À la lumière des résultats du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 2024) et en intégrant les données récentes sur la fécondité, la mortalité ainsi que les migrations internes et internationales, le HCP prévoit «une expansion soutenue» de la population urbaine. En 2060, celle-ci totaliserait près de 32,5 millions de personnes et représenterait environ trois quarts du total. La population rurale s’établirait à 10,8 millions, présageant ainsi des défis grandissants de l’urbanisation et une adaptation nécessaire des politiques publiques.
Selon le HCP, il serait en effet nécessaire de « répondre à la demande croissante en logement, infrastructures et services sociaux, tout en limitant les déséquilibres territoriaux ». Dans ce sens, « le recul de la population rurale souligne la nécessité de renforcer le développement rural, afin d’améliorer les conditions de vie, de maintenir les populations, en particulier les jeunes, et de valoriser les ressources locales, dans l’objectif de préserver l’équilibre social et territorial », ajoute l’institution.
La même source estime que l’éventuelle baisse de la fécondité « entraînerait une diminution significative des effectifs de la population jeune, en particulier en âge préscolaire et scolaire, offrant une opportunité pour réorienter les politiques éducatives vers l’amélioration de la qualité et de la performance du système de formation ». Pour sa part, la population préscolaire diminuerait de 23,8%, passant de 1,25 million en 2024 à 0,96 million en 2060. Le nombre d’enfants en âge d’être scolarisés au primaire baisserait quant à lui de 27%, passant de 4,16 millions à 3,04 millions. Pour leur part, le total d’enfants au premier cycle du fondamental connaîtrait une baisse de 22,9%, passant de 2,08 millions à 1,61 million.
Estimée à 22,08 millions en 2024, la population en âge d’activité progresserait modérément pour atteindre 24,96 millions en 2060 (+13,1%), mais avec une répartition territoriale contrastée. Sous l’effet de l’exode rural, la population active dans les villes passerait ainsi de 14,2 à 19,1 millions (+34,4%), parallèlement à un recul de 7,9 millions à 5,9 millions dans les campagnes.
La baisse globale concernerait particulièrement les jeunes entre 18 et 24 ans, futurs entrants sur le marché du travail. Leur nombre passerait de 3,89 millions à 3,77 millions (-3,1%) entre 2024 et 2060. Cette dynamique confirmerait ainsi le scénario démographique de l’accélération du vieillissement de la population, à hauteur de 25 % environ. Selon le HCP, le nombre des 60 ans et plus pourrait en effet plus que doubler, passant de 5 millions en 2024 à près de 10,9 millions vers 2060.
À ce rythme, le HCP prévoit « une hausse du rapport de dépendance » qui « soulèverait d’importants défis, notamment en matière de financement des retraites, de prise en charge sanitaire et de maintien des solidarités familiales et intergénérationnelles ». « Quel que soit le scénario retenu, le vieillissement démographique s’impose comme une tendance structurelle et durable », souligne-t-on. Dans ce contexte, l’institution insiste sur « un développement économique et social équilibré et pérenne ». Elle préconise notamment d’accompagner ces tendances par des « politiques publiques anticipatives », portées sur le développement rural, l’urbanisation maîtrisée, « l’adaptation du marché du travail et la réforme des systèmes de protection sociale ».
Ces projections sont élaborées à travers la méthode des composantes, employée en démographie, par les organismes onusiens, ainsi que par la Banque mondiale. Le choix de l’horizon de 2060 répond au besoin d’« observer les effets structurels des évolutions démographiques » sur le temps long, tout en limitant l’incertitude quant aux hypothèses sur les paramètres démographiques majeurs.

