FAR, le général Mohammed Berrid, a effectué le 18 juin une visite de travail à Paris, marquée par des entretiens avec le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées françaises, en fonction depuis le 1er septembre 2025.

La réunion de la Haute commission mixte a été précédée par la visite d’une délégation parlementaire marocaine à Paris où ils ont assisté à la séance des questions orales au Sénat et ont été salués par Gérard Larcher, président de la Chambre haute.

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