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Palestine occupée : Une conflagration n’est plus à écarter

La tension risque de monter crescendo en Palestine occupée. Les violations des lieux saints dans la ville d’Al-Quds et les incursions punitives en Cisjordanie, outre le déploiement des forces israéliennes à l’orée de Gaza, comme à la frontière avec le Liban… Autant d’ingrédients annonciateurs d’une conflagration généralisée à l’heure où l’attention de la communauté internationale est fixée ailleurs.
Une conflagration n’est plus à écarter

Plusieurs dizaines d’éléments des forces spéciales israéliennes ont escorté des colons qui ont pris d’assaut une portion de terre surnommée Hamra, située dans le quartier de Wadi Hilweh à Silwan, localité située aux confins sud des fortifications de la ville sainte d’al-Qods. Le terrain de 8 dunams est situé à côté de la source d’eau de Silwan et à quelques mètres du quartier d’Al-Boustan.
Les colons ont entrepris des travaux afin de l’annexer, alertent les médias palestiniens.

Selon le Centre d’information Wadi Hilweh – Jérusalem, des affrontements ont éclaté entre résidents palestiniens et colons appuyés par les forces d’occupation. Ces dernières ont arrêté 3 jeunes hommes après les avoir molestés.

En Cisjordanie occupée, les garde-frontières israéliens ont mené une campagne d’arrestation et de perquisition de maisons dans plusieurs régions, notamment dans les provinces de Naplouse, Jénine, et Ramallah. Six jeunes ont été arrêtés dans plusieurs régions de Naplouse, dont les deux ex-détenus Islam Nacer al-Khanfat et son frère Anas, et les activistes du Bloc islamique à l’université al-Najah, dont un ex-détenu, Jihad Ahmad et l’étudiant a la Faculté de Droit Ibrahim Moussa al-Kharraz. Toujours à Naplouse, il est question de l’arrestation du jeune Amir al-Azizi, frère de Mohamad al-Azizi du groupe de résistants Fosse aux Lions (Areen al-Ossoud). Ce dernier a assuré sur son site sur Telegram que ses combattants ont ouvert le feu contre le check-point Hawwarat à Naplouse et se sont retirés.

Dans la province de Ramallah, 14 jeunes palestiniens ont été arrêtés à l’Est, en majorité originaires de la localité de Salwad. Durant leurs perquisitions, les garde-frontières israéliens ont saccagé les bureaux du Club Salwad et détruit les meubles du bureau de Qaddourat Fares, Président du Club des prisonniers.

Lundi 26 décembre, les forces d’occupation ont pris d’assaut le quartier Est de Jénine au nord de la Cisjordanie occupée et la région Arabat et des affrontements ont éclaté avec ses jeunes habitants. La Brigade de Jénine a assuré avoir riposté par des tirs contre les gardes-frontières israéliens.

Le Centre d’information Mo’ta (Donnée) a pour sa part recensé 20 opérations de résistance durant les 24 dernières heures en Cisjordanie occupée : dont 11 opérations de tirs de feu, ainsi qu’une opération à l’engin piégé, deux opérations de contrer des colons et des heurts sur des points d’affrontements.

En outre, les forces d’occupation ont annoncé avoir réussi à mettre la main sur l’auteur présumé de l’opération du 23 novembre dernier dans la ville d’al-Qods. L’ingénieur Islam al-Farroukh (26 ans), originaire de la localité de Kafat A’qeb au nord de Jérusalem est suspecté d’avoir planifié et exécuté la double opération avec deux engins, déposés respectivement dans une station à essence à l’entrée de Jérusalem et dans le quartier de colons Ramot et causé la mort de deux colons.

Décompte arabe

Saïd Abou Ali, secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, a assuré à Sputnik que 223 Palestiniens ont été tués depuis le début 2022, suite aux exécutions sommaires et aux massacres intentionnels perpétrés par le régime israélien.

Évoquant la multiplication considérable du nombre des prisonniers palestiniens et des cas de violation des droits de l’Homme commis par les sionistes, S. Abou Ali a reproché aux responsables israéliens leur politique de profanation de la mosquée Al-Aqsa, ainsi que l’exil forcé imposé aux Palestiniens dont les domiciles sont démolis sous l’ordre des autorités d’occupation israéliennes. Le village palestinien d’Al-Araqib représente l’exemple parfait de cette politique. Ce village situé dans la région du Néguev a été démoli pour la 211ème fois le lundi 26 décembre au matin par des militaires israéliens, rapporte le site Web Asharq. Les premières tentatives de démolition d’Al-Araqib remontent au 27 juillet 2010, ajoute la source qui en compte 15 tentatives pour la seule année 2022.

À chaque fois, les habitants d’Al-Araqib ont réparé leurs maisons en utilisant des morceaux de bois et des revêtements en plastique pour contrer le plan d’exil forcé envisagé par le régime israélien. Al-Araqib n’est pourtant pas le seul village palestinien à être aux prises quasi-quotidiennement aux tentatives israéliennes de démolition et d’exil forcé.

Mais si les Palestiniens habitant le Néguev au sud des territoires occupés bravent toutes ces difficultés pour maintenir leurs habitats, l’on peut clairement constater que la lutte armée s’est étendue depuis quelques mois vers la Cisjordanie. Les opérations anti-israéliennes ont nettement augmenté ces derniers mois dans diverses régions de la Cisjordanie, si bien que les responsables des instances militaires et sécuritaires du régime sioniste reconnaissent leur incapacité à y répondre, évoquant le danger d’une expansion incontrôlable de ces opérations.

Bref, ce n’est pas que le sud des territoires occupés et la bande de Gaza qui sont le théâtre d’affrontements avec les Palestiniens. Désormais, la jeune génération palestinienne basée en Cisjordanie, située à l’est de l’entité israélienne, s’est largement impliquée dans la lutte armée, pour ainsi devenir le cauchemar des sionistes.

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