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Ormuz toujours en ébullition : Le marché des hydrocarbures au bord de la rupture !

by Perspectives Med
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Ormuz toujours en ébullition : Le marché des hydrocarbures au bord de la rupture !

Les données préliminaires de Kpler publiées mardi indiquent que seulement quatre navires ont franchi le détroit lundi, contre dix la veille. Parmi eux, deux cargos (l’un chargé, l’autre vide) et deux pétroliers à vide entrés dans le détroit. Les données de suivi n’incluent pas certains navires qui auraient pu désactiver leurs transpondeurs du système d’identification automatique (AIS) afin d’éviter que leurs mouvements ne soient détectés.

Avant le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, le détroit par lequel transitait 20 % de l’approvisionnement mondial quotidien en pétrole brut et en gaz naturel liquéfié voyait passer quotidiennement environ 125 grands navires commerciaux, dont des pétroliers, des méthaniers, des cargos et des porte-conteneurs.

Lundi soir, les Opérations de commerce maritime du Royaume-Uni ont signalé avoir reçu la notification qu’un navire avait été heurté par un projectile de nature indéterminée dans le détroit d’Ormuz. L’agence a ajouté qu’aucun dommage ni impact environnemental n’avait été signalé et que les autorités enquêtaient sur l’incident.

L’agence de presse iranienne Fars a rapporté que les Gardiens de la révolution iraniens ont déclaré qu’un pétrolier avait explosé et pris feu après avoir heurté des mines alors qu’il traversait une zone interdite d’accès dans la partie sud du détroit, sans préciser la date de l’incident. De son côté, le Centre omanais de sécurité maritime a déclaré qu’il surveillait l’opération de remorquage du pétrolier « El Gaia» vers l’un des ports du Sultanat après qu’il a été pris pour cible, confirmant que les autorités avaient évacué 23 membres d’équipage et recherchaient deux personnes disparues. Les médias iraniens ont diffusé ce mardi les premières images de ce pétrolier.

Crise énergétique

L’extension des conflits au Moyen-Orient et en Europe « précipite les marchés mondiaux de l’énergie vers de nouvelles crises », au moment même où les raffineurs et distributeurs de carburant américains commencent à montrer de très sérieux signes d’épuisement opérationnel, révèle le journal Politico.

À moins de deux mois des élections de mi-mandat, le président américain, en proie à un profond sentiment d’impuissance, constate qu’il ne dispose que d’une marge de manœuvre insignifiante pour enrayer l’envolée des cours du brut. Une flambée incontrôlée qui menace directement de faire sauter le verrou républicain sur le Congrès.

Alors qu’aucune « solution rapide à la guerre contre l’Iran n’est en vue », un oléoduc saoudien névralgique demeure hors service depuis plusieurs semaines après avoir été frappé par des roquettes. Dans le même temps, le mouvement Ansarullah au Yémen a consolidé son emprise sur Bab-el-Mandeb, deuxième goulot d’étranglement énergétique mondial. En parallèle, les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes paralysent la production de diesel, tandis que les pétroliers franchissant le détroit d’Ormuz continuent de subir des tirs ciblés.

Flambée historique

Ces facteurs cumulés ont provoqué une hausse vertigineuse des prix à la pompe, alors même que les parlementaires républicains s’apprêtent à affronter l’électorat. Lundi, le baril de pétrole brut à l’échelle mondiale a grimpé à 109 dollars, atteignant son plus haut niveau depuis mai dernier. Selon l’Association américaine de l’automobile (AAA), le gallon de diesel a battu un nouveau record absolu à 6,23 dollars, tandis que l’essence ordinaire frôle les 4,32 dollars le gallon.

Ancien conseiller économique de D.Trump, Stephen Moore confie que l’ambiance au sein du pouvoir exécutif se résume à « une vive frustration de ne pas pouvoir juguler cette crise ». Il souligne que la hausse vertigineuse des coûts énergétiques agit comme « un impôt punitif sur l’économie », annulant les bénéfices de certains indicateurs positifs tels que l’accroissement de l’épargne-retraite ou la croissance boursière. « Le drame est qu’ils ne peuvent pas faire grand-chose : nous faisons face à un marché mondial et à un approvisionnement mondial en brut », tranche-t-il.

Un conseiller extérieur sur les questions d’énergie, s’exprimant sous couvert d’anonymat, confirme que l’inquiétude frise l’angoisse dans les couloirs de la Maison-Blanche, l’administration se trouvant dépourvue de leviers d’action immédiats pour faire chuter les cours.

Présent au sommet des ministres de l’Énergie du G20 à Dallas, Doug Burgum, secrétaire à l’Intérieur, a bien été contraint de reconnaître la gravité de la hausse des prix, tout en martelant qu’il ne s’agirait que d’une crise éphémère. Il s’est efforcé de faire le parallèle entre la poussée actuelle des cours — consécutive à l’offensive américain-israélienne contre l’Iran en février — et ce qu’il qualifie de dérives de l’administration Biden pour subventionner les énergies renouvelables au détriment des énergies fossiles.

De son côté, D. Trump, qui avait réussi par le passé à faire fléchir les marchés par de simples déclarations, a tenté de renouveler l’exercice via une série de publications agressives sur ses réseaux sociaux lundi. Sans succès : les cours du pétrole sont demeurés crispés au plus haut depuis quatre mois.

Pour aggraver la situation, l’outil industriel national craque. Après des mois de surrégime frôlant 100 % des capacités pour maintenir l’approvisionnement du pays, les raffineries américaines montrent des défaillances physiques. L’usine d’ExxonMobil située à Joliet, dans l’Illinois, a subi une panne d’électricité majeure dimanche, imputable à cette surchauffe, réduisant drastiquement sa production jusqu’en fin de semaine.

Un responsable du secteur de l’énergie prévient : cet incident n’est que le premier signal d’alarme. Les prix du diesel risquent de grimper encore plus haut avec l’approche de l’automne et de l’hiver, périodes où la demande mondiale de distillés est maximale. Et de conclure : « Il est physiologiquement impossible pour des raffineries de tourner à plus de 95 % de leur capacité pendant six mois consécutifs sans casser. »

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